Le Livre, tome III, p. 048-062

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 48.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 48 [062]. Source : Internet Archive.

Mais que penser des industriels qui, pour se singulariser, dans l’espoir de provoquer la curiosité, s’avisent de tirer leurs ouvrages sur papier rose ou rouge vif[048.1] ? Rien de plus pernicieux pour la vue que les papiers rouges ; la lecture d’une simple demi-page de cette couleur laisse dans la rétine des tremblements, des papillotages, qui, de l’aveu unanime des oculistes, peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences. Il y a quelques années, un éditeur, déterminé à brusquer le succès, entreprit le lancement d’une collection de mignons petits in-i6, imprimés sur papier rose, papier « cuisse de nymphe ».

« Je sais bien, disait-il avec une aimable désinvolture, que je risquerais d’abîmer les yeux de mes clients, si ces braves gens commettaient l’imprudence

[III.062.048]
  1.  Il est des auteurs qui ont fait effectuer de ces tirages baroques uniquement pour s’amuser et par plaisanterie. « M. Étienne Guyard, auteur d’une Histoire du Monde, son évolution et sa civilisation (Paris, Société d’éditions scientifiques, 1894 ; in-8, ix-690 pages) déclare avoir fait imprimer son livre sur papier rose, afin que le lecteur puisse voir tout en rose. » (L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 avril 1902, col. 535-536.) Henri de Bornier fait tirer dix exemplaires de son drame Franced’abord ! « sur papier rouge, pour les militaires ». (Catalogue de la librairie Dorbon aîné, novembre-décembre 1903, nº 5919.) « Caraccioli, le Livre des quatre couleurs ; Aux quatre éléments, Imprimerie des quatre saisons (Duchesne, 1760, in-12) ; ouvrage imprimé en quatre couleurs… » (Catalogue de la librairie Lucien Dorbon, 15 juillet 1904, nº 807.)  ↩

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