Mot-clé - Tacite (historien)

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Le Livre, tome I, p. 305-329

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 305.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 305 [329]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 306.
Pour suite de texte : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 306 [330]. Source : Internet Archive.

Le Livre, tome I, p. 037-061

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 37.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 37 [061]. Source : Internet Archive.

ses plaintes fréquentes sur la pénurie de ses finances, ni Juvénal, dans la satire sur la misère des gens de lettres[037.1], ne songent à accuser les libraires. Dans les relations de ces derniers avec les auteurs, la part de chacun était faite : au libraire l’argent, à l’écrivain la gloire. Ce partage est clairement exprimé dans ces vers de l’Art poétique d’Horace :

Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci,
Lectorem delectando, pariterque monendo.
Hic meret æra liber Sosiis : hic et mare transit,
Et longum noto scriptori prorogat ævum[037.2].

« Et Tacite, dans son Dialogue sur les orateurs[037.3] : « Les vers, dit-il, ne conduisent point aux honneurs, ils ne mènent point à la fortune ; tout leur fruit se borne à un plaisir court, à des louanges frivoles et stériles. » « Et plus bas[037.4] : « La renommée, à

[I.061.037]
  1.  Satire VIII.  ↩
  2.  « Pour enlever tous les suffrages, mêlez l’utile à l’agréable ; amusez en instruisant. Voilà l’ouvrage qui fait la fortune des Sosie (du libraire) ; l’ouvrage qui passe même au delà des mers, et fait vivre l’auteur dans la postérité. » (Art poétique, vers 343-346, trad. Panckoucke, p. 361. (Paris, Garnier, 1886.) « Les vers d’Horace ont immortalisé le nom des Sosie, dont la boutique était sur le forum de César, près des temples de Vertumne et de Janus ». (Géraud, op. cit., pp. 174-175.) Il a déjà été question d’eux précédemment (pp. 23-24).  ↩
  3.  « Nam carmina et versus… neque dignitatem ullam auctoribus suis conciliant, neque utilitates alunt : voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. » (Dialogus de Oratoribus, ix. Tacite, édit. Dureau de Lamalle, t. III, pp. 407-408. Paris, Lefèvre, 1846.)  ↩
  4.  Chap. x, p. 410.  ↩

Le Livre, tome I, p. 034-058

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 34.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 34 [058]. Source : Internet Archive.

personnages à qui rien ne coûtait pour se produire. Louer à grands frais une maison, des bancs et des chaises, et disposer une salle en amphithéâtre, briguer des auditeurs, répandre des annonces, s’épuiser enfin en démarches et en frais de tout genre[034.1], telles étaient les conditions auxquelles on se soumettait pour un triomphe d’un instant.

« On ne peut, sans un vif sentiment d’intérêt et de curiosité, lire, dans les poètes satiriques de l’époque, et les prétentions des auteurs, et leurs minauderies devant le public, et les précautions prises d’avance pour se ménager un succès. Nous ne sommes plus alors dans la Rome d’Auguste ; on dirait que Martial, Perse et Juvénal ont deviné nos vanités de salon et nos intrigues de coulisses. »

Ainsi conclut l’auteur de l’Essai sur les livres dans l’antiquité, qui est mort il y a plus d’un demi-siècle, et n’a pu constater, par conséquent, tous les progrès accomplis par nous dans cette voie, et combien il a eu raison de comparer nos mœurs à celles de la Rome impériale.

Une question, qui, comme celle des lectures publiques, se rattache aux libraires de l’ancienne Rome, c’est celle des rapports des auteurs avec ces commerçants, c’est la question des droits d’auteur.

Ces droits, disons-le tout de suite, n’existaient pas.

[I.058.034]
  1.  Juvénal, Satires, VII, 45 ; et Tacite, Dialogue sur les orateurs, ix. (Ap. Géraud, op. cit., p. 192.)  ↩