Le Livre, tome III, p. 114-128

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 114.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 114 [128]. Source : Internet Archive.

Et plus loin, vers la fin du même Manuel[114.1] :

« Si un amateur ne voulait posséder qu’une collection choisie de 300 volumes, je lui conseillerais de tâcher de la former entièrement d’ouvrages de même format, et de prendre l’in-8[114.2]. »

Peignot va même jusqu’à souhaiter qu’il n’y eût plus au monde qu’une seule espèce de format[114.3], « je veux dire l’in-8 : il est le plus commode, le plus apparent et le plus décent, si j’ose me servir de ce terme ; il tient le milieu entre l’in-folio et l’in-4, d’une part, et entre l’in-12 et l’in-18 de l’autre ; il les remplacerait avec avantage. Quant aux planches, cartes géographiques, gravures et tableaux imprimés, qui, trop grands ou trop volumineux, ne pourraient entrer dans ce format, on en formerait des atlas de hauteur uniforme. Alors les bibliothécaires n’auraient pas le désagrément de voir deux ouvrages (qui, dans l’ordre bibliographique, doivent se suivre), être séparés par plusieurs rayons, par la

[III.128.114]
  1.  Tome II, p. 421.  ↩
  2.  Constantin est moins exclusif : « Celui, écrit-il, qui veut se former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille collection, d’une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de bibliothèque élégant, fait un très joli objet d’ameublement, et est d’un usage commode. Il n’est pas difficile de trouver dans la librairie un bon choix d’ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés d’une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18. » (Bibliothéconomie, p. 48.)  ↩
  3.  Un seul format ! Un beau rêve, que tout collectionneur de livres a souvent dû faire, — mais rien qu’un rêve, hélas !  ↩

Le Livre, tome III, p. 113-127

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 113.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 113 [127]. Source : Internet Archive.

pour les recueils de poésies, que nous imprimons à présent, au contraire, en volumes de menues et coquettes dimensions, en in-18 ou in-24[113.1].

Mais l’in-8 ne tarda pas à triompher, et il n’est pas de bibliographe de la première moitié du xixe siècle qui ne le prône et ne le recommande. L’érudit et consciencieux Gabriel Peignot notamment insiste maintes fois sur les mérites de l’in-8 :

« Nous citons de préférence les éditions in-8, écrit-il dans son Manuel du biblio­phile[113.2], parce que ce format, tenant le milieu entre les plus grands et les plus petits, nous paraît le plus décent, le plus convenable, le plus propre à former une bibliothèque qui présente un aspect régulier ; d’ailleurs, l’in-8 est ordinairement imprimé en caractères assez forts pour ne point fatiguer les vues faibles. »

[III.127.113]
  1.  Ludovic Lalanne, op. cit., p. 293. Sur l’influence des livres de petit format, des « livres portatifs » et à bon marché, bien supérieure à celle des coûteux in-folio, Voltaire écrit : « L’inquisition sur les livres est sévère : on me mande que les souscripteurs n’ont point encore le Dictionnaire encyclopédique…. Je voudrais bien savoir quel mal peut faire un livre qui coûte cent écus. Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si l’Évangile avait coûté douze cents sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie. » (Voltaire, lettre à d’Alembert, 5 avril 1765 : Œuvres complètes, t. VI, p. 720 ; Paris, édit. Du journal le Siècle, 1869.) Cf. aussi P.-L. Courier, Pamphlet des pamphlets : Œuvres, pp. 237 et s. (Paris, Didot, 1865 ; in-18.)  ↩
  2.  Tome II, p. 130.  ↩

Le Livre, tome III, p. 112-126

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 112.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 112 [126]. Source : Internet Archive.

que deux francs et demi, valeur actuelle, et remplaçaient avantageusement les in-folio, qui coûtaient dix fois plus et qu’on ne pouvait lire que sur un pupi­tre[112.1] ». Un privilège de dix ans fut accordé à Alde, le 13 novembre 1502, par le sénat de Venise, pour lui garantir l’emploi exclusif de ce format. Ce privilège lui fut renouvelé, le 17 décembre de la même année, par le pape Alexandre VI, puis maintenu pour quinze ans par le pape Jules II, en 1513, et confirmé par Léon X, dès la première année de son pontificat, le 28 novembre 1513, « … le tout sous les peines d’excommunication et d’amende de cinq cents ducats d’or envers les contrefac­teurs[112.2] », ce qui n’empêcha d’ailleurs pas les imitations et contrefaçons de se produire en grand nombre, en Italie aussi bien qu’en France.

Au xviie siècle, et en dépit du succès des elzeviers, les gros et grands volumes étaient encore les plus appréciés. « Leurs formats et leurs caractères (des elzeviers) étaient trop petits », remarque très justement M. Henri Bouchot[112.3].

Nous voyons au xviiie siècle le format in-4 employé de préférence par les imprimeurs de Hollande, même

[III.126.112]
  1.  Ambroise Firmin-Didot, Essai sur la typographie, col. 644.  ↩
  2.  G.-A. Crapelet, Études pratiques et littéraires sur la typographie, pp. 65 et suiv. Cf. aussi Ambroise Firmin-Didot, op. cit., ibid.  ↩
  3.  Op. cit., p. 170.  ↩

Le Livre, tome III, p. 111-125

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 111.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 111 [125]. Source : Internet Archive.

Les livres de format inférieur à l’in-4, les in-8 ou in-12, étaient surtout alors des livres de piété, des « livres d’heures ».

Il est juste cependant de reconnaître que l’in-8, dont l’origine est attribuée à Alde Manuce, — l’inventeur de la lettre italique, dite aussi et par suite aldine, qu’une légende affirme avoir été exactement copiée sur l’écriture de Pétrar­que[111.1], — avait de toutes parts rencontré bon accueil. « Le public accueillit avec empressement et reconnaissance un format portatif et économique, réunissant presque autant de matière qu’un in-4 ou un in-folio. Ces charmants volumes, que l’on pouvait emporter dans sa poche, à la promenade ou en voyage, ne coûtaient

[III.125.111]
  1.  Cf. Henri Bouchot, le Livre, l’Illustration, la Reliure, p. 110, qui ajoute que ces caractères avaient été gravés par François de Bologne. Dans ces derniers temps, on a même fait de ce graveur l’inventeur de la lettre italique, à l’exclusion d’Alde Manuce : « M. Th. Baudoire, l’érudit fondeur en caractères, a prouvé, par des documents incontestables, que la paternité de ce type (l’italique) appartient à François de Bologne ». (Émile Javal, Physiologie de la lecture et de l’écriture, p. 20, n. 2.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 110-124

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 110.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 110 [124]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 111.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 111 [125]. Source : Internet Archive.

plus appréciés du public semblent avoir été toujours en décroissant.

L’in-folio et l’in-4 étaient, sauf exceptions, les formats des premiers livres, des incuna­bles[110.1], et, malgré les admirables petits in-8 d’Alde Manuce et de Sébastien Gryphe, les savants du xvie siècle tenaient en mépris tous les volumes qui n’avaient pas les plus grandes dimen­sions[110.2]. On jugeait alors en quelque sorte de la valeur d’un ouvrage d’après son ampleur et sa taille.

Scaliger, au dire du passionné érudit Adrien Baillet (1649-1706), « raille Drusius pour la petitesse de ses livres ; et J. Morel, l’un des plus grands imprimeurs de son temps, se plaignait au savant Puteanus, rival de Juste Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente, et que les chalands n’en voulaient pas[110.3] ».

[III.124.110]
  1.  « Au début de l’imprimerie, les formats employés étaient généralement l’in-folio et l’in-quarto, et certains auteurs ont supposé qu’aucun livre, avant 1480, n’avait été imprimé sous un format plus petit. » (Trad. de l’Encyclopædia britannica, t. III, p. 652, col. 1.) Néanmoins Gabriel Peignot, dans son Dictionnaire raisonné de bibliologie, art. Format, mentionne des éditions des plus petits formats antérieures à 1480 ; mais on peut considérer ces « petits livres » comme des exceptions.  ↩
  2.  Cf. Ludovic Lalanne, Curiosités bibliographiques, p. 293. Nous avons vu de même (t. II, p. 257) le bibliomane Antoine-Marie-Henri Boulard, à ses débuts surtout, collectionner de préférence des in-4 et des in-folio, « les beaux formats », et dédaigner les in-8, in-12, etc.  ↩
  3.  Id., op. cit., p. 293. Ludovic Lalanne donne bien, en cet endroit, « J. Morel » ; mais, comme l’imprimeur Jean Morel (mort à vingt et un ans : 1538-1559), que l’initiale J. semble désigner, n’a pas été, tant s’en faut, « l’un des plus grands imprimeurs de son temps » (il était bien inférieur en réputation à son frère Guillaume Morel), nous pensons qu’il faut lire Jean Moret (et non Morel), imprimeur et savant du xvie siècle, qui habitait Anvers, avait épousé la seconde fille de Plantin, à qui il succéda, et qui était l’ami de Juste Lipse : cf. Gabriel Peignot, Dictionnaire raisonné de bibliologie, art. Moret (Jean).  ↩

