Le Livre, tome III, p. 080-094

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 80.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 80 [094]. Source : Internet Archive.

II. Le Format

Ce qu’on entend par format. — Ce que signifient les mots tome, volume, plaquette, brochure, pièce, exemplaire, tirage, édition, édition princeps, édition originale, etc. Il serait préférable de désigner les formats par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes archaïques : jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit, in-douze, in-seize, etc. — Confusion des formats. — Tableau des principaux formats des livres, avec leurs dimensions métriques. — Signatures, réclames, etc. — Imposition typographique : cahiers, cartons ou encarts. Tableau des signatures. Spécimens d’imposition. — Formats de classement adoptés par les bibliothèques universitaires : grand, moyen, petit ; — par la Bibliothèque nationale. — Formats des premiers livres. — Formats les plus appréciés par les lecteurs. — Le plus commode et le meilleur des formats. — Concordance des formats avec les matières traitées dans les livres. — Inconvénients des formats trop grands ou trop petits, des formats oblongs, formats d’album ou à l’italienne, des formats carrés, de tout format anormal.

Nous venons, en parlant du papier, d’étudier le fond et la base du livre ; nous allons examiner à présent son format, qui, dépendant du pliage du papier, se rattache de très près au chapitre précédent, et n’en est, pour ainsi dire, que le complément. Nous passerons ensuite à l’impression.

On appelle format d’un livre la dimension de ce livre, « dimension déterminée par le nombre de

Le Livre, tome III, p. 081-095

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 81.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 81 [095]. Source : Internet Archive.

pages que renferme chaque feuille[081.1] ». On comprend, en effet, que plus la feuille renfermera de pages (c’est-à-dire plus elle sera pliée sur elle-même), plus ces pages seront restreintes en hauteur et en largeur, plus par conséquent le volume sera petit ; et, inversement, moins la feuille renfermera de pages (c’est-à-dire moins elle aura été pliée), plus sera étendue la surface de chacune de ces pages, plus grand par suite sera le volume. Quant à l’épaisseur, c’est-à-dire au nombre de feuilles que le volume contient, il n’en est pas question ; elle n’entre pas en ligne de compte dans la détermination du format : celui-ci ne dépend, encore une fois, que de la superficie, et n’indique que la hauteur et la largeur du volume.

On confond souvent les expressions tome et volume. Le tome (τόμος, section) est une partie d’un ouvrage, une division, plus ou moins rationnelle, faite par l’auteur lui-même, division analogue à celle de l’ouvrage en livres, sections, chapitres, etc. Le volume (du latin volumen) indique une division matérielle dépendant uniquement de la reliure ou du brochage. Le plus souvent la division par volumes concorde avec la division par tomes ; cependant il n’est pas rare de trouver deux tomes reliés en un volume ; il est très rare, au contraire, qu’il faille plusieurs volumes pour contenir un seul tome. On peut donc dire, d’une façon générale, qu’un volume

[III.095.081]
  1.  Littré, op. cit., art. Format.  ↩

Le Livre, tome III, p. 082-096

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 82.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 82 [096]. Source : Internet Archive.

peut renfermer plusieurs tomes, mais qu’un tome ne fait presque jamais plusieurs volumes. Enfin un volume peut former à lui seul un ouvrage indépendant et complet ; un tome, jamais, en réalité ; il fait toujours partie d’un ouvrage : « il n’y a tome que s’il y a division », selon l’expression de Littré[082.1].

« Un volume relié ou broché de peu d’épaisseur » est une pla­quette[082.2], et « un petit ouvrage de peu de feuilles et qui n’est que broché » est une bro­chure[082.3]. Pièce est synonyme de bro­chure[082.4]. Mais où finissent la brochure et la plaquette, et où commence le volume ? Il n’y a aucune règle précise à cet égard. « A la Bibliothèque nationale on considère comme pièces toutes les impressions qui ont moins de 49 pages[082.5]. » M. Albert Maire dit qu’ « une brochure est un ouvrage qui n’atteint pas 100 pages ; au-dessous et jusqu’à 50 pages elle peut se nommer une pla­quette[082.6] ». D’autres appellent plaquette tout in-8 ou in-12 ne dépassant pas 100 pages.

