Tome III

Sous-catégories

Le Livre, tome III, p. I-011

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. I.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. I [011]. Source : Internet Archive.

Table des matières

Fabrication

I. Le Papier

Importance du papier : élément essentiel du livre. Tirages à part effectués pour les bibliophiles. — Historique : papyrus, parchemin, papier de chiffon et de coton. Introduction du papier en Europe. Ce que coûtaient autrefois le papier et le parchemin. Production et consommation actuelles du papier ; ses emplois divers. — Les succédanés du chiffon. — Fabrication du papier : papiers à la forme, papier à la mécanique. Pâte de bois mécanique, chimique. — Charge. — Collage ou encollage du papier ; collage animal, végétal. — Papier collé, non collé, demi-collé. Papier buvard, brouillard. — Papiers de couleur. — Glaçage et satinage ; foulage. — Filigrane au laminoir. Papier quadrillé. — Papier couché. — Inconvénients et dangers des papiers trop glacés ou trop blancs. Papiers teintés, azurés, verts, bulle, etc. ; la meilleure teinte pour les yeux. Dangers des papiers roses, des papiers à fond rouge : « Ménagez vos yeux ». — Main, rame, bobine. Prix approximatif des papiers actuels. Tableau des principales sortes de papiers, avec leurs dimensions et usages. — Papiers de luxe : vergé, hollande, whatman, vélin, chine, japon, simili-japon ; nombreux usages du papier chez les Japonais. — Papiers divers ; papier de ramie ; papier d’alfa ; papier indien d’Oxford : livres microscopiques ; papier léger ; papier-parchemin ou faux parchemin ; papier serpente, pelure, joseph, végétal ou à calquer ; papier-porcelaine ; papier bulle. — Carton, bristol. — Mauvaise qualité de la plupart des papiers modernes. Décoloration et désagrégation. Examen et contrôle des papiers. Moyens proposés pour l’amélioration des papiers d’imprimerie.

Le Livre, tome III, p. II-012

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. II.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. II [012]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. III.
Pour suite de texte : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. III [013]. Source : Internet Archive.

II. Le Format

Ce qu’on entend par format. — Ce que signifient les mots tome, volume, plaquette, brochure, pièce, exemplaire, tirage, édition, édition princeps, édition originale, etc. Il serait préférable de désigner les formats par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes archaïques : jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit, in-douze, in-seize, etc. — Confusion des formats. — Tableau des principaux formats des livres, avec leurs dimensions métriques. — Signatures, réclames, etc. — Imposition typographique : cahiers, cartons ou encarts. Tableau des signatures. Spécimens d’imposition. — Formats de classement adoptés par les bibliothèques universitaires : grand, moyen, petit ; — par la Bibliothèque nationale. — Formats des premiers livres. — Formats les plus appréciés par les lecteurs. — Le plus commode et le meilleur des formats. — Concordance des formats avec les matières traitées dans les livres. — Inconvénients des formats trop grands ou trop petits, des formats oblongs, formats d’album ou à l’italienne, des formats carrés, de tout format anormal.

III. L’Impression

L’imprimerie « mûre en naissant » ; sa glorification. — Incunables : leurs caractères distinctifs. Création ou apparition des lettres j et v, des points sur les i, des virgules et autres signes de ponctuation. — Marques des anciens imprimeurs. — « Ménagez vos yeux » : pas de livres imprimés en caractères trop fins. — Le point typographique. Œil d’une lettre ; corps ; hauteur en papier ; talus ; approche ; queue ; pleins ; déliés ; obit ou apex, empattement ; espaces ; cadrats ; cadratins ; demi-cadratins ; garnitures ou lingots, etc. — Anciens noms des caractères d’imprimerie avec leur force de corps. — Caractères : romain (romain Didot, Raçon, Plon, Grasset, etc. ; caractères distinctifs de l’Imprimerie nationale) ; elzevier, italique. — Caractères de fantaisie : allongée, alsacienne, antique, classique, égyptienne, italienne, latine, normande, etc. — Casse. — Police des lettres. — Encre d’imprimerie. — Empreintes. Clichage et stéréotypie. Procédé anastatique. — Machine à composer : linotype, électrotypographe, etc. — Avilissement de la librairie. — La correction typographique. — Plus de correcteurs. — Aucun livre sans faute. — Millésime. — Foliotage. — Aberrations typographiques. Modern style. — Index alphabétique. Table des matières. — Rapports de la typographie avec les facultés visuelles : pas de caractères inférieurs au « huit » ; pas de lignes trop longues ; interlignage. Encore une fois : « Gare à vos yeux ! »

Le Livre, tome III, p. III-013

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. III.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. III [013]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. IV.
Pour suite de texte : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. IV [014]. Source : Internet Archive.