Le Livre, tome III, p. 109-123

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 109.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 109 [123]. Source : Internet Archive.

La Bibliothèque nationale, elle, a adopté cinq formats[109.1] :

1º Grand in-folio (comprenant tous les volumes dépassant 45 centimètres) ;

2º In-folio (comprenant tous les volumes hauts de 45 à 31 centimètres) ;

3º In-quarto (comprenant tous les volumes hauts de 31 à 25 centimètres) ;

4º In-octavo (comprenant tous les volumes hauts de 25 centimètres à 95 millimètres) ;

5º Les nains (comprenant tous les volumes au-dessous de 95 millimètres).

Répétons encore une fois, avec le Congrès international des éditeurs réunis à Berne en 1902, qu’il serait extrêmement désirable que les libraires, dans leurs annonces et leurs catalogues, se décidassent à exprimer en centimètres les dimensions des livres, et à supprimer les anciennes désignations de formats de papier[109.2].

Depuis les débuts de l’imprimerie, les formats les

[III.123.109]
  1.  Renseignement fourni par mon confrère et ami Schalck de la Faverie, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, dont j’ai fréquemment mis à contribution, dans mes travaux bibliographiques, la compétence et l’obligeance. Je le prie de recevoir ici l’expression de mes affectueux remerciements.  ↩
  2.  Voir supra, p. 92, notes ; et la Bibliographie de la France, 19 juillet 1902, II, Chronique, pp. 121-122.  ↩

Le Livre, tome III, p. 108-122

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 108.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 108 [122]. Source : Internet Archive.

très différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu’un in-folio du xvie siècle. L’indication actuelle a donc perdu son ancienne signification, car elle ne répond pas toujours à l’indication de la hauteur du livre ; elle doit être abandonnée pour les désignations suivantes, répondant aux dimensions réelles :

« 1º Grand format (comprenant tous les volumes dépassant 35 centimètres) ;

« 2º Moyen format (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 centimètres) ;

« 3º Petit format (comprenant les volumes au-dessous de 25 centi­mètres)[108.1] ».

M. Léopold Delisle, dans ses Instructions pour la mise et le maintien en ordre des livres d’une bibliothè­que[108.2], conseille quatre formats : 1º les atlas ; 2º les in-folio ; 3º les in-quarto ; 4º les in-octavo et formats inférieurs. « Peuvent être attribués à la série des atlas les volumes dont la taille dépasse 52 centimètres ; — à la série des in-folio, ceux dont la taille est comprise entre 31 et 52 centimètres ; — à celle des in-quarto, ceux dont la taille est comprise entre 25 et 31 centimètres ; — et à la dernière série, les volumes dont la hauteur ne dépasse pas 25 centimètres ».

[III.122.108]
  1.  Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires, ap. Albert Maire, op. cit., p. 433.  ↩
  2.  Léopold Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d’une bibliothèque, p. 13.  ↩

Le Livre, tome III, p. 107-121

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 107.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 107 [121]. Source : Internet Archive.

qu’on appelait jadis un in-folio ; aussi a-ton reconnu partout la nécessité d’adopter, pour déterminer les formats, des règles fixes et invariables, et avec d’autant plus de raison que les papiers varient de grandeur suivant les régions et, dans la même région, suivant les fabriques. Toutefois, les différents pays n’ont pu encore arriver à s’entendre, ce qui serait pourtant très désirable, sur les mesures conventionnelles à adopter…. En France, l’ordonnance ministérielle du 4 mai 1878 a tranché la question en ce qui concerne les bibliothèques universitaires, en établissant les désignations suivantes : 1º Grand format (comprenant tous les volumes dépassant 35 centimètres) ; 2º Moyen format (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 centimètres) ; 3º Petit format (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres). »