Quant au mot exemplaire, il désigne un ouvrage complet, abstraction faite du nombre de pages aussi bien que du nombre de volumes et de tomes qu’il

[III.096.082]
  1.  Op. cit., art. Tome.  ↩
  2.  Littré, op. cit.  ↩
  3.  Id., op. cit.  ↩
  4.  Cf. Léopold Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d’une bibliothèque, p. 14.  ↩
  5.  Id., op. cit., p. 94, n. 1.  ↩
  6.  Manuel pratique du bibliothécaire, p. 297.  ↩

Le Livre, tome III, p. 083-097

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 83.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 83 [097]. Source : Internet Archive.

comporte ; il s’applique à « l’unité de tirage » d’un ouvrage, d’une gravure, etc. Une bibliothèque, par exemple, possède trois exemplaires du Théâtre de Racine : l’un en un volume, l’autre en deux volumes, le troisième exemplaire en quatre volumes. Un éditeur fait tirer tel roman à 2 000 exemplaires; un libraire expédie 6 000 exemplaires de son catalogue ; etc.

On confond également volontiers les mots tirage et édition, dans le cas où ils signifient tous les deux le résultat de l’action d’imprimer, de tirer un volume. Il y a cependant une différence entre eux. Les tirages, effectués successivement, n’impliquent aucune idée de corrections ni de modifications quelconques du texte ; un exemplaire du premier tirage d’un volume est identique à un exemplaire du deuxième, du troisième, du dixième tirage de ce même volume. Ces tirages ont tous été faits, à intervalles de temps plus ou moins éloignés, sur les mêmes cli­chés[083.1], et ils ne se différencient que par l’usure de ces clichés : un exemplaire du dixième tirage aura nécessairement ses caractères typographiques moins nets qu’un exemplaire du premier tirage, surtout si chacun des tirages intermédiaires comprend un grand nombre d’exemplaires.

Le mot édition laisse entendre, au contraire, que l’ouvrage a été revu, remanié, puis recomposé typo-

[III.097.083]
  1.  Sur ce mot, voir infra, pp. 185 et suiv.  ↩

Le Livre, tome III, p. 084-098

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 84.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 84 [098]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 85.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 85 [099]. Source : Internet Archive.

graphiquement. Une page quelconque, la page 20, par exemple, de la première édition d’un ouvrage peut ne pas être la même que la page correspondante de la neuvième ou de la dixième édition de cet ouvrage ; tandis que, comme nous venons de le voir, la page 20 d’un exemplaire du premier tirage est « textuellement » identique à la page 20 d’un exemplaire du neuvième ou du dixième tirage.

Déterminer, même approximativement, d’après le numéro de l’édition ou du tirage, le nombre d’exemplaires d’un livre tirés et mis en vente est chose impossible. Là non plus il n’y a aucune règle. Une édition peut aussi bien se composer de 200 exemplaires que de 2 000, de 3 000, 5 000, etc. Plusieurs des romans d’Émile Zola et d’Alphonse Daudet, par exemple, se sont tirés du premier coup, pour la mise en vente, ce qu’on nomme le départ, à plus de 100 000 exemplaires. C’est afin d’introduire un peu d’ordre et de clarté dans ce genre d’opérations que certains éditeurs, au lieu d’inscrire sur la couverture et le titre des volumes le chiffre de l’édition : deuxième édition, troisième édition, quatrième édition…, ce qui ne dit rien du tout, les numérotent par mille : deuxième mille, troisième mille, quatrième mille[084.1]….

[III.098.084]
  1.  « Il serait désirable que les mots Nouvelle édition ou Dixième édition fussent exclusivement réservés aux éditions revues, corrigées, augmentées ou remaniées, et que, pour les réimpressions pures et simples, ils fussent remplacés par les mots tirage ou mille ; il serait bon qu’il intervint une entente pour que, dans chaque langue, le terme employé fût le même. » (Vœux émis par le Congrès international des éditeurs, à Berne, en juillet 1902 : Bibliographie de la France, 19 juillet 1902, II, Chronique, p. 122. Voir aussi le même recueil, 2 décembre 1905, II, Chronique, pp. 205-206.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 085-099

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 85.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 85 [099]. Source : Internet Archive.

En général cependant, on peut dire que les ouvrages dont la vente ne paraît pas assurée ou semble devoir être restreinte, — un recueil de poésies signé d’un nom inconnu, je sup­pose[085.1]. — ne sont pas actuellement tirés à plus de 500 ou même 300 exemplaires. Un roman, signé d’un débutant, se tirera à 500, 1 000 ou 1 500 exemplaires ; si ce roman s’adresse à la jeunesse et peut se vendre comme livre d’étrennes ou de prix, le premier tirage pourra monter jusqu’à 5 000 exemplaires, voire davantage. C’est également à ce chiffre, à 5 000 exemplaires, que se tirent d’ordinaire les ouvrages classiques dont la vente paraît certaine[085.2].

[III.099.085]
  1.  D’une enquête, faite récemment par les instituteurs et institutrices de France, et qui se trouve analysée dans la Revue bleue du 16 décembre 1905, pp. 785-786, il résulte que, « d’une façon générale, les poètes sont peu goûtés en France, à l’exception de Lamartine et Hugo. Dans beaucoup de contrées, la poésie cause de l’ennui (Seine-Inférieure, Loire-Inférieure, Loiret), et, dans certains départements, comme la Bretagne et la Corse, la poésie n’est pas comprise du tout. Du reste, la plupart des instituteurs de France, déjà consultés sur les lectures qu’ils faisaient [à leurs élèves], avaient répondu que la prose est partout en faveur, à l’exclusion presque totale de la poésie. »  ↩
  2.  Cf. Catalogue de la librairie Hachette, Littérature générale, février 1901, p. 41 : « Histoire de la littérature française…. 5e édition… (Vingt-cinquième mille)… par M. G. Lanson…. »  ↩

Le Livre, tome III, p. 086-100

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 86.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 86 [100]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 87.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 87 [101]. Source : Internet Archive.

Les premiers livres imprimés, les incuna­bles[086.1], avaient des tirages relativement minimes, qui ne dépassaient guère 300 exemplaires.

On appelle édition princeps la première édition d’un ouvrage, spécialement d’un ouvrage an­cien[086.2] :

[III.100.086]
  1.  Sur les incunables, voir infra, pp. 133 et suiv.  ↩
  2.  « Le mot princeps me rappelle une expression naïve d’un bon monsieur Bonnemet, très riche négociant, qui aimait beaucoup les livres, quoiqu’il fût peu instruit ; il s’attachait aux belles éditions et encore plus aux élégantes reliures, mais pour les ouvrages modernes seulement, « car je n’aime pas, disait-il, les éditions princesses ». Aussitôt qu’il achetait un ouvrage moderne, il s’en faisait remettre plusieurs exemplaires en feuilles, sur lesquels il en choisissait un et renvoyait les autres. Il faisait ensuite relier ce livre par Derome le Jeune, puis le serrait dans sa bibliothèque, qu’on ne visitait guère que pour en ôter la poussière ; encore obligeait-il ses domestiques de mettre des gants lorsqu’ils nettoyaient ses livres. Sa bibliothèque, achetée après sa mort par le duc de la Vallière pour 18 000 livres, a été évaluée par l’abbé Rive plus de 24 000 francs, d’après une estimation détaillée et très basse…. » (Gabriel Peignot, Variétés, Notices et Raretés bibliographiques, p. 12, note.) On trouvera, dans cet ouvrage de Gabriel Peignot, pages 57-80, un très intéressant article sur les éditions princeps, dont voici le début : « La qualification de princeps se donne ordinairement aux éditions des classiques que l’on regarde comme les premières, c’est-à-dire aux éditions qui, sans le secours d’aucun livre déjà imprimé, ont été faites sur des manuscrits plus ou moins anciens, antérieurs à la découverte de l’imprimerie. Ces premières éditions, surtout celles qui ont paru avant 1480, sont, pour la plupart, des espèces de calques de ces manuscrits précieux, car les premiers caractères d’imprimerie, soit sculptés, soit coulés, ne pouvant avoir d’autre modèle que la lettre de forme ou la cursive en usage alors, imitaient tellement l’écriture, que l’on regardait et même l’on achetait, dit-on, comme manuscrits, les premiers ouvrages sortis des premières presses. Puisque les éditions primitives, les éditions vraiment princeps, sont une espèce de fac-similé des anciens manuscrits, on doit donc les considérer comme présentant le texte le plus pur des classiques (sauf cependant les fautes des copistes) ; et, sous ce rapport, elles sont, aux yeux des savants, d’une utilité incontestable et d’une valeur inappréciable…. »  ↩

Le Livre, tome III, p. 087-101

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 87.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 87 [101]. Source : Internet Archive.

pour les auteurs modernes, on se sert du terme édition originale[087.1].

Une édition est dite définitive ou ne varietur quand le texte en a été revu par l’auteur ou par ses ayants droit, et déclaré par eux désormais arrêté et invariable.

Ces définitions terminées, revenons au format.