IV. L’Illustration

Difficulté de traiter sommairement de l’illustration : sujet complexe. — Gravures hors texte ; dans le texte ; habillage. — Gravures en relief ou typographiques : gravure sur bois, fac-similé et en teinte ; — gravure au trait, zincogravure ou gillotage ; papier-procédé ; — similigravure ; trame. — Gravures en creux : taille-douce : burin, eau-forte, pointe sèche ; gravure en manière noire, au lavis, à l’aquatinte, au pointillé ; — héliogravure en creux. — Lithographie ; papier à report. — Photolithographie ; photozincographie ; phototypie ; photoglyptie. — Chromolithographie. — Chromophotogravure. — Tarif des principaux modes de gravure.

V. La Reliure

Faut-il faire relier les livres ? Avantages et inconvénients des livres reliés. — Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel Naudé, de Daniel Huet, etc. — Vocabulaire technique de la reliure : plats, dos, tranches (tranches ébarbées, dorées, jaspées, antiquées), tête, queue, gouttière, chasses, mors ou charnières, tranchefile, comète, signet ou sinet, coiffe, gardes (papier marbré, peigne, escargot, etc.), nerfs, entre-nerfs ou compartiments, etc. — Couture : grecquage ; machines à coudre les livres. — Reliure pleine ; peaux : basane, pastgrain, chagrin, maroquin ; mauvaise qualité des peaux d’aujourd’hui : peau de truie, cuir de Russie, parchemin. — Reliures en velours, en soie, en toile, etc. Reliure à queue ou aumônière. — Toile à registre. — Pegamoïd. — Reliure d’art ; fers, petits fers, plein-or, fers à froid. — Livre gaufré ou estampé. Dentelle. — Reliure double. — Suprématie des relieurs français ; nos plus célèbres relieurs. — Reliures singulières ; en peau humaine ; — à secret ; — jumelles (livres accouplés) ; — à musique ; etc. — Reliures uniformes. — Inconvénients des couleurs claires. — Reliures « historiques » et reliures d’art : reliures monastiques ; — à compartiments ; — en mosaïque ; — au pointillé ; — rayonnantes ; — symboliques ou parlantes ; — au porc-épic ; — à la salamandre ; — à l’S barré ; — à la toison ; — à la janséniste ; — à l’oiseau ; — à la Fanfare ; — à la cathédrale ; etc. — Demi-reliure. — Cartonnage ; emboîtage. — Cartonnage bradel. — Reliure anglaise. — Reliure chinoise. — Encore la couture ; couture de la brochure ; couture de la reliure ; supériorité de la couture à la machine. — La reliure d’aujourd’hui et celle d’autrefois. — Couture sur nerfs ou sur rubans. — Couture métallique. — Reliure arraphique. — Colles diverses. — Conseils pratiques : ne pas faire relier les livres récemment imprimés ; — choisir l’époque propice pour l’envoi d’un train ; — laisser au relieur un laps de temps raisonnable ; — pas de recueils factices ; — gare au rognage ! — respecter les marges : fausses marges, témoins, larrons ; — conserver les couvertures imprimées. — Titres à pousser ; pièces ; — modèles à donner au relieur ; — collationnez vos volumes ; défets. — Tarif de reliures. — Du choix d’un relieur.

Le Livre, tome III, p. IV-014

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. IV.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. IV [014]. Source : Internet Archive.

Voir page précédente.

Le Livre, tome III, p. 001-015

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 1.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 1 [015]. Source : Internet Archive.

Fabrication

I. Le Papier

Importance du papier : élément essentiel du livre. Tirages à part effectués pour les bibliophiles. — Historique : papyrus, parchemin, papier de chiffon et de coton. Introduction du papier en Europe. Ce que coûtaient autrefois le papier et le parchemin. Production et consommation actuelles du papier ; ses emplois divers. — Les succédanés du chiffon. — Fabrication du papier : papiers à la forme, papier à la mécanique. Pâte de bois mécanique, chimique. — Charge. — Collage ou encollage du papier ; collage animal, végétal. — Papier collé, non collé, demi-collé. Papier buvard, brouillard. — Papiers de couleur. — Glaçage et satinage ; foulage. — Filigrane au laminoir. Papier quadrillé. — Papier couché. — Inconvénients et dangers des papiers trop glacés ou trop blancs. Papiers teintés, azurés, verts, bulle, etc. ; la meilleure teinte pour les yeux. Dangers des papiers roses, des papiers à fond rouge : « Ménagez vos yeux ». — Main, rame, bobine. Prix approximatif des papiers actuels. Tableau des principales sortes de papiers, avec leurs dimensions et usages. — Papiers de luxe : vergé, hollande, whatman, vélin, chine, japon, simili-japon ; nombreux usages du papier chez les Japonais. — Papiers divers ; papier de ramie ; papier d’alfa ; papier indien d’Oxford : livres microscopiques ; papier léger ; papier-parchemin ou faux parchemin ; papier serpente, pelure, joseph, végétal ou à calquer ; papier-porcelaine ; papier bulle. — Carton, bristol. — Mauvaise qualité de la plupart des papiers modernes. Décoloration et désagrégation. Examen et contrôle des papiers. Moyens proposés pour l’amélioration des papiers d’imprimerie.

