Le Livre, tome I, p. 270-294

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 270.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 270 [294]. Source : Internet Archive.

d’abord Toussaint, l’ex-janséniste devenu encyclopédiste ; puis Helvétius, Diderot ensuite, enfin Boulanger et Jean-Jacques Rousseau[270.1].

Alfieri (1749-1803), le grand poète tragique italien, cite, parmi les livres qui firent sur lui, dans sa jeunesse, le plus d’impression, et eurent le plus d’action sur lui, les Vies de Plutarque et les Essais de Montaigne. Voici ce qu’il dit à ce sujet, dans ses Mémoires[270.2] : « … Pour moi, le livre des livres, celui qui, pendant cet hiver, me fit passer bien des heures de ravissement et de béatitude, ce fut Plutarque, et ses vies des vrais grands hommes. Il en est, celles, par exemple, de Timoléon, de César, de Brutus, de Pélopidas, de Caton, et d’autres encore, que je relus jusqu’à quatre et cinq fois, avec un tel transport de cris, de larmes et parfois de colère, que, s’il y avait eu quelqu’un à m’écouter dans la chambre voisine, on n’eût pas manqué de me croire fou. Souvent, à la lecture de quelques beaux traits de ces grands hommes, je me levais tout hors de moi, et des pleurs de rage et de douleur jaillissaient de mes yeux[270.3], à la seule idée que j’étais né en

[I.294.270]
  1.  Peignot, op. cit., t. I, pp. 382-383.  ↩
  2.  Pages 131-132 et 136-137, trad. Antoine de Latour. (Paris, Charpentier, 1840.)  ↩
  3.  Cf. supra, pp. 166-167, Vauvenargues lisant les Vies de Plutarque : « J’en étais fou… je pleurais de joie, lorsque je lisais ces Vies ; je ne passais point de nuit sans parler à Alcibiade, Agésilas et autres » ; etc.  ↩

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