De ce que nous avons dit de la fabrication actuelle du papier, fabrication mécanique sur la toile sans fin, et non plus uniquement à la forme, il résulte que les papiers d’aujourd’hui n’ont plus de dimensions régulièrement et fixement délimitées. Il convient d’observer aussi tout d’abord que ces expres-

[III.101.087]
  1.  Nous avons vu (t. I, pp. 146-147) que le ministre protestant et passionné bibliophile du xviie siècle David Ancillon recherchait de préférence les premières éditions des livres, « quoiqu’il y eût beaucoup d’apparence qu’on les réimprimerait avec des augmentations et avec des corrections ». (Bayle, Dictionnaire, art. Ancillon, t. II, p. 71.) « Au dire de M. de Sacy (Bulletin du bibliophile, 1868, p. 638), c’est Aimé Martin qui a remis les éditions originales en honneur…. Jules Janin attribue la même initiative à Armand Bertin. » (Gustave Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, p. 434.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 088-102

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 88.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 88 [102]. Source : Internet Archive.

sions : in-octavo, in-douze, in-seize, in-dix-huit, etc., s’appliquant exclusivement au mode de pliage de la feuille (in-octavo indique que la feuille a été pliée de façon à former 8 feuil­lets[088.1] ou 16 pages ; in-douze, de façon à former 12 feuillets ou 24 pages ; in-seize, de façon à former 16 feuillets ou 32 pages ; etc.), sans faire connaître les dimensions premières de cette feuille, ne signifient pour ainsi dire rien. Elles n’ont et ne peuvent avoir un sens précis qu’à condition d’être suivies de la désignation catégorique du papier, du nom du format des feuilles : in-octavo jésus, in-douze raisin, in-seize cavalier, etc., nom qu’on omet cependant très souvent dans le langage usuel.

Il est à remarquer, en outre, qu’autrefois, dans le papier fabriqué à la forme, la position des vergeures, des pontuseaux et de la marque d’eau[088.2] après le pliage de la feuille, pouvait aider facilement à la détermination du format du volume. Selon le nombre de fois que la feuille était pliée sur elle-même, la marque d’eau se trouvait ou au milieu du feuillet, ou au fond, ou au sommet, etc.[088.3] ; les ver-

[III.102.088]
  1.  On appelle feuillet « chaque partie d’une feuille de papier formant deux pages », recto et verso (Littré, op. cit.). La feuille, par conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages double du chiffre indicatif du format.  ↩
  2.  Sur ces termes, voir supra, p. 28.  ↩
  3.  Cf. Gabriel Peignot, Manuel du bibliophile, t. II, p. 431.  ↩

Le Livre, tome III, p. 089-103

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 89.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 89 [103]. Source : Internet Archive.

geures et les pontuseaux étaient horizontaux ou perpendiculaires.

Voici la liste des formats les plus usités, avec leur nombre de feuillets et de pages et la position de leurs pontuseaux ; celle de leurs vergeures est naturellement toujours en sens inverse de celle-ci, puisque vergeures et pontuseaux se coupent à angle droit :

L’in-plano, appelé aussi format atlas ou atlantique, c’est la feuille non pliée, en feuillet, comprenant par conséquent deux pages, recto et verso : ici la position des pontuseaux dépend du sens dans lequel on regarde la feuille ;

L’in-folio a la feuille pliée en 2 et contient 4 pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ;

L’in-quarto ou in-quatre (in-4)[089.1] a la feuille pliée en 4 et contient 8 pages : ses pontuseaux sont horizontaux ;

L’in-octavo ou in-huit (in-8) a la feuille pliée en 8 et contient 16 pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ;

L’in-douze (in-12) a la feuille pliée en 12 et contient 24 pages : ses pontuseaux sont horizontaux ;

[III.103.089]
  1.  « L’usage moderne, que nous adoptons, préfère supprimer l’º dans in-4 et in-8. » (Daupeley-Gouverneur, le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 101.) « Lorsque in-4, in-8, in-12, etc., sont abrégés, on ne les fait pas suivre d’un º supérieur. » (Règles typographiques adoptées dans les publications de la librairie Hachette et Cie, p. 51.) Voir aussi Émile Leclerc, Nouveau Manuel complet de typographie, p. 162.  ↩

Le Livre, tome III, p. 090-104

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 90.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 90 [104]. Source : Internet Archive.

L’in-seize (in-16) a la feuille pliée en 16 et contient 32 pages : ses pontuseaux sont horizontaux ;

L’in-dix-huit (in-18) a la feuille pliée en 18 et contient 36 pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ;

L’in-vingt-quatre (in-24) a la feuille pliée en 24 et contient 48 pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ou horizontaux[090.1] ;

L’in-trente-deux (in-32) a la feuille pliée en 32 et contient 64 pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ;

Etc., etc.

Mais, pour savoir la dimension d’une quelconque de ces pages, d’une page in-8, par exemple, il est nécessaire de connaître d’abord, comme nous le disions tout à l’heure, la dimension de la feuille qui a été pliée et a fourni les 16 pages de cet in-8. Il est évident que plus cette feuille sera grande, plus ces pages le seront.