Le papier est l’élément essentiel et fondamental du livre. De même qu’un homme doué d’une solide

Le Livre, tome III, p. 002-016

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 2.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 2 [016]. Source : Internet Archive.

constitution, ayant « un bon fond », résistera mieux qu’un être chétif et débile aux assauts de la maladie et retardera d’autant l’inévitable triomphe de la mort, de même un livre imprimé sur papier de qualité irréprochable bravera, bien mieux qu’un volume tiré sur mauvais papier, les injures du temps et les incessantes menaces de destruction.

Aussi les bibliophiles ont-ils toujours attaché une importance capitale à la qualité du papier des ouvrages destinés à leurs collections. Les splendides reliures de Jean Grolier n’abritaient que des exemplaires de choix, des « exemplaires en papier fin et en grand papier, que les imprimeurs tiraient exprès pour lui[002.1] ». « MM. de Thou » (notamment le célèbre historien Jacques-Auguste de Thou), « qui ont été si longtemps chez nous la gloire et l’ornement des belles-lettres, dit Vigneul-Marville[002.2], n’avaient pas seulement la noble passion de remplir leurs bibliothèques d’excellents livres, qu’ils faisaient rechercher par toute l’Europe ; ils étaient encore très curieux que ces livres fussent parfaitement bien conditionnés. Quand il s’imprimait en France, et même dans les pays étrangers, quelque bon livre, ils en faisaient tirer deux ou trois exemplaires pour eux, sur de beau et grand papier qu’ils faisaient faire

[III.016.002]
  1.  P. L. Jacob (Paul Lacroix), Mélanges bibliographiques, page 5.  ↩
  2.  Mélanges d’histoire et de littérature, t. I, pp. 26-27. (Paris, Prudhomme, 1725 ; 5 vol. in-12.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 003-017

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 3.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 3 [017]. Source : Internet Archive.

exprès, ou achetaient plusieurs exemplaires, dont ils choisissaient les plus belles feuilles, et en composaient un volume, le plus parfait qu’il était possible. »

Jules Janin, le duc d’Aumale et bien d’autres bibliophiles d’élite ont plus d’une fois suivi l’exemple des de Thou[003.1].

La reliure à part, c’est de la qualité du papier que dépend presque toujours le prix de vente d’un ouvrage non épuisé, non d’occasion, qui se trouve en librairie, comme on dit, et figure dans le catalogue d’un éditeur. Prenons, par exemple, la collection Jannet-Picard, portée sur le Catalogue de la librairie Flammarion, année 1896[003.2], et qui comprend les œuvres de Molière, de Rabelais, Villon, Régnier, Marot, etc. Le volume broché, papier ordinaire, de cette collection, coûte 1 franc ; le volume broché, papier vergé, 2 francs ; papier whatman, 4 francs ; papier de Chine, 15 francs.

De même pour la « Nouvelle Bibliothèque classique », fondée par l’éditeur Jouaust, et annoncée dans le même Catalogue de la librairie Flamma­rion[003.3] : un volume de cette collection sur papier ordinaire in-16 elzevierien est coté 3 francs ; sur papier de Hollande, 5 francs ; sur papier de Chine

[III.017-003]
  1.  Cf. Jules Richard, l’Art de former une bibliothèque, p. 30.  ↩
  2.  Page 13.  ↩
  3.  Page 37.  ↩

Le Livre, tome III, p. 004-018

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 4.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 4 [018]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 5.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 5 [019]. Source : Internet Archive.

ou whatman, 10 francs ; sur grand papier (c’est-à-dire papier à grandes marges), chine ou whatman, 30 francs.

L’édition des œuvres complètes d’Alfred de Musset (10 volumes format petit in-12) publiée par l’éditeur Lemerre est de même tarifée[004.1] ; le volume sur papier vélin, 6 francs ; sur hollande, 25 francs ; sur chine et sur whatman, 50 francs ; sur japon, 75 francs.