Voici, d’ailleurs, le passage textuel de cette circulaire ministérielle à laquelle il vient d’être fait allusion, et à laquelle aussi nous nous référerons souvent :

« Il est inutile de préciser ici les moyens de déterminer chaque format. A l’époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui variaient peu, on reconnaissait le format en comptant les pages de la feuille d’impression. Les désignations d’in-folio, in-quarto, in-octavo, représentaient alors une hauteur fixe. Il n’en est plus de même aujourd’hui que les feuilles d’impression sont de dimensions

Le Livre, tome III, p. 106-120

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 106.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 106 [120]. Source : Internet Archive.

D’après les détails qui précèdent, et que nous aurions pu développer et compléter bien davantage, on voit comme cette question des formats est ardue et compliquée, combien elle est embarrassante. C’est au point que nombre d’éditeurs et de libraires, tantôt par ignorance, tantôt même pour ne pas dérouter le public et l’induire en erreur en lui énonçant la vérité, attribuent à leurs livres d’inexactes désignations de format[106.1].

Les bibliographes modernes ont fréquemment protesté et ne cessent de protester contre ces usages et ces termes surannés. Le docteur Graesel écrit dans son Manuel de bibliothéconomie[106.2] :

« Depuis que, grâce à l’emploi de la machine, on est arrivé à donner au papier des dimensions considérables, les dénominations traditionnelles employées jusqu’ici ont perdu leur raison d’être, une feuille repliée trois ou quatre fois pouvant encore produire un format correspondant, comme dimensions, à ce

[III.120.106]
  1.  Un exemple entre mille et mille : H. de Balzac, le Médecin de campagne ; Paris, Librairie nouvelle, 1858. Au dos de la couverture, ce volume — ainsi que tous ceux de la « Bibliothèque nouvelle » dont il fait partie — est annoncé comme étant du format in-18, et il suffit de l’ouvrir à la page 17 (qui porte la signature 2), à la page 33 (qui porte la signature 3), etc., pour constater qu’il est de format in-16.  ↩
  2.  Page 197.  ↩

Le Livre, tome III, p. 105-119

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 105.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 105 [119]. Source : Internet Archive.
Imposition d’une feuille in-18 en trois cahiers de 12 pages chacun
(avec coupure et encart dedans).
III-119-105-01 Imposition d’une feuille in-18 en trois cahiers. Côté de première
Côté de première.
III-119-105-02 Imposition d’une feuille in-18 en trois cahiers. Côté de deux
Côté de deux.
Pour le pliage de la feuille tirée sur cette forme, plier et couper suivant les pointillés A B, et C D, puis suivant E F, G H et I K. L’encart 3. (pages 29 et 32 de la forme 1, et, au verso, pages 31 et 30 de la forme 2) entre dans le cahier 3 (pages 25, 36, etc.) ; l’encart 2. dans le cahier 2, et l’encart 1. dans le cahier 1, comme tout à l’heure.
— On remarque que les lignes pointillées C D, G H et I K, et, dans la figure précédente, C D, E F, ne se trouvent pas au milieu du blanc ; c’est parce que ce blanc, selon les règles typographiques, doit être plus large du côté du pied des pages (pages 4, 9, 16, etc.) que du côté des têtes (pages 8, 5, 20, etc.).

Le Livre, tome III, p. 104-118

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 104.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 104 [118]. Source : Internet Archive.
Imposition d’une feuille in-18 en deux cahiers séparés,
l’un de 24 pages, et l’autre de 12 pages

(avec coupure et encart dedans).
III-118-104-01 Imposition d’une feuille in-18 en deux cahiers séparés. Côté de première
Côté de première.
III-118-104-02 Imposition d’une feuille in-18 en deux cahiers séparés. Côté de deux
Côté de deux.
Le pliage de la feuille tirée sur cette forme s’effectue ainsi :
Commencer par plier et couper la feuille suivant la ligne pointillée A B, puis suivant C D, et enfin suivant E F. L’encart signé 2. (qui comprend les pages 29 et 32 de la forme 1 ou « côté de première », et, au verso, les pages 30 et 31 de la forme 2 ou « côté de deux ») se place dans le cahier signé 2 (comprenant les pages 25, 36, etc.). De même l’encart 1. (comprenant les pages 9, 16, 13 et 12 de la forme 1, et les pages correspondantes de la forme 2) se placent dans le cahier 1 (pages 1, 24, 21, 4, etc.).

Le Livre, tome III, p. 103-117

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 103.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 103 [117]. Source : Internet Archive.
Imposition d’une feuille in-8.
III-117-103-01 Imposition d’une feuille in-8. Côté de première
Côté de première.
III-117-103-02 Imposition d’une feuille in-8. Côté de deux
Côté de deux.
Pour le pliage de la feuille tirée sur cette forme, où, ainsi que dans les deux figures suivantes, les numéros des folios, afin d’en faciliter la lecture, ne sont pas représentés à l’envers, le folio 3 doit se rabattre sur le folio 2, le folio 5 sur le 4, et enfin le 9 sur le 8.

Le Livre, tome III, p. 102-116

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 102.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 102 [116]. Source : Internet Archive.
III-116-102-01 Forme d’une feuille in-8 (côté de première) : huit pages serrées dans le châssis
Forme d’une feuille in-8 (côté de première) :
huit pages serrées dans le châssis.
A B C D, châssis en fer ; — E F, barre transversale en fer ;
— G H, I K, L M, N O, biseaux en bois ;
— P, Q, R, S, T, U, V, X, Y, Z, coins en bois ;
— a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k,… garnitures en plomb.

Le Livre, tome III, p. 101-115

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 101.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 101 [115]. Source : Internet Archive.
SignaturesFolios des pages signées
c’est-à-dire folios de la première page de chaque feuille ou de chaque cahier dans les formats
In-folio (4 pp.)In-4 (8 pp.)In-8 (16 pp.)In-12 (24 pp.)In-16 (32 pp.)In-18 (36 pp.)In-32 (64 pp.)
En 4 cahiers (de 16 pp. chacun)
En 1 cahierEn 2 cahiers (de 16 et de 8 pp.)En 1 cahier dit in-16 rouléEn 2 cahiers (de 16 pp. chacun)En 1 cahierEn 2 cahiers (de 24 et de 12 pp.)En 3 cahiers (de 12 pp. chacun)
A ou 111111111111
B – 259172517331737251317
C – 3917334925653373372533
D – 413254973419749109613749
E – 5173365974912965145734965
F – 62141811216516181181976181
G – 725499714573193972171097397
H – 829571131698922511325313385113
I – 933651291939725712928914597129
K – 103773145217113289145325169109145
L – 114181161241121321161361181121161
M – 124589177265137353177397205133177
N – 134997193289145385193433217145193
O – 1453105209313161417209469241157209
P – 1557113225337169449225505253169225
Q – 1661121241361185481241541277181241
R – 1765129257385193513257577289193257
S – 1869137273409209545273613313205273
T – 1973145289433217577289649325217289
V – 2077153305457233609305685349229305

Le Livre, tome III, p. 100-114

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 100.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 100 [114]. Source : Internet Archive.

que la signature d’un carton ou encart est d’ordinaire la même que celle du cahier dans lequel il doit entrer, être encarté ; la seule distinction consiste dans l’addition d’un point au pied du chiffre, indice de cette signature. Ainsi la signature 1. sur un encart indique que cet encart doit entrer dans le cahier signé 1 ; la signature  2., dans le cahier 2 ; la signature 3., dans le cahier 3 ; etc.

Voici le tableau des signatures des vingt premières feuilles pour les principaux formats modernes : on remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se confondaient avec l’I et le V, ne figurent pas parmi les signatures[100.1].