C’est précisément ce que l’épithète jésus, raisin, cavalier, etc., nous apprend. Ainsi le papier jésus ayant 0 m. 55 de haut sur 0 m. 70 de long, nous pou-

[III.104.090]
  1.  L’in-24 est un format « assez incertain et qu’on peut confondre avec l’in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la signature [sur la signification de ce terme, voir plus loin, pp. 95-96] se trouve à la page 49 où à la page 65. » (Jules Cousin, De l’organisation et de l’administration des bibliothèques publiques et privées…., p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le format est in-24, à la page 65 (64 + 1), il est in-32.  ↩

Le Livre, tome III, p. 091-105

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 91.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 91 [105]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 92.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 92 [106]. Source : Internet Archive.

vons, grâce à ces chiffres, parvenir à nous faire une idée exacte de l’in-8 jésus et en calculer la dimension.

Mais, dans le papier mécanique, fabriqué en bandes, continu, puis sectionné à volonté, ces termes provenant des anciens papiers à la forme : jésus, raisin, cavalier, colombier, etc., n’ont plus de raison d’être, plus de sens : il n’y a plus de forme d’abord ; il n’y a plus de monogramme du Christ, plus de grappe de raisin, plus de cavalier, de colombe, etc., en filigrane dans la pâte du papier ; rien n’en fait plus reconnaître à première vue l’espèce et les dimen­sions[091.1]. Il serait donc bien plus logique, plus clair et plus simple de désigner présentement les formats par leurs dimensions réelles, exprimées en centimètres ou milli­mètres[091.2] ; au lieu

[III.105.091]
  1.  Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons d’édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d’employer, pour les ouvrages qu’elles font tirer à très grand nombre, des papiers d’un format particulier et de vastes dimensions, dit format drap de lit, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96 pages in-8 cavalier. Grâce à une imposition spéciale (c’est-à-dire au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de façon qu’après l’impression et le pliage ces pages se suivent selon leurs numéros d’ordre), on n’a ensuite qu’à sectionner ces grandes feuilles drap de lit et à procéder au pliage…. on obtient pour chacune d’elles six feuilles in-8 (96 pages = 16 [= 8 × 2] × 6, portant toutes leur respective signature et paraissant avoir toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.  ↩
  2.  C’est ce que demandent nombre de bibliographes et de libraires, et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la classification décimale (voir infra, t. IV, De la classification bibliographique). Le même vœu, « Application du système métrique à la désignation des formats », a été émis par le Congrès international des éditeurs qui s’est tenu à Berne en juillet 1902. « Le Congrès émet le vœu que, dans toute annonce de librairie et dans les catalogues, l’indication des formats soit toujours accompagnée de celle de la dimension du livre en centimètres ; que le premier chiffre indique la hauteur et le second la largeur du volume non rogné (par exemple : in-4 raisin : 32 × 25 ; in-8 raisin : 25 × 16 ; etc.), et de supprimer par contre les appellations de format de papier. » (Cf. la Bibliographie de la France, 19 juillet 1902, II, Chronique, p. 122 ; et 2 décembre 1905, II, Chronique, p. 205.) On remarquera que la seconde partie de ce vœu, due à une proposition formulée par les éditeurs belges, — l’inscription du chiffre de la hauteur du volume (presque toujours le chiffre le plus fort) avant le chiffre de la largeur (le plus faible), — est en désaccord avec l’usage adopté, que nous avons signalé ci-dessus, page 51, note 1, pour exprimer les dimensions des papiers « de mentionner le plus petit nombre le premier », usage que nous retrouverons dans la suite, notamment lorsque nous traiterons de la Classification décimale bibliographique, dont « l’Office et l’Institut » ont leur siège à Bruxelles même. Il nous faut cependant convenir qu’il semble, en effet, plus logique de mentionner d’abord la hauteur du volume, puisque, généralement, — pour la mise en rayons, par exemple. — la hauteur a plus d’importance que la largeur.  ↩

Le Livre, tome III, p. 092-106

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 92.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 92 [106]. Source : Internet Archive.

d’in-8 jésus, de dire 0 m. 175 sur 0 m. 275, ou, par abréviation, 175 × 275 ; au lieu d’in-18 jésus, 0 m. 117 sur 0 m. 183 (117 × 183).