Le papier, qui tire son nom du mot latin papyrus, roseau jadis très abondant en Égypte[004.2], et dont l’écorce, aisément détachée en larges et légères bandelettes, recevait l’écriture des anciens scribes, est d’origine très lointaine et très incer­taines[004.3]. C’est ce

[III.018.004]
  1.  Catalogue de la librairie Alphonse Lemerre, 1899, pp. 20-21.  ↩
  2.  Chose étrange, le papyrus, cette plante si utile et si employée, a fini, « de nos jours, par disparaître à peu près entièrement de l’Égypte ». (Louis Figuier, les Merveilles de la science, t. II, l’Industrie du papier, p. 155 ; Paris, Furne-Jouvet, s. d. [1873-1876]. — J’aurai fréquemment recours à cette monographie illustrée du papier, de son histoire et de ses procédés de fabrication, qui est très documentée et bien présentée ; malheureusement, elle date de trente ans, et la fabrication du papier, durant ce laps de temps, s’est sensiblement modifiée.)  ↩
  3.  Sur le papyrus et la fabrication du papier chez les anciens, voir notre tome I, pages 46 et suiv. Rappelons que la plante dite papyrus par les Égyptiens et par les Romains se nommait en grec πάπυρος, et aussi ϐίϐλος ; que ce dernier mot, qui désignait plus particulièrement l’écorce du papyrus, a, par extension, signifié papier, livre ; et que notre mot livre vient du latin liber, qui avait d’abord le sens d’écorce, partie de l’écorce des arbres (le liber), puis spécialement écorce du papyrus, et de là enfin livre, comme volumen. Cf. H. Géraud, Essai sur les livres dans l’antiquité, pp. 24, 74 et s. ; — Gabriel Peignot, Essaisur ta reliure des livres, pp. 23-24 : « … Comme cette écorce se nommait liber chez les Latins… Liber dicitur interior corticis pars quæ ligno cohæret, on a, par la suite, donné le nom de livre à toutes sortes d’écrits composés de plusieurs feuilles réunies en un volume » ; — Daremberg, Saglio et Pottier. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, art. Liber et Membrana, très bons articles de M. Georges Lafaye ; — etc.  ↩

Le Livre, tome III, p. 005-019

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 5.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 5 [019]. Source : Internet Archive.

qui a permis de dire que le papier semble « nous avoir été transmis par un don spécial de Dieu[005.1] ». Il a cela de particulier et d’admirable qu’étant le produit de substances presque sans valeur et souvent de matières de rebut[005.2], le résultat d’une trituration de loques et de chiffons, une fois façonné et imprimé, devenu livre ou journal, il acquiert une puissance

[III.019.005]
  1.  « La chose la plus nécessaire aux estudiants est le papier, qu’on peut dire nous avoir été transmis par un don spécial de Dieu. » (L’avocat Montholon, au nom du recteur de l’Université de Paris, Registres du Parlement, 17 janvier 1564, ap. Ambroise Firmin-Didot, Essai sur la typographie, col. 730-731.) Comme nous le verrons plus loin (p. 125), notre roi Louis XII usait de la même hyperbole en parlant de l’imprimerie, d’origine « plus divine qu’humaine », elle aussi.  ↩
  2.  « … Personne n’ignore que chose plus abjecte, vile et contemptible, ne peut estre que la matière dont se fait le papier. Tellement qu’à dire le vray, il n’y a rien que la manufacture de l’ouvrier, laquelle est d’autant plus louable et recommandable, comme c’est une industrie très grande, et d’une si vile et contemptible matière, et quasi ex nihilo, faire une chose si utile, si nécessaire et si commode pour tous. » (L’avocat Montholon. ap. id., op. cit., col. 732.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 006-020

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 6.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 6 [020]. Source : Internet Archive.

sans pareille, une sorte de souveraineté universelle. Il modifie nos idées et nos croyances, transforme nos mœurs et nos lois, renverse ou restaure les États, décide de la paix et de la guerre : il gouverne le monde, pour ainsi dire ; et il s’est tant multiplié de nos jours, on en fait une si grande et si envahissante consommation, que cette particularité est devenue une caractéristique de notre époque, qu’on a surnommé notre âge « l’âge du papier ».

