Tome IHistorique › I. L’amour des livres et de la lecture

Le Livre, tome I, p. 041-065

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 41.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 41 [065]. Source : Internet Archive.

prendre que de se faire garçons de bains, mitrons, crieurs publics, délateurs ou faux témoins. » « Ils n’auraient certainement pas été réduits à une aussi triste condition, s’ils avaient pu vendre leurs manuscrits aux libraires, et partager avec ces derniers les bénéfices de la publication des ouvrages en vogue. Mais l’idée même d’une spéculation pareille n’existait pas à Rome ; car, dans l’état de détresse où étaient les littérateurs, leur verve satirique, qui s’exerçait sans gêne contre la lésinerie des grands, n’aurait pas épargné l’avarice des libraires[041.1]. »

Revenons aux bibliothèques romaines.

Comme nous l’avons vu tout à l’heure dans une épigramme de Martial, et comme nous le voyons aussi dans Suétone[041.2], les bibliothèques publiques étaient d’ordinaire, chez les Romains, installées à proximité des temples ou sous les portiques de ces édifices. Telle était la bibliothèque publique — la première que Rome ait possédée — fondée par Asinius Pollion, et établie dans un temple de la Liberté ; la bibliothèque Palatine construite par Auguste (63 av. J.-C.-14 ap. J.-C.) dans son palais même,

[I.065.041]
  1.  Géraud, op. cit., p. 198.  ↩
  2.  Vie d’Auguste, chap. xxix, trad. Laharpe, p. 89 (Paris, Garnier, 1865) : « Il éleva le temple d’Apollon…. Il y ajouta un portique et une bibliothèque grecque et latine. »  ↩

Le Livre, tome I, p. 042-066

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 42.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 42 [066]. Source : Internet Archive.

à côté du temple d’Apollon[042.1] ; etc. Une autre bibliothèque, créée par Auguste en l’honneur de sa sœur Octavie, la bibliothèque Octavienne, fut, peut-être aussi, aménagée sous les galeries d’un temple, qui était voisin du théâtre de Marcellus[042.2]. Sous le règne de Titus (40-81), la bibliothèque Octavienne fut détruite par un incendie.

Trajan (52-117) édifia une bibliothèque célèbre à Rome, la bibliothèque Ulpienne (d’Ulpius, nom de famille de cet empereur). Placée d’abord sur le forum de Trajan, elle fut transportée plus tard dans les Thermes de Dioclétien. « Au temps de Constantin (245-313), Rome en comptait vingt-neuf (de bibliothèques publiques), parmi lesquelles la bibliothèque Palatine et la bibliothèque Ulpienne étaient les plus considérables[042.3]. » Constantin fit copier quantité de

[I.066.042]
  1.  Cf. Petit-Radel, op. cit., pp. 14-15 ; et Lalanne, op. cit., pp. 141-142.  ↩
  2.  Cf. Juste Lipse, Traité des bibliothèques anciennes, chap. vi, ap. Peignot, Manuel bibliographique, p. 22 : « … Mon guide me conduit, par de magnifiques degrés, au temple en marbre blanc élevé au dieu dont la chevelure est toujours intacte (Apollon)…. Là, toutes les créations des génies anciens et modernes sont mises à la disposition des lecteurs…. Le gardien de ces lieux sacrés m’ordonna d’en sortir. Je me dirige vers un autre temple, situé près d’un théâtre voisin ; il me fut aussi défendu d’y entrer. Ce premier asile des belles-lettres, la Liberté, qui y préside, ne me permit pas d’en fouler le vestibule…. » (Ovide, les Tristes, III, 1, p. 693, trad. Nisard ; cf. aussi, dans cette traduction, les notes de la page 748.)  ↩
  3.  Géraud, op. cit., p. 217.  ↩

Le Livre, tome I, p. 043-067

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 43.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 43 [067]. Source : Internet Archive.

livres pieux, et en forma une importante collection à Constantinople. L’empereur Julien dit l’Apostat (331-363) voulut supprimer cette bibliothèque, ce qui ne l’empêcha pas d’en fonder deux autres, l’une aussi à Constantinople, et l’autre à Antioche ; sur le frontispice de ces établissements il avait fait graver cette sentence, officiel aveu de sa constante passion pour les livres : « Alii quidem equos amant, alii aves, alii feras ; mihi vero a puerulo mirandum acquirendi et possidendi libros insedit desiderium[043.1] ».

« Ces collections publiques ne durent pas peu contribuer à entretenir chez les particuliers l’amour des livres. Déjà, du temps de Sénèque, le luxe des bibliothèques était poussé à Rome à un degré inimaginable. Une bibliothèque était regardée dans une maison comme un ornement nécessaire ; aussi en trouvait-on jusque chez les gens qui savaient à peine lire, et [certaines étaient] si considérables que la lecture des titres des livres aurait seule rempli la vie du propriétaire[043.2]. C’est vers ce temps que vint à Rome le grammairien Épaphrodite de Chéronée, qui ramassa jusqