Le Livre, tome III, p. 154-168

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 154.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 154 [168]. Source : Internet Archive.
III-168-154-01 Marque des Plantin. Dans le fond du médaillon, on voit la ville de Tours, près de laquelle est né Christophe Plantin
Marque des Plantin.
(Dans le fond du médaillon, on voit la ville de Tours, près de laquelle est né Christophe Plantin.)

Le Livre, tome III, p. 153-167

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 153.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 153 [167]. Source : Internet Archive.
III-167-153-01 Marque de Michel Le Noir
Marque de Michel Le Noir.
III-167-153-02 Marque de Guyot Marchant
Marque de Guyot Marchant.

Le Livre, tome III, p. 152-166

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 152.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 152 [166]. Source : Internet Archive.
III-166-152-01 Marque de Galliot du Pré
Marque de Galliot du Pré.
III-166-152-02 Marque des Gryphe
Marque des Gryphe.

Le Livre, tome III, p. 151-165

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 151.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 151 [165]. Source : Internet Archive.
III-165-151-01 Marque des Elzevier
Marque des Elzevier.
III-165-151-02 Marque des Estienne
Marque des Estienne.

Le Livre, tome III, p. 150-164

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 150.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 150 [164]. Source : Internet Archive.
III-164-150-01 Marque de Jehan du Moulin
Marque de Jehan du Moulin.
III-164-150-02 Marque de Guillaume du Puy
Marque de Guillaume du Puy.

Le Livre, tome III, p. 149-163

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 149.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 149 [163]. Source : Internet Archive.
III-163-149-01 Marque de Gillet Couteau
Marque de Gillet Couteau.
III-163-149-02 Marque d’Étienne Dolet
Marque d’Étienne Dolet.

Le Livre, tome III, p. 148-162

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 148.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 148 [162]. Source : Internet Archive.
III-162-148-01 Marque de Simon de Colines
Marque de Simon de Colines.
III-162-148-02 Autre marque de Simon de Colines
Autre marque de Simon de Colines.

Le Livre, tome III, p. 147-161

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 147.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 147 [161]. Source : Internet Archive.
III-161-147-01 Marque des Angelier
Marque des Angelier.
III-161-147-02 Marque de Gilles Corrozet
Marque de Gilles Corrozet.

Le Livre, tome III, p. 146-160

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 146.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 146 [160]. Source : Internet Archive.
III-160-146-01 Marque des Alde
Marque des Alde.
III-160-146-02 Marque de Josse Bade, d’Asch
Marque de Josse Bade, d’Asch.

Le Livre, tome III, p. 145-159

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 145.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 145 [159]. Source : Internet Archive.

Rolin Thierry (1588) : trois Épis de riz (tiers riz) ;

Geoffroy Tory (1512) : un Pot cassé[145.1] ;

Michel Vascosan (1530) : une Presse typographique ;

Antoine Vérard (1498) : un Écusson fleurdelisé supporté par deux anges ;

Pierre Vidoue ou Vidove (1510) : la Fortune sous les traits d’une femme, avec cette devise : Audentes juvo[145.2] ;

Simon Vostre (1491) : deux Léopards à tête de lévrier.

Etc., etc.[145.3].

[III.159.145]
  1.  « Geoffroy Tory… naquit à Bourges. Vers 1480…. La première de ses éditions nous donne la date de 1512. Il avait adopté comme marque de fabrique un vase dans lequel est tombé un toret de graveur [toret, s. m., instrument servant à percer : Frédéric Godefroy, Lexique de l’ancien français], en le fracassant en partie, et la devise Non plus. » (Léon Gruel, Conférences sur la reliure et la dorure des livres, p. 46.)  ↩
  2.  Cf. Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 749 ; et Paul Lacroix, Édouard Fournier et Ferdinand Seré, op. cit., p. 93.  ↩
  3.  Outre les ouvrages d’Ambroise Firmin-Didot, de Jacques-Charles Brunet, d’Anatole Claudin, et de Paul Lacroix, Édouard Fournier et Ferdinand Seré, mentionnés en notes dans le cours de la liste ci-dessus, cf. L.-C. Silvestre, Marques typographiques ou Recueil des monogrammes, chiffres, enseignesdes libraires et imprimeurs qui ont exercé en France depuis l’introduction de l’imprimerie, en 1470, jusqu’à la fin du xvie siècle (Paris, Potier, 1853-1865 ; in-8) ; — et Paul Delalain, Inventaire des marques d’imprimeurs et de libraires de la collection du Cercle de la librairie (Paris, Cercle de la librairie, 1886-1888 ; in-8).  ↩

Le Livre, tome III, p. 144-158

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 144.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 144 [158]. Source : Internet Archive.

devise en rébus : Sola fides sufficit, tirée de l’hymne Pange, lingua[144.1] ;

Nivel ou Nivelle et son gendre Sébastien Cramoisy (1589) : une Cigogne ;

Les Plantin, d’Anvers (Christophe Plantin, fondateur de la célèbre « Architypographie plantinienne », né près de Tours : 1514-1589) : un Cep de vigne ou un Compas ouvert ;

Philippe Pigouchet (1489) : deux Sauvages (homme et femme) ;

Jean Temporal, de Lyon (1550) : le Temps armé de sa faux ;

[III.158.144]
  1.  Cf. Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 744. « Guy ou Guyot Marchant, prêtre, maître ès arts et imprimeur, avait établi son atelier dans une maison du Champ-Gaillard, derrière le collège de Navarre…. La grande maison du Champ-Gaillard, où fut établi le premier atelier de Guy Marchant, appartenait au collège de Navarre ; elle était située derrière ce collège, rue Clopin, à l’angle de la rue Bordelle (emplacement actuel de l’École polytechnique). (Anatole Claudin, op. cit., t. I, pp. 335 et 380, et t. II, p. 555.) Ce coin de Paris avait été ainsi baptisé à cause des femmes « gaillardes » qui y avaient élu domicile. La rue Clopin et sa voisine, la rue d’Arras, ont porté jadis le nom de rue du Champ-Gaillard. (Cf. J.-A. Dulaure, Histoire de Paris, t. II, p. 351 ; Paris, Librairie des Publications illustrées, 1864 ; et Frédéric Lock, Dictionnaire de l’ancien Paris, art. Arras et Clopin.) Guy Marchant avait pris pour enseigne le nom de son quartier, le Champ-Gaillard, dont, en jouant sur les mots, selon l’usage du temps, il avait fait : Au chant Gaillard. De là cette portée de plain-chant, avec les deux notes musicales sol, la. Les deux mains jointes étaient l’emblème de la bonne foi et de la confiance. (Cf. Paul Lacroix, Édouard Fournier et Ferdinand Seré, op. cit., p. 90.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 143-157

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 143.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 143 [157]. Source : Internet Archive.

Louis Elzevier : 1540-1617) : un Arbre ou une Minerve ;

Les Estienne : un Olivier (la mère d’Henri Ier Estienne [1470-1520], chef de cette illustre famille d’imprimeurs, se nommait Laure de Montolivet) ;

Galliot du Pré (1512) : une Galiote ou Galère, surmontée de ces mots : « Vogue la gallée[143.1] » ;

Ulrich Gering (1510) : un Soleil ;

Les Gryphe, de Lyon (le plus célèbre et le plus ancien est Sébastien Gryphe, né en Souabe : 1493-1556) : un Griffon placé sur un cube, lié par une chaîne à un globe ailé ;

Olivier Harsy ou de Harsy (1556) : une Herse ;

Thielman Kerver (1520) : deux Licornes ;

Jean de la Caille (1641) : trois Cailles[143.2] ;

Guillaume Le Bé (1539) : la lettre B ;

Michel et Philippe Le Noir (1489) : trois Nègres ou Négresses, à la tête très noire ;

Guy ou Guyot Marchant (1483) : une Portée de plain-chant et deux Mains entrelacées, avec cette

[III.157.143]
  1.  Remarquer que le mot galée, anciennement synonyme de galère, désigne, en langage typographique, la planchette à rebord sur laquelle le compositeur place les lignes qu’il a composées dans le composteur.  ↩
  2.  Un autre Jean de la Caille (1664-1720), sans doute le fils de celui-ci, fut aussi imprimeur et publia une Histoire de l’imprimerie et de la librairie (Paris, 1689, in-4), ouvrage de médiocre valeur. « La Caille est le moins exact et le moins instruit des historiens de l’imprimerie. » (Fournier le Jeune, ap. Michaud, op. cit., art. Caille (Jean de la). Cf. aussi Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 825 et 829.  ↩

Le Livre, tome III, p. 142-156

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 142.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 142 [156]. Source : Internet Archive.

Josse Bade, d’Asch, près de Bruxelles (1529) : une Presse typographique (Prelum ascensianum, la presse ascensienne, c’est-à-dire d’Asch) ;

Cardon, de Lyon (1610) : un Chardon ;

Sébastien Chapelet (1630) : un Chapelet ;

Nicolas Chesneau (1574) : un Chêne ;

Simon de Colines (1520) : deux Lapins (en vieux français : conil, lapin), ou encore le Temps avec sa faux ;

Corbon (1613) : un Cœur bon, avec cette devise : Ego dormio, et cor meum vigilat[142.1] ;

Gilles Corrozet (1536) : une Rose dans un Cœur ;

Gillet Couteau (1520) : des Couteaux ;

Étienne Dolet (1509-1546) : une Doloire (sorte de hachette) ;

Jehan du Moulin (1519) : un Moulin entre deux licornes ;

Jean du Pré, de Lyon (1487) : ses initiales[142.2] ;

Guillaume du Puy (1504) : un Puits, « le puits de Jacob », avec Jésus-Christ d’un côté et la Samaritaine de l’autre[142.3] ;

Les Elzevier, de Hollande (le plus ancien est

[III.156.142]
  1.  Cf. Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 815.  ↩
  2.  Cf. Anatole Claudin, Histoire de l’imprimerie en France, t. III, p. 470.  ↩
  3.  Cf. Jacques-Charles Brunet, Manuel du libraire, t. V, col. 1668.  ↩

Le Livre, tome III, p. 141-155

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 141.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 141 [155]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 142.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 142 [156]. Source : Internet Archive.

imprimeurs d’aujourd’hui ont des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu’ils placent au-dessus de leur firme[141.1], c’est-à-dire du nom et de l’adresse de leur maison[141.2].

Voici quelques-unes de ces anciennes marques, dont, le plus souvent et pour abréger, j’ai supprimé la devise, presque toujours « héroïque » ou à équivoque :

Les Alde (Alde Manuce : 1449-1515) avaient pour marque une Ancre, autour de laquelle était enroulé un dauphin ;

Arnould et Charles Angelier (1542)[141.3] : deux Anges liés ;

[III.155.141]
  1.  De l’anglais firm : du bas-latin firma, convention, maison de commerce, raison sociale. Daupeley-Gouverneur, (le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 180) écrit à tort « le firme » : ce mot est du féminin : cf. Littré, op. cit., Supplément.  ↩
  2.  « Il y a vingt-cinq ans, j’étais fondeur en caractères, et je préparais un spécimen pour l’Exposition. Je cherchais à imiter nos anciens et à trouver une devise qui pût bien faire en tête de mon spécimen. Le hasard me fit rencontrer, dans un vieux livre espagnol, la devise que je cherchais : c’étaient les vingt-cinq lettres de l’alphabet rangées en cercle, avec cette inscription : Vis bene conjunctis. « leur force est dans leur bon assemblage ». C’était une devise de fondeur et d’imprimeur, une devise qui me semble d’une profonde vérité. Faites un bon assemblage de lettres, il en sortira un livre qui élèvera les âmes et servira l’humanité. » (Édouard Laboulaye, la Science du bonhomme Richard, la Jeunesse de Franklin, p. 42 ; Paris, Henry Bellaire, 1872.)  ↩
  3.  La plupart des dates, mises ainsi entre parenthèses dans cette liste, désignent des millésimes de publications faites par ces imprimeurs-éditeurs, et indiquent, par conséquent, à quelle époque ils vivaient ; presque toutes sont empruntées à l’ouvrage d’Ambroise Firmin-Didot, Essai sur la typographie, passim.  ↩

Le Livre, tome III, p. 140-154

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 140.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 140 [154]. Source : Internet Archive.

continue-t-il[140.1]. Que représentent les petits points ? Une phrase inachevée…. Diderot est le premier que je vois en faire usage, et abus…. Laharpe disait : « Diderot multiplie les petits points dans le dialogue écrit, pour qu’il représente plus au naturel le dialogue parlé ». Scribe, de notre temps, a été le grand inventeur des petits points[140.2]. »

Les anciens imprimeurs et éditeurs avaient tous des marques typographiques, allégoriques le plus ordinairement, sortes d’ « armes parlantes », accompagnées de devises, dont ils ornaient les titres et frontispices de leurs livres. Elles avaient pour but de préserver ces publications des contrefaçons, but que fréquemment elles n’atteignaient guère, « ce brigandage (la contrefaçon) étant aussi ancien que l’impri­merie[140.3] ». Beaucoup d’éditeurs et quelques

[III.154.140]
  1.  Ernest Legouvé, l’Art de la lecture, p. 71. C’est par une erreur évidente que Legouvé a écrit en cet endroit : « Vous n’en trouverez pas un seul exemple dans le xviie siècle ni dans le xviiie siècle », puisque, ailleurs, dans la Lecture en action, page 58, il déclare que c’est Diderot (1713-1784) qui a, le premier, fait usage des points suspensifs.  ↩
  2.  Id., la Lecture en action, pp. 57-58. II y a là encore une flagrante inexactitude d’expression : Scribe n’a pas été l’inventeur — ni petit ni grand — des points suspensifs ; il en a seulement beaucoup usé.  ↩
  3.  Cf. Paul Lacroix, Édouard Fournier et Ferdinand Seré, op. cit., pp. 97, 99 et 100.  ↩

Le Livre, tome III, p. 139-153

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 139.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 139 [153]. Source : Internet Archive.

depuis l’an 1350 que cet usage s’est généralisé. « Il a donc fallu deux siècles pour vulgariser cette réforme[139.1]. »

« Joseph Scaliger prétend qu’Alde Manuce est le premier qui a introduit dans le latin la virgule, le point-virgule et l’accent grave, et qu’avant lui, personne n’en avait fait usage. Cette assertion demande une explication, car elle donnerait à entendre qu’avant Alde il n’existait ni virgule, ni accent, ce qui serait faux. La virgule a été inventée dans le viiie siècle, et le point-virgule dans le ixe ; les autres marques de repos le furent ensuite…. Ainsi l’on voit que les signes de ponctuation sont plus anciens que la découverte de l’imprimerie ; mais leur désignation actuelle, c’est-à-dire la valeur que nous leur donnons, est assez moderne. D’ailleurs ils étaient fort rares ancien­nement[139.2], » et, comme nous le disions il y a un instant, on n’en trouve pas dans les livres du xve siècle, dans les incunables.

Quant aux points suspensifs, « ils sont d’invention moderne », remarque Ernest Legouvé, qui ne les appelle jamais que « petits points »[139.3]. « Vous n’en trouverez pas un seul exemple avant le xviiie siècle,

[III.153.139]
  1.  Mémorial de la librairie française, 20 janvier 1905, p. 41.  ↩
  2.  Gabriel Peignot, op. cit., p. 73, n. 1.  ↩
  3.  Cette locution « petits points », dans le sens de points suspensifs, ne se trouve ni dans Littré, ni dans Hatzfeld, ni dans Larousse, dans aucun dictionnaire ni traité de typographie.  ↩

Le Livre, tome III, p. 138-152

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 138.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 138 [152]. Source : Internet Archive.

7º La rareté des alinéas et des chapitres.

8º L’absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou divisions : dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main par des calligraphes et rubricateurs[138.1].

9º L’absence de signes de ponctuation.

10º Des traits obliques au lieu de points sur les i.

Etc., etc.[138.2].

Les lettres minuscules j et u se confondaient autrefois respectivement avec l’i et le v. C’est Louis Elzevier qui, établi à Leyde en 1580, a introduit en typographie la distinction entre l’i et le j, et entre l’u et le v minuscules. Quant aux majuscules J et U remplaçant I et V, elles furent créées, en 1619, par l’imprimeur strasbourgeois Lazare Zetner[138.3].

Les points sur les i datent, paraît-il, du commencement du xie siècle. C’est alors « qu’on s’aperçut qu’il serait bon, pour faciliter la lecture des manuscrits, de faire usage de ce point, afin de ne pas confondre un m avec in ou un ni ». Mais ce n’est que

[III.152.138]
  1.  De rubricare, rubrum facere, peindre en rouge : de rubrica, rubrique, sanguine, craie rouge, etc. Cf. Ducange, Glossarium ↩
  2.  Sur les caractères distinctifs des incunables, cf. Gabriel Peignot, Variétés, Notices et Raretés bibliographiques, pp. 72 et s. ; et Jules Cousin, De l’organisationdes bibliothèques publiques et privées, pp. 97-103.  ↩
  3.  Cf. Émile Javal, Physiologie de la lecture et de l’écriture, p. 19, n. 1 ; et Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 629.  ↩

Le Livre, tome III, p. 137-151

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 137.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 137 [151]. Source : Internet Archive.

présent ; lẽq̃l pour lequel ; Dñs pour Dominus ; etc.[137.1]. Ces modes d’abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois toutes les lettres d’un mot, sauf la première, étaient supprimées. Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de Virgile d’Asper, qu’on date du xie siècle, et actuellement à la Bibliothèque nationale, le texte est écrit de telle sorte qu’il faut, pour le lire, le connaître par cœur. Le premier vers des Bucoliques y est représenté sous cette forme :

Tityre, t. p. r. s. t. f.

pour :

Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.

Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à exprimer un mot entier, portent le nom de sigles[137.2]. Les sigles étaient très fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux notes tironiennes, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger l’écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui perfectionna ce système de sténographie[137.3].

[III.151.137]
  1.  Cf. L.-A. Chassant, Dictionnaire des abréviations latines et françaises…. (Paris, Aubry, 1866.)  ↩
  2.  De siglæ, contracté de singulæ : — singulæ litteræ : cf. Littré, op. cit., art. Sigle.  ↩
  3.  Cf. Ludovic Lalanne, op. cit., pp. 46 et s.  ↩

Le Livre, tome III, p. 136-150

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 136.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 136 [150]. Source : Internet Archive.

c’est par ce mot Explicit… ou Cy finist… que ce dernier paragraphe commençait d’ordinaire), opposé à suscription et à incipit. La souscription porte aussi les noms d’adresse et de colophon (κολοφών, achèvement). M. Henri Bouchot[136.1] et, après lui, M. Édouard Rouveyre[136.2] emploient aussi dans ce sens le mot signature, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.

6º La quantité d’abréviations : un ƶ pour la conjonction et ; — une sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine cum ou la particule française con, et pour la finale de certains mots : te ou te = tecum ; neq = neque ; quib = quibus ; no = nous ; vo = vous ; etc. ; — le q avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix pour signifier quam ou quod ; — le signe  correspondant au latin rum : nostro = nostrorum ; angelo = angelorum ; quo = quorum ; ea = earum ; ut = utrumque ; etc. ; — la fréquente suppression de certaines lettres remplacées par un petit trait horizontal, appelé titre[136.3], placé au-dessus du mot ainsi abrégé : nr̃e pour notre ; bõs pour bons ; presẽt ou même pr̃s̃t pour

[III.150.136]
  1.  Le Livre, l’Illustration, la Reliure, pp. 33, 36, 56 et 103.  ↩
  2.  Connaissances nécessaires à un bibliophile, 5e édit., t. II, p. 204.  ↩
  3.  En latin titulus ; en espagnol tilde (ñ, n tilde) : cf. Littré, op. cit., art. 2. Titre.  ↩

Le Livre, tome III, p. 135-149

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 135.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 135 [149]. Source : Internet Archive.

3º L’absence de signatures, de réclames[135.1], de pagination, et, dans les plus anciens incunables, de registre, c’est-à-dire de la table indicatrice des cahiers composant l’ouvrage : ces cahiers étaient indiqués par les premiers mots de leur première page[135.2].

4º L’absence de titre séparé ou frontispice[135.3] : le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé au début du texte, dans ce qu’on nomme la suscription ou l’incipit ; c’est par ce dernier mot, ou par son équivalent : Cy commence… que commençait le plus souvent le texte. « C’est vers 1476 ou 1478 qu’on a commencé à imprimer les titres de livres sur un feuillet séparé, et les titres des chapitres se voient déjà dans les Épitres de Cicéron, de 1470[135.4]. »

5º L’absence du nom de l’imprimeur, du lieu et de la date de l’impression : ces indications ne tardèrent pas à figurer à la dernière page des volumes, dans un paragraphe final appelé souscription ou explicit (qui signifie finit, se termine, est déroulé ; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens manuscrits, qui avaient la forme de rou­leaux[135.5] :

[III.149.135]
  1.  Sur la signification de ces mots, voir supra, p. 96.  ↩
  2.  Cf. ce qui est dit ci-dessus (p. 97, n. 2), à propos de l’imposition au début de l’imprimerie.  ↩
  3.  « Frontispice : titre orné de figures gravées ou imprimées. » (Littré, op. cit.) Voir infra, p. 214, n. 2.  ↩
  4.  Gabriel Peignot, Variétés, Notices et Raretés bibliographiques, p. 72, n. 1.  ↩
  5.  Cf. notre tome I, page 57.  ↩

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