Le papyrus subsista « jusque dans les premiers siècles de notre ère[006.1] », et même jusqu’au xie siè­cle[006.2]. Il était d’un prix très élevé, coûtait, — rapporte M. G. d’Avenel, dans une étude très soignée et très intéres­sante[006.3], à laquelle je me référerai souvent, — « cinq cents fois plus, a-t-on dit, que notre papier actuel[006.4], et, pour ce motif même, il avait à soutenir la concurrence des tablettes de cire et des peaux de mouton [par­chemin][006.5] savamment préparées. Ces

[III.020.006]
  1.  Le vicomte G. d’Avenel, le Mécanisme de la vie moderne, 2e série, le Papier, p. 2. (Paris, Armand Colin, 1900.)  ↩
  2.  Cf. Louis Figuier, op. cit., p. 176 ; et Albert Maire, Matériaux sur lesquels on écrivait dans l’antiquité : Revue scientifique, 20 août 1904, p. 236.  ↩
  3.  L’étude ci-dessus indiquée, pages 1-67 de la 2e série du Mécanisme de la vie moderne ↩
  4.  « Le papier, quelle que fût sa qualité, fut toujours à Rome d’un grand prix. Une simple feuille avait la valeur de 4 ou 5 francs de notre monnaie. » (Louis Figuier, op. cit., p. 162.)  ↩
  5.  Sur le parchemin chez les anciens, et sur les tablettes de cire (tabellæ ceræ), voir notre tome I, pages 60 et suiv.  ↩

Le Livre, tome III, p. 007-021

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 7.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 7 [021]. Source : Internet Archive.

dernières finirent par remporter tout à fait. Il y avait des centaines d’années qu’en France on écrivait exclusivement sur du parchemin, lorsque, vers le règne de saint Louis, apparut le papier de chiffon[007.1]. »

Quant au parchemin, « il est possible que ce soit à Pergame qu’il ait été amélioré, qu’on l’y fabriquait et qu’on en faisait le commerce, puisque ce produit en a tiré son nom. On croit qu’il était connu quinze siècles avant l’ère actuelle. Les peaux de chèvre, de mouton et d’âne étaient utilisées pour sa préparation, qui était à peu près identique à celle de nos jours[007.2]. Les premiers parchemins étaient si défectueux qu’on ne s’en servait que pour envelopper les livres en papyrus et les tablettes, et pour faire des étiquettes. Ce n’est que vers le ve siècle avant notre ère que l’usage d’écrire sur parchemin fut couramment admis. A mesure que sa préparation devint meilleure, il se répandit de plus en plus. Dès le xie siècle, cette matière supplanta totalement le papyrus, devenu rare et mauvais. On sait que des ouvrages considérables, manuscrits et imprimés, sont faits sur parchemin ; jusqu’au xviiie siècle on s’en servait toujours pour les actes royaux et les transactions privées[007.3]. »

On semble à peu près d’accord pour reconnaître

[III.021.007]
  1.  G. d’Avenel, op. cit., p. 2.  ↩
  2.  Cf. Daremberg, Saglio et Pottier, op. cit., art. Membrana, par M. Georges Lafaye ↩
  3.  Albert Maire, loc. cit., p. 236.  ↩

Le Livre, tome III, p. 008-022

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 8.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 8 [022]. Source : Internet Archive.

que le papier, probablement inventé par les Chinois, a été introduit en Europe par les Arabes[008.1].

« La découverte, faite par Casiri, à la bibliothèque de l’Escurial, d’un manuscrit arabe sur papier de

[III.022.008]
  1.  « C’est à Saint-Philippe, autrefois Xativa [ou mieux Jativa], que la fabrication du papier fut introduite en Europe par les Arabes, dès leur arrivée en Espagne. » (Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 705.) « Cette ville de Xativa [Jativa, à 56 kilomètres au sud-ouest de Valence] fut rasée en 1707, après la bataille d’Almanza. Philippe V fit bâtir sur ses ruines une autre ville qu’on nomme à présent San Felipe [Saint-Philippe]. » (Voltaire, Siècle de Louis XIV, chap. xxiii, note : Œuvres complètes, t. II, p. 437 ; Paris, édit. du journal le Siècle, 1867.) « L’usage du papier de coton fut introduit très anciennement en Sicile par les Arabes. » (Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 670.) Seuls sans doute le papier de chiffon et le papier fait avec certaines plantes, comme le bambou, seraient originaires de Chine. « Il parait que ce fut à la Mecque, vers la fin du viiie siècle, que fut inventé le papier de coton, charta bombycina, cuttunea ou damascena : l’usage s’en répandit promptement en Orient et en Égypte. Au xiie siècle, Eustathe, dans son Commentaire sur l’Odyssée, dit que l’art de faire du papyrus n’était plus pratiqué. En France, Pierre le Vénérable, évêque de Cluny, dit, Dans son Traité contre les Suisses, en 1122 : « Les livres que nous lisons tous les jours sont faits de peau de mouton, de bouc ou de veau, de papyrus ou de papier de chiffon, ex rasuris veterum pannorum… ». En 1189, Raymond Guillaume, évêque de Lodève, donne à Raymond de Popian plein pouvoir de construire sur l’Hérault un ou plusieurs moulins à papier. Dès la fin du xiie siècle, le papier de chiffon devient de plus en plus commun. » (Id., op. cit., col. 729-730, note 4.) Rappelons que, dans son roman les Deux Poètes (Illusions perdues, t. I, pp. 113-118 ; Paris, Librairie nouvelle, 1857), à propos des entreprises et tentatives d’un de ses personnages, l’imprimeur David Séchard, Balzac a succinctement résumé l’histoire du papier.  ↩

Le Livre, tome III, p. 009-023

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 9.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 9 [023]. Source : Internet Archive.

coton remontant à l’an 1009, et, antérieur à tous ceux existant dans les bibliothèques de l’Europe, prouve que les Arabes furent les premiers à remplacer le parchemin par le papier, écrit le docteur Gustave Le Bon, dans son bel ouvrage sur la Civilisation des Arabes[009.1]. L’historique de cette invention est aujourd’hui, d’ailleurs, facile à restituer. De temps immémorial, les Chinois savaient fabriquer du papier avec des cocons de soie. Cette fabrication avait été introduite à Samarcande dès les premiers temps de l’hégire, et, quand les Arabes s’emparèrent de cette ville, ils y trouvèrent une fabrique installée. Mais cette découverte précieuse ne pouvait être utilisée en Europe, où la soie était à peu près inconnue, qu’à la condition de remplacer cette dernière par une autre substance. C’est ce que firent les Arabes en lui substituant le coton. L’examen de leurs anciens manuscrits montre qu’ils arrivèrent bientôt, dans cette fabrication, à une perfection qui n’a guère été dépassée.

« Il paraît démontré également que c’est aux Arabes qu’est due la découverte du papier de chiffon, dont la fabrication est fort difficile et qui exige des manipulations nombreuses. Cette opinion est fondée sur ce que l’emploi de ce papier est de beaucoup antérieur chez les Arabes à son usage chez les peuples chrétiens. Le plus ancien manu-

[III.023.009]
  1.  Pages 518-521.  ↩

Le Livre, tome III, p. 010-024

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 10.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 10 [024]. Source : Internet Archive.

scrit sur papier qui existe en Europe est une lettre de Joinville à saint Louis, écrite peu avant la mort de ce prince, arrivée en 1270, c’est-à-dire à une époque postérieure à sa première croisade en Égypte. Or, on possède des manuscrits arabes sur papier de chiffon antérieurs d’un siècle au document qui précède. Tel est notamment un traité de paix entre Alphonse II d’Aragon et Alphonse IV de Castille, portant la date de 1178, et conservé dans les archives de Barcelone. Il provenait de la célèbre fabrique arabe de papier de Xatiba [Jativa], dont le géographe Edrisi, qui écrivait dans la première moitié du xiie siècle, parle avec éloge.

« L’extension que prirent en Espagne, sous les Arabes, les bibliothèques publiques et privées, à peu près inconnues alors en Europe, les obligèrent à multiplier leurs fabriques de papier. Ils arrivèrent à employer, avec une grande perfection, du chanvre et du lin, alors très abondants dans les campagnes. »

M. G. d’Avenel écrit, de son côté, à propos de l’invention du papier de chiffon[010.1] :

« Il venait de Chine, ayant marché fort lentement, avec une vitesse moyenne de cent lieues par siècle peut-être. Les peuplades de l’Asie centrale, puis les Arabes, puis les Égyptiens, l’avaient de

[III.024.010]
  1.  Op. cit., p. 3. Cf. infra, pp. 55-56, notes, ce que disent Élisée Reclus et Louis Figuier sur les Chinois, « inventeurs du papier », et sur l’ « inventeur de génie » Tsaïloun.  ↩

Le Livre, tome III, p. 011-025

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 11.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 11 [025]. Source : Internet Archive.

proche en proche véhiculé jusqu’à nous. En 650, on le voit à Samarcande ; en 800, on le rencontre à Bagdad ; en 1100, il est allé au Caire. Il longe alors le rivage africain, traverse ensuite la Méditerranée, et pendant longtemps ne dépasse pas le Languedoc….

« Au cours de son voyage, le papier s’était transformé ; aux écorces de mûrier, aux fibres de bambou, que les Chinois employaient, les Turcs avaient substitué le linge usé et les vieux cordages. Le changement de matière première ne modifiait d’ailleurs pas beaucoup la fabrication, la méthode originale, qui, dans ses grandes lignes, n’a guère varié : réduire les éléments du futur papier en pâte, en bouillie…, puis recueillir ce liquide sur un tamis, où les parcelles en suspension se déposent, s’agglutinent, tandis que la partie fluide s’échappe en filtrant à travers les mailles et ne laisse qu’une mince couche blanchâtre, qui se solidifie, se dessèche et forme une feuille de papier, tel est le principe que l’on appliqua jusqu’au xviiie siècle au chiffon, et que, depuis quatre-vingt-dix ans, on a successivement adopté pour la paille, l’alfa et les diverses essences de bois. »

N’omettons pas de dire que l’existence du papier de coton a été, dans ces derniers temps, non seulement très contestée, mais absolument niée. Selon divers savants, chimistes et bibliographes, il n’y a jamais eu de papier de coton.

« Toutes les preuves en faveur de ce système

Le Livre, tome III, p. 012-026

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 12.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 12 [026]. Source : Internet Archive.

(l’existence du papier de coton), fondées seulement sur l’apparence extérieure et superficielle du papier, sur des textes aux définitions vagues, se sont évanouies le jour où l’analyse et l’examen du papier ont été faits par des procédés scientifiques réels. Ce sont MM. Wiesner et Briquet qui, les premiers, ont examiné le papier au microscope. M. Briquet a consigné dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France (5e série, tome VI, 1885) le résultat d’une analyse microscopique de 122 échantillons de papiers provenant des sources les plus diverses et embrassant une période allant du xie au xve siècle.

« Voici le résumé de ses conclusions :

« Il n’y a jamais eu de papier de coton….

« Le papier de chiffe est plus ancien qu’on ne l’a cru ; il remonte au xe siècle.

« Le papier de chiffe a été utilisé d’abord en Orient, il n’a pénétré que deux ou trois siècles plus tard en Occident.

« On a filigrané les papiers dès le xiiie siècle en Occident ; cette habitude s’est transportée plus tard en Orient[012.1]. »

M. G. d’Avenel a relevé ce que coûtaient, au xive siècle et dans les siècles suivants, le papier et le parchemin, à combien revenaient un manuscrit

[III.026.012]
  1.  Albert Maire, Matériaux sur lesquels on écrivait dans l’antiquité : Revue scientifique, 20 août 1904, p. 239.  ↩

Le Livre, tome III, p. 013-027

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 13.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 13 [027]. Source : Internet Archive.

enluminé et un incunable, et voici les chiffres qu’il nous donne, accompagnés de considérations des plus instructives :

« Lorsque le papier commença à se répandre, vers le milieu du xive siècle, la feuille se vendit, suivant le format, depuis 12 jusqu’à 60 centimes de notre monnaie, en tenant compte de la valeur relative de l’argent. Le parchemin, qui coûtait alors de 1 fr. 25 à 2 francs la feuille, qui valait même 2 fr. 40 pour les qualités supérieures provenant de veaux ou de chevreaux, — parchemins « vélins » ou « chevrotins », — semblait condamné à disparaître, puisqu’il était quatre fois au moins, et, dans certains cas, dix fois plus cher que le nouveau papier.

« Il n’en fut rien, les deux marchandises vécurent côte à côte ; quoique le papier ait singulièrement diminué de prix aux époques suivantes, jusqu’à ne plus valoir, dès le xve siècle, que 30 francs au maximum, et le plus souvent 8 et 9 francs les cent feuilles, la valeur du parchemin ne baissa pas, sans doute parce que sa fabrication s’était restreinte d’elle-même, en proportion du petit nombre d’emplois où il demeurait sans rival.

« Pour les manuscrits de luxe, pour les copies enluminées et historiées, les frais de main-d’œuvre dépassaient de beaucoup ceux de la matière ; l’achat du parchemin était peu important. Un Évangile, établi en 1419, à Paris, pour l’hôpital Saint-Jacques,

Le Livre, tome III, p. 014-028

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 14.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 14 [028]. Source : Internet Archive.

revient à 1 600 francs de nos jours, dont 100 francs seulement pour le parchemin, 220 francs pour la copie, 56 francs pour la couverture en drap, et 1 224 francs pour la dorure. La reine d’Espagne se commande, en 1532, un Psautier de 440 francs ; le parchemin n’entre dans le total que pour 80 francs, tandis que la peinture seule des lettres majuscules y figure pour 160 francs, et les autres peintures pour 120 francs. Pour les livres courants, au contraire, registres de comptes, ouvrages d’éducation, pour la correspondance, le papier devint presque seul en usage.

« Il servait aussi pour les fenêtres : un morceau de grand format, remplissant l’office de vitre, revenait au double des carreaux actuels en verre de même dimension. Lorsque les progrès de l’industrie eurent vulgarisé et embourgeoisé le verre, longtemps réservé aux vitraux des églises et des façades de palais, le papier, évincé peu à peu de ce terrain, voyait son propre domaine démesurément accru par l’invention de l’imprimerie. Un volume de 200 pages in-quarto représentait, au temps de Gutenberg, un débours de 150 francs en parchemin et de 10 francs seulement en papier.

« Le papier, qui fournissait à la même époque la matière des cartes à jouer, de création récente, sert déjà aux emballages. A mesure que l’instruction élémentaire se répand, sa consommation se déve-

Le Livre, tome III, p. 015-029

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 15.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 15 [029]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 16.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 16 [030]. Source : Internet Archive.

loppe : l’affiche remplace le crieur aux carrefours ; les courriers et messagers partant à date fixe invitent à écrire et à recevoir des lettres. Le papier demeurait précieux pourtant, et noble : Rabelais, dans le chapitre connu, où gravement il recherche qui remplira le mieux, au « privé », certaine fonction des « serviettes indispensables », ne s’avise pas qu’il suffirait, sans se creuser autant la cervelle, d’avoir « du papier dans sa poche[015.1] ». Au xviie siècle naissent les gazettes; au xviiie, les papiers de tenture pour appartements[015.2]. »

Actuellement, outre l’extension considérable prise, dans le monde entier, par la presse périodique, les emplois du papier sont innombrables ; on en consomme des quantités prodigieuses, environ soixante millions de quintaux métriques, soit six milliards de kilogrammes par an[015.3] ; on en fait « du linge » : des

[III.029.015]
  1.  Si, contrairement à ce qu’affirme M. G. d’Avenel, Rabelais s’en avise très bien, et il le dit en termes formels : « Je me torchay de foin, de paille…, de papier. » (Gargantua, livre I, chap. xiii ; t. I, p. 133 ; Paris, Didot, 1880.) Et bien d’autres que Rabelais attestent que le papier était, dès ce temps-là, communément affecté audit usage. « Toujours… qui son… de papier torche. » (Clément Marot, ap. Rabelais, ibid.) « Il vaut bien mieux se torcher… avec du papier, et principalement en ce temps qu’il est à si bon marché : en quoi nous avons barre sur les anciens…. » (Béroalde de Verville, le Moyen de parvenir, chap. xcii, p. 339 ; Paris, Gosselin, 1841.)  ↩
  2.  G. d’Avenel, op. cit., pp. 4-6.  ↩
  3.  « Une récente statistique établit que la production européenne du papier, qui, en 1875, s’élevait à 7 791 300 quintaux métriques, a atteint, en 1900, le chiffre considérable de 24 270 000 quintaux métriques. La production du monde entier peut être évaluée à 60 000 000 de quintaux métriques. » (Le Courrier du livre, 15 février 1903, p. 109.) Voici deux autres relevés statistiques bien différents du précédent et différents aussi entre eux (la statistique a de ces surprises !). L’un a été dressé par « un savant anglais », et il est emprunté à la Gazette commerciale (dans le Mémorial de la librairie française, 17 août 1905, p. 439) : « Il existe, parait-il, sur la surface du globe, 4 000 manufactures qui fabriquent annuellement 980 000 000 de kilogrammes de papier. Sur ce nombre, 300 000 000 de kilogrammes sont utilisés par les journaux, 191 000 000 de kilogrammes par la librairie, 100 000 000 de kilogrammes par le commerce, 100 000 000 de kilogrammes par les services administratifs des gouvernements, 93 000 000 de kilogrammes par l’industrie, 85 000 000 de kilogrammes par les écoles ; le reste, 101 [111] millions de kilogrammes, est employé à la correspondance privée. Pour la France, la consommation annuelle du papier est de 135 000 000 de kilogrammes ; les journaux en emploient environ 20 000 000 de kilogrammes. » L’autre statistique est extraite de l’ouvrage de M. G. d’Avenel, déjà plusieurs fois cité (pages 61-62) : « Depuis un demi-siècle, sur la surface du globe, la production du papier a décuplé. Elle était de 221 000 000 de kilos en 1850 ; elle est de 2 260 000 000 de kilos aujourd’hui. Notre fabrication nationale s’est accrue dans la même mesure : de 40 000 tonnes au début du second Empire, à 137 000 tonnes en 1867, à 350 000 tonnes en 1894. »  ↩

Le Livre, tome III, p. 016-030

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 16.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 16 [030]. Source : Internet Archive.

cols, des manchettes, des chemises, serviettes, jupons, etc. ; des chaussures, des tonneaux, des vases, des tuyaux, des roues de voiture, des canots, des toitures de maison, des cheminées d’usine, des maisons entières. — sans parler des confetti et des serpentins.

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