Le Livre, tome II, p. 008-024

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 008.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 008 [024]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 009.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 009 [025]. Source : Internet Archive.

n’est pas un état bien agréable, mais l’assurance est un état ridicule[008.1]. »

De Mirabeau (1749-1791) : « Mais enfin que penses-tu ? me dira peut-être Sophie. Y a-t-il un

[II.024.008]
  1.  Voltaire renouvelle fréquemment cette constatation de l’irrémédiable et foncière ignorance humaine : « … Comment donc sommes-nous assez hardis pour affirmer ce que c’est que l’âme ? Nous savons certainement que nous existons, que nous sentons, que nous pensons. Voulons-nous faire un pas au delà, nous tombons dans un abîme de ténèbres ; et, dans cet abîme, nous avons encore la folle témérité de disputer si cette âme, dont nous n’avons pas la moindre idée, est faite avant nous ou avec nous, si elle est périssable ou immortelle. » Etc. (Dictionnaire philosophique, art. Ame ; t. I, pp. 76-77.) « … Il y a des gens qui ont résolu toutes ces questions. Sur quoi un homme d’esprit et de bon sens disait un jour d’un grave docteur : « Il faut que cet homme-là soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu’on lui demande. » (Op. cit., art. Annales ; t. I, p. 108.) « … Vous me demandez comment le penser et le vouloir se forment en vous. Je vous réponds que je n’en sais rien. Je ne sais pas plus comment on fait des idées, que je ne sais comment le monde a été fait. Il ne nous est donné que de chercher à tâtons ce qui se passe dans notre incompréhensible machine. » (Op. cit., art. Franc Arbitre ; t. I, p. 407.) « Les gens de lettres qui ont rendu le plus de services… sont les lettrés isolés, les vrais savants renfermés dans leur cabinet, qui n’ont ni argumenté sur les bancs des universités, ni dit les choses à moitié dans les académies ; et ceux-là ont presque tous été persécutés. Notre misérable espèce est tellement faite, que ceux qui marchent dans le chemin battu jettent toujours des pierres à ceux qui enseignent un chemin nouveau. » (Op. cit., art. Lettres, Gens de lettres ; t. I, p. 507.) « Après les assertions des anciens philosophes,… que nous reste-t-il ? un chaos de doutes et de chimères. Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un philosophe à système qui n’ait avoué à la fin de sa vie qu’il avait perdu son temps. Il faut avouer que les inventeurs des arts mécaniques ont été bien plus utiles aux hommes que les inventeurs des syllogismes : celui qui imagina la navette l’emporte furieusement sur celui qui imagina les idées innées. » (Op. cit., art. Philosophie ; t. I, p. 577.)  ↩

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