Le Livre, tome I, p. 016-040

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 16.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 16 [040]. Source : Internet Archive.

qu’on fait pour se procurer des livres ; mais cette dépense ne me paraît judicieuse que si elle n’est pas poussée à l’excès. A quoi sert une incalculable quantité de volumes, dont le maître pourrait à peine, dans toute sa vie, lire les titres ? Cette masse d’écrits surcharge plutôt qu’elle n’instruit, et il vaut bien mieux s’en tenir à un petit nombre d’auteurs que d’en parcourir des milliers…. Chez la plupart, chez des gens qui n’ont même pas l’instruction d’un esclave, les livres, au lieu d’être des moyens d’étude, ne font que servir d’ornement à des salles de festin. Achetons des livres pour le besoin seulement, jamais pour l’étalage….

« C’est un vice en tout que l’excès. Y a-t-il à excuser l’homme qui agence le citre[001.1] et l’ivoire en bibliothèque, qui va cherchant partout les œuvres bien complètes de tel auteur inconnu ou méprisé, et devant ses milliers de volumes, bâille, admirant par-dessus tout les tranches et les titres ? Aussi est-ce chez les moins studieux que tu verras tout ce qu’il y a d’orateurs et d’historiens, et des cases superposées du plancher au plafond ; jusque dans les bains

[I.040.016]
  1.  « Armarium citro atque ebore aptanti », leçon donnée, dans sa traduction, par Baillard, qui ajoute en note (p. 533) : « Le citre est ce thuya d’Algérie dont on fait des meubles si élégants. » Nous verrons plus loin (p. 62) M. Lecoy de la Marche traduire citrus par « sorte de cyprès venant d’Afrique ». Nisard donne, dans sa traduction de Sénèque (p. 319), une leçon différente : « cedro atque ebore », le cèdre et l’ivoire.  ↩

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