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Le Livre, tome I, p. 305-329

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 305.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 305 [329]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 306.
Pour suite de texte : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 306 [330]. Source : Internet Archive.

Le Livre, tome I, p. 068-092

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 68.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 68 [092]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 69.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 69 [093]. Source : Internet Archive.

usage longtemps avant l’ère vulgaire, on s’en est encore servi longtemps après. Saint Boniface, apôtre d’Allemagne, nous apprend, dans une de ses lettres (la septième), que les styles d’argent étaient encore à la mode au viiie siècle. Nous avons vu précédemment que leur usage s’est prolongé bien au delà de ce siècle, puisque les tablettes de cire étaient encore employées au xve[068.1]. »

Durant ce long intervalle, le style est plus d’une fois devenu une arme dangereuse, s’est plus d’une fois transformé en stylet. « César, se défendant, en plein sénat, aux ides de mars, contre ses assassins, perça le bras de Cassius avec son style, graphio trajecit, dit Suétone[068.2]. Caligula, désirant la mort d’un sénateur, suborna des gens pour l’attaquer comme ennemi public, et le malheureux fut massacré à coups de styles[068.3]. Un chevalier romain, dit Sénèque[068.4], fut également massacré sur la place publique par les styles du peuple, pour avoir tué son fils à coups de fouet. Saint Cassien, maître d’école à Imola, en Italie, fut martyrisé, vers le ive siècle, à coups de style, par ses écoliers[068.5]. Du temps de Martial[068.6],

[I.092.068]
  1.  Peignot, op. cit., pp. 74-75.  ↩
  2.  Jules César, 82.  ↩
  3.  Suétone, Caïus Caligula, 28.  ↩
  4.  De la Clémence, I, 14.  ↩
  5.  Prudence, ap. Peignot, op. cit., p. 75.  ↩
    •  Hæc tibi erunt armata suo graphiaria ferro :
      Si puero dones, non leve munus erit.

     « A vous cet étui garni de styles de fer : si vous le donnez à un enfant, vous ne lui ferez pas un mince cadeau. » (Martial, XIV, 21, trad. Nisard, p. 549.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 022-046

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 22.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 22 [046]. Source : Internet Archive.

notables » à la louange des livres, que « Démétrius de Phalère conseilloit au roi Ptolémée d’acheter et lire les livres qui traitent du gouvernement des royaumes et seigneuries ; car ce que les mignons de cour n’osent dire à leurs princes est écrit dans ces livres-là[022.1] ».

« Il y a deux avantages qu’on peut retirer du commerce avec les anciens : l’un est de s’exprimer avec élégance, l’autre d’apprendre à faire le bien par l’imitation des meilleurs modèles, et à éviter le mal, » écrit Lucien de Samosate (120-200 ?), dans sa virulente satire Contre un ignorant bibliomane[022.2]. Et il se raille de ce fat « qui croit en imposer par le nombre de ses livres » : « … Tu peux les prêter à d’autres, mais tu n’en saurais faire usage. Et cependant tu n’en as jamais prêté à qui que ce soit ; tu es comme le chien qui, couché dans l’écurie, et ne pouvant manger d’orge, ne permet pas au cheval d’en prendre, lui qui peut en manger[022.3]. » Etc.

On rencontre ailleurs encore, dans Catulle (86 av. J.-C.-..), dans Horace (64 av. J.-C.-8 ap. J.-C), dans Ovide (45 av. J.-C.-17 ap. J.-C.), dans Martial (43-104 ap. J.-C.), dans Suétone (65-135), dans Aulu-Gelle (iie siècle), dans Athénée (iiie siècle), etc., plus d’une utile réflexion et d’une judicieuse sen-

[I.046.022]
  1.  Œuvres morales, les Dicts notables, etc., trad. Amyot, t. X, p. 61.  ↩
  2.  XVII ; trad. Talbot, t. II, p. 278. (Paris, Hachette, 1866.)  ↩
  3.  XXVIII ; t. II, p. 283.  ↩