[III.114.100]
  1.  Comme nous le verrons plus loin (p. 138), les majuscules J et U furent créées seulement en 1619, et cette création est due à l’imprimeur Lazare Zetner, de Strasbourg.  ↩

Le Livre, tome III, p. 099-113

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99 [113]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 100.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 100 [114]. Source : Internet Archive.

encarts, qui tous nécessairement portent aussi une signature, afin qu’on puisse les classer et assembler, d’où une nouvelle cause de confusion pour la détermination du format. Chaque feuille d’un volume in-12, par exemple (24 pages), au lieu d’être entière, pourra se composer de deux cahiers, l’un in-8 (16 pages) et l’autre in-4 (8 pages), recevant chacun une signature. Chaque feuille d’un volume in-18 (36 pages) pourra se faire en deux cahiers, l’un in-12 (24 pages) et l’autre in-6 (12 pages) ; — ou bien en trois cahiers de 12 pages chacun et ayant tous les trois leur signature propre. Souvent même ces divisions sont encore plus compli­quées[099.1]. Ajoutons

[III.113.099]
  1.  Nous ne donnerons (pp. 103 et suiv.) que trois spécimens d’imposition ; celle d’une feuille in-8 : — « l’in-8 est l’unité principale du format ; le sous-multiple est l’in-folio, et les multiples sont l’in-16, l’in-32, l’in-48, l’in-72 et l’in-96 ; c’est l’imposition la plus couramment employée : elle se compose de quatre in-folio encartés » (Émile Leclerc, op. cit., p. 317) ; — et celle d’une feuille in-18, d’abord en deux cahiers séparés, l’un de 24 pages et l’autre de 12 pages (cahiers avec coupure et encart dedans), puis en trois cahiers égaux, c’est-à-dire de 12 pages chacun (avec coupure et encart dedans). Comme on le verra dans la légende (p. 103), le pliage de la feuille in-8 est des plus simples. Quant à celui des deux feuilles in-18 (pp. 104 et 105), il a nécessité des explications, inévitablement compliquées et ardues, que je me suis efforcé de rendre aussi intelligibles que je l’ai pu. Cette question de l’imposition, qu’il m’était impossible de ne pas aborder en parlant du « Format », est d’ailleurs tout à fait spéciale et technique, et elle appartient plutôt à un traité de typographie qu’à une étude d’ensemble comme la nôtre, un guide ou manuel dédié aux amis des livres. Pour plus de développements sur ce point, nous renverrons donc aux ouvrages de Théotiste Lefevre, de Daupeley-Gouverneur, de Desormes, d’Émile Leclerc, d’Henri Fournier, etc. Rien que pour le format in-18, Théotiste Lefevre (op. cit., t. I, pp. 374-384) indique treize modes différents d’imposition ; M. Émile Leclerc (op. cit., pp. 327 et suiv.) en donne sept : 1º en 1 cahier sans coupure ; 2º en 1 cahier avec coupure en longueur ; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur ; 4º en 2 cahiers, chacun sans coupure ; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans ; 6º en 3 cahiers, chacun sans coupure ; 7º en 3 cahiers avec coupure et carton dedans.  ↩

Le Livre, tome III, p. 098-112

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98 [112]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 99 [113]. Source : Internet Archive.

tirage, de plier la feuille dans l’ordre numérique des pages, ne pourrait pas s’effectuer. On sectionne donc ces feuilles, on les partage en cahiers, en car­tons[098.1] ou

[III.112.098]
  1.  Les cartons ou encarts portent quelquefois, dans certains cas, — par exemple, quand ils sont plus longs que larges, et forment une sorte de bande, comme dans l’in-18 en deux cahiers, — le nom de feuilletons. (Cf. id., op. cit., p. 20.) On donne encore le nom de cartons à des feuilles supplémentaires d’impression qu’on est quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d’un livre qui contiennent soit des erreurs qu’on veut réparer, soit des passages qu’on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut n’avoir besoin d’apporter des modifications que dans une seule page, de ne changer qu’une ligne ou qu’un mot : cette page réimprimée (et qui forme un feuillet naturellement, puisqu’elle comprend un recto et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s’appelle onglet (cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 110), du nom de la mince bande de papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf. infra, pp. 350-351). Enfin, on donne aussi le nom de cartons aux cartes de détail placées dans les angles d’une grande carte géographique.  ↩

Le Livre, tome III, p. 097-111

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 97.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 97 [111]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98 [112]. Source : Internet Archive.

La signature permet, ou plutôt devrait permettre, de déterminer facilement le format d’un livre.