D’autant plus qu’avec le système bâtard actuellement en usage, on arrive à des résultats singuliers : un volume de format in-4, par exemple, se trouve être plus petit qu’un volume de format in-8, un in-8 plus petit qu’un in-12, etc. (in-4 écu = 0,20 × 0,26 ;

Le Livre, tome III, p. 093-107

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 93.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 93 [107]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95 [109]. Source : Internet Archive.

in-8 colombier = 0,225 × 0,315 ; in-8 écu = 0,13 × 0,20 ; in-12 jésus = 0,138 × 0,233 ; etc.).

Convenons donc d’attribuer, dans la suite de cette étude, et pour la clarté de notre texte, une signification nette et précise aux termes que nous emploierons, des dimensions certaines et invariables aux formats que nous mentionnerons.

L’in-4 sera pour nous de l’in-4 cavalier et aura pour dimensions 0,23 × 0,31 ;

L’in-8 sera de l’in-8 cavalier = 0,155 × 0,23 ;

L’in-18, de l’in-18 jésus = 0,117 × 0,183 : comme le fait observer M. Émile Bos­quet[093.1], cet in-18 est synonyme d’in-16 Hachette et d’in-12 Charpentier ;

Enfin l’in-32 sera de l’in-32 jésus = 0,088 × 0,138.

Voici d’ailleurs, pour faciliter toute recherche et prévenir toute éventualité, le tableau des principaux formats des principales sortes de papiers employées en librairie, avec leurs dimensions exprimées en mesures métriques[093.2] :

[III.107.093]
  1.  Barèmes ou Devis de travaux de reliure, Annexe : Tableau des formats en usage dans la librairie française. — Ce tableau, où sont tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen de déterminer immédiatement le format d’un livre ; il suffit d’appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du format qui s’y rapporte ; le nom et les dimensions sont inscrits sous l’une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres donnés par M. Émile Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.  ↩
  2.  Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans le format que l’on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 une seule fois, pour connaître la dimension du format in-folio colombier on divisera par 2 le nombre 0,90, et l’on aura : 0,63 × 0,45, ou, puisque, comme nous l’avons dit, page 51, il est de règle de placer le plus petit nombre le premier : 0,45 × 0,63. La feuille in-4 étant pliée en 2 d’un côté et en 2 de l’autre (4 = 2 × 2). le format in-4 colombier sera de (0,63 : 2 et 0,90 : 2) 0,315 × 0,45. La feuille in-8 étant pliée en 4 d’un côté et en 2 de l’autre (8 = 4 × 2), le format in-8 colombier sera de (0,90 : 4 et 0,63 : 2) 0,225 × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d’un côté et en 3 de l’autre (12 = 4 × 3), le format in-12 colombier sera de (0,63 : 4 et 0,90 : 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 était pliée en 6 d’un côté et en 2 de l’autre, on calculerait de même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 d’un côté et en 3 de l’autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format in-18 jésus (0,70 : 6 et 0,55 : 3) 0,117 × 0,183 ; etc. Pour tout ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes dispositions des pages dans les châssis selon les formats, c’est-à-dire l’imposition, voir Théotiste Lefevre, Guide pratique du compositeur, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux graphiques d’impositions. Voir aussi Daruty de Grandpré, Vade-Mecum du bibliothécaire, Instruction raisonnée sur le format des livres, pp. 27-64. — Nous rappelons ce que nous avons dit, page 52 (Tableau des papiers), que le format actuel de la couronne servant aux labeurs (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × 0,46).  ↩

Le Livre, tome III, p. 094-108

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 94.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 94 [108]. Source : Internet Archive.
FormatsColombier
0,63 × 0,90
Grand jésus
0,56 × 0,76
Jésus
0,55 × 0,70
Raisin
0,50 × 0,65
Cavalier
0,46 × 0,62
Carré
0,45 × 0,56
Écu
0,40 × 0,52
Couronne
0,37 × 0,47
In-folio0,45 × 0,630,38 × 0,560,35 × 0,550,325 × 0,500,31 × 0,460,28 × 0,450,26 × 0,400,235 × 0,37
In-quarto0,315 × 0,450,28 × 0,380,275 × 0,350,25 × 0,3250,23 × 0,310,225 × 0,280,20 × 0,260,185 × 0,235
In-octavo0,225 × 0,3150,19 × 0,280,175 × 0,2750,162 × 0,250,155 × 0,230,14 × 0,2250,13 × 0,200,118 × 0,185
In-douze0,158 × 0,300,14 × 0,2530,138 × 0,2330,125 × 0,2170,115 × 0,2070,113 × 0,1870,10 × 0,1730,09 × 0,157
In-seize0,158 × 0,2250,14 × 0,190,138 × 0,1750,125 × 0,1620,115 × 0,1550,113 × 0,140,10 × 0,130,09 × 0,118
In-dix-huit0,15 × 0,210,127 × 0,1870,117 × 0,1830,108 × 0,1660,103 × 0,1530,09 × 0,150,066 × 0,1330,078 × 0,123
In-vingt-quatre0,105 × 0,2250,093 × 0,190,092 × 0,1750,083 × 0,1620,077 × 0,1550,075 × 0,140,067 × 0,130,062 × 0,118
In-trente-deux0,113 × 0,1580,095 × 0,140,088 × 0,1380,081 × 0,1250,078 × 0,1150,07 × 0,1130,065 × 0,100,059 × 0,09

Le Livre, tome III, p. 095-109

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95 [109]. Source : Internet Archive.

Chaque première page d’une feuille porte, dans sa partie inférieure de droite, sous la dernière ligne ou

Le Livre, tome III, p. 096-110

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 96.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 96 [110]. Source : Internet Archive.

ligne de queue, un chiffre, dit signature, qui indique le numéro de cette feuille. La ligne où se trouve ce chiffre se nomme ligne de pied, par opposition à la ligne de tête, qui est la ligne du sommet de la page, au-dessus même de la première ligne de texte, et où figurent le numéro ou folio de cette page et le titre cou­rant[096.1]. Dans les pages sans signature, la ligne de pied est uniquement formée, comme nous le verrons plus loin, en parlant de l’Impres­sion[096.2], d’une pièce de métal ou « garniture » appelée lingot, destinée à renforcer les autres lignes et la page entière.

Au lieu de chiffres, on employait autrefois comme signatures les lettres de l’alphabet : A, B, C, D… ; puis, quand la série des lettres était épuisée, on les doublait : AA, BB, CC, DD[096.3] ; et l’on mettait, en outre, au-dessous de la dernière ligne de chaque feuille, à droite, le premier mot de la feuille suivante, toujours afin de faciliter le classement des feuilles, l’assemblage. Ce premier mot, ainsi placé en vedette au bas de la dernière page, s’appelait la réclame. On a fini par la supprimer, considérant qu’elle faisait double emploi avec la signature.

[III.110.096]
  1.  Sur ce terme, voir infra, p. 211. n. 2.  ↩
  2.  Page 165.  ↩
  3.  Auparavant, au lieu, dans ce cas, de doubler les lettres, on les retournait ; au lieu de AA, on avait Lettre A vertie ; au lieu de BB, Lettre B vertie, etc. Ces lettres retournées portaient le nom de lettres verties, et l’ « on prétend que le proverbe : un bon averti (A verti) en vaut deux, tire de là son origine ». (E. Desormes et A. Basile, Dictionnaire des arts graphiques, t. I, p. 271.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 097-111

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 97.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 97 [111]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98 [112]. Source : Internet Archive.

La signature permet, ou plutôt devrait permettre, de déterminer facilement le format d’un livre.

Puisque nous savons, par exemple, que l’in-4 a sa feuille pliée de façon à donner 8 pages, il est clair que la deuxième feuille commencera à la page 9 (8 + 1) et que c’est au bas de cette page 9 que figurera la signature 2. Le chiffre 3 se trouvera de même au bas de la page 17 (8 + 8 + 1) ; le 4, au bas de la page 25 (8 + 8 + 8 + l) ; etc.

De même, l’in-8 comprenant 16 pages, la signature 2 se trouvera au bas de la page 17 (16 + 1) ; la signature 3, au bas de la page 33 (16 + 16 + 1) ; la signature 4, au bas de la page 49 ; etc.

Mais les feuilles destinées à fournir beaucoup de pages, à fournir, pour préciser, des formats plus petits que l’in-8, ne se plieraient pas aisément en un aussi grand nombre de fois, surtout si le papier était un peu fort, on le comprend de reste ; elles renfleraient, gondoleraient, auraient trop gros dos, et se prêteraient difficilement au brochage ou à la reliure[097.1]. Parfois même l’imposi­tion[097.2], permettant, après le

[III.111.097]
  1.  Cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 327.  ↩
  2.  Imposer une feuille, c’est, comme nous venons de le voir (p. 91, n. 1), placer dans un châssis les pages de cette feuille, en les disposant de telle sorte que, lorsque ladite feuille est imprimée et pliée, ses pages se suivent dans leur ordre numérique. Au début de l’imprimerie, l’imposition était des plus simples, ou plutôt elle n’existait pas et ne pouvait exister, puisque, par suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc l’exemple des copistes ; ils pliaient en deux un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple ; la feuille 1 était formée des deux premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12) ; la feuille 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1 ; et la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à droite, la lettre A ; les cahiers suivants recevaient respectivement pour signatures les lettres B, C, D…. En outre, afin d’éviter les confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées d’un numéro d’ordre en chiffres romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier cahier portait Aj ; la 3e page Aij ; la 5e Aiij ; la 7e Aiiij ou Aiv. On avait de même pour le deuxième cahier ; Bj, Bij, Biij, Biiij ou Biv, etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes : A, A2, A3, A4, etc. (Cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 285 ; et Daruty de Grandpré, op. cit., p. 25. n. 1.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 098-112

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98 [112]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99 [113]. Source : Internet Archive.

tirage, de plier la feuille dans l’ordre numérique des pages, ne pourrait pas s’effectuer. On sectionne donc ces feuilles, on les partage en cahiers, en car­tons[098.1] ou

[III.112.098]
  1.  Les cartons ou encarts portent quelquefois, dans certains cas, — par exemple, quand ils sont plus longs que larges, et forment une sorte de bande, comme dans l’in-18 en deux cahiers, — le nom de feuilletons. (Cf. id., op. cit., p. 20.) On donne encore le nom de cartons à des feuilles supplémentaires d’impression qu’on est quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d’un livre qui contiennent soit des erreurs qu’on veut réparer, soit des passages qu’on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut n’avoir besoin d’apporter des modifications que dans une seule page, de ne changer qu’une ligne ou qu’un mot : cette page réimprimée (et qui forme un feuillet naturellement, puisqu’elle comprend un recto et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s’appelle onglet (cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 110), du nom de la mince bande de papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf. infra, pp. 350-351). Enfin, on donne aussi le nom de cartons aux cartes de détail placées dans les angles d’une grande carte géographique.  ↩

Le Livre, tome III, p. 099-113

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99 [113]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 100.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 100 [114]. Source : Internet Archive.

encarts, qui tous nécessairement portent aussi une signature, afin qu’on puisse les classer et assembler, d’où une nouvelle cause de confusion pour la détermination du format. Chaque feuille d’un volume in-12, par exemple (24 pages), au lieu d’être entière, pourra se composer de deux cahiers, l’un in-8 (16 pages) et l’autre in-4 (8 pages), recevant chacun une signature. Chaque feuille d’un volume in-18 (36 pages) pourra se faire en deux cahiers, l’un in-12 (24 pages) et l’autre in-6 (12 pages) ; — ou bien en trois cahiers de 12 pages chacun et ayant tous les trois leur signature propre. Souvent même ces divisions sont encore plus compli­quées[099.1]. Ajoutons

[III.113.099]
  1.  Nous ne donnerons (pp. 103 et suiv.) que trois spécimens d’imposition ; celle d’une feuille in-8 : — « l’in-8 est l’unité principale du format ; le sous-multiple est l’in-folio, et les multiples sont l’in-16, l’in-32, l’in-48, l’in-72 et l’in-96 ; c’est l’imposition la plus couramment employée : elle se compose de quatre in-folio encartés » (Émile Leclerc, op. cit., p. 317) ; — et celle d’une feuille in-18, d’abord en deux cahiers séparés, l’un de 24 pages et l’autre de 12 pages (cahiers avec coupure et encart dedans), puis en trois cahiers égaux, c’est-à-dire de 12 pages chacun (avec coupure et encart dedans). Comme on le verra dans la légende (p. 103), le pliage de la feuille in-8 est des plus simples. Quant à celui des deux feuilles in-18 (pp. 104 et 105), il a nécessité des explications, inévitablement compliquées et ardues, que je me suis efforcé de rendre aussi intelligibles que je l’ai pu. Cette question de l’imposition, qu’il m’était impossible de ne pas aborder en parlant du « Format », est d’ailleurs tout à fait spéciale et technique, et elle appartient plutôt à un traité de typographie qu’à une étude d’ensemble comme la nôtre, un guide ou manuel dédié aux amis des livres. Pour plus de développements sur ce point, nous renverrons donc aux ouvrages de Théotiste Lefevre, de Daupeley-Gouverneur, de Desormes, d’Émile Leclerc, d’Henri Fournier, etc. Rien que pour le format in-18, Théotiste Lefevre (op. cit., t. I, pp. 374-384) indique treize modes différents d’imposition ; M. Émile Leclerc (op. cit., pp. 327 et suiv.) en donne sept : 1º en 1 cahier sans coupure ; 2º en 1 cahier avec coupure en longueur ; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur ; 4º en 2 cahiers, chacun sans coupure ; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans ; 6º en 3 cahiers, chacun sans coupure ; 7º en 3 cahiers avec coupure et carton dedans.  ↩

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