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Le Livre, tome I, p. 008-032

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 8.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 8 [032]. Source : Internet Archive.

preuve que, même en fraudes bibliographiques, il n’y a rien de nouveau sous le soleil[008.1].

Ce fut Ptolémée II, — surnommé Philadelphe, soit, par ironie, parce qu’il assassina ses frères, soit parce qu’il épousa sa sœur, — qui fit traduire en grec les livres sacrés des Hébreux, traduction qui, effectuée par soixante-dix savants, reçut le nom de version des Septante. Cette traduction de la Bible en grec a été, selon la remarque de M. Havet[008.2], « un des plus grands événements de l’histoire, car elle a rendu possible la propagation du judaïsme parmi les Gentils et l’avènement du christianisme ».

La bibliothèque d’Alexandrie, qui, au dire d’Aulu-Gelle et d’Ammien Marcellin, compta jusqu’à sept cent mille volumes, ne fut pas brûlée par le chef musulman Omar ou par ses ordres, comme le veut une tradition. C’est là une grosse erreur historique. Lors de la prise d’Alexandrie par les Arabes, en 640, cette bibliothèque n’existait plus. Du temps des Ptolémées, elle avait fini par devenir si considérable qu’on l’avait partagée en deux sections disposées dans deux locaux séparés. L’une de ces sections fut incendiée accidentellement lorsque Jules César s’empara d’Alexandrie, en l’an 47 avant Jésus-Christ ; et la seconde, qui se trouvait dans le temple de Sérapis, fut détruite par l’évêque Théophile, quatre cents ans

[I.032.008]
  1.  Cf. Louis Ménard, Histoire des Grecs, t. II, p. 774.  ↩
  2.  Ap. Id., op. cit., t. II, p. 778.  ↩