Puisque nous savons, par exemple, que l’in-4 a sa feuille pliée de façon à donner 8 pages, il est clair que la deuxième feuille commencera à la page 9 (8 + 1) et que c’est au bas de cette page 9 que figurera la signature 2. Le chiffre 3 se trouvera de même au bas de la page 17 (8 + 8 + 1) ; le 4, au bas de la page 25 (8 + 8 + 8 + l) ; etc.

De même, l’in-8 comprenant 16 pages, la signature 2 se trouvera au bas de la page 17 (16 + 1) ; la signature 3, au bas de la page 33 (16 + 16 + 1) ; la signature 4, au bas de la page 49 ; etc.

Mais les feuilles destinées à fournir beaucoup de pages, à fournir, pour préciser, des formats plus petits que l’in-8, ne se plieraient pas aisément en un aussi grand nombre de fois, surtout si le papier était un peu fort, on le comprend de reste ; elles renfleraient, gondoleraient, auraient trop gros dos, et se prêteraient difficilement au brochage ou à la reliure[097.1]. Parfois même l’imposi­tion[097.2], permettant, après le

[III.111.097]
  1.  Cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 327.  ↩
  2.  Imposer une feuille, c’est, comme nous venons de le voir (p. 91, n. 1), placer dans un châssis les pages de cette feuille, en les disposant de telle sorte que, lorsque ladite feuille est imprimée et pliée, ses pages se suivent dans leur ordre numérique. Au début de l’imprimerie, l’imposition était des plus simples, ou plutôt elle n’existait pas et ne pouvait exister, puisque, par suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc l’exemple des copistes ; ils pliaient en deux un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple ; la feuille 1 était formée des deux premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12) ; la feuille 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1 ; et la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à droite, la lettre A ; les cahiers suivants recevaient respectivement pour signatures les lettres B, C, D…. En outre, afin d’éviter les confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées d’un numéro d’ordre en chiffres romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier cahier portait Aj ; la 3e page Aij ; la 5e Aiij ; la 7e Aiiij ou Aiv. On avait de même pour le deuxième cahier ; Bj, Bij, Biij, Biiij ou Biv, etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes : A, A2, A3, A4, etc. (Cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 285 ; et Daruty de Grandpré, op. cit., p. 25. n. 1.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 096-110

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 96.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 96 [110]. Source : Internet Archive.

ligne de queue, un chiffre, dit signature, qui indique le numéro de cette feuille. La ligne où se trouve ce chiffre se nomme ligne de pied, par opposition à la ligne de tête, qui est la ligne du sommet de la page, au-dessus même de la première ligne de texte, et où figurent le numéro ou folio de cette page et le titre cou­rant[096.1]. Dans les pages sans signature, la ligne de pied est uniquement formée, comme nous le verrons plus loin, en parlant de l’Impres­sion[096.2], d’une pièce de métal ou « garniture » appelée lingot, destinée à renforcer les autres lignes et la page entière.

Au lieu de chiffres, on employait autrefois comme signatures les lettres de l’alphabet : A, B, C, D… ; puis, quand la série des lettres était épuisée, on les doublait : AA, BB, CC, DD[096.3] ; et l’on mettait, en outre, au-dessous de la dernière ligne de chaque feuille, à droite, le premier mot de la feuille suivante, toujours afin de faciliter le classement des feuilles, l’assemblage. Ce premier mot, ainsi placé en vedette au bas de la dernière page, s’appelait la réclame. On a fini par la supprimer, considérant qu’elle faisait double emploi avec la signature.

[III.110.096]
  1.  Sur ce terme, voir infra, p. 211. n. 2.  ↩
  2.  Page 165.  ↩
  3.  Auparavant, au lieu, dans ce cas, de doubler les lettres, on les retournait ; au lieu de AA, on avait Lettre A vertie ; au lieu de BB, Lettre B vertie, etc. Ces lettres retournées portaient le nom de lettres verties, et l’ « on prétend que le proverbe : un bon averti (A verti) en vaut deux, tire de là son origine ». (E. Desormes et A. Basile, Dictionnaire des arts graphiques, t. I, p. 271.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 095-109

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95 [109]. Source : Internet Archive.

Chaque première page d’une feuille porte, dans sa partie inférieure de droite, sous la dernière ligne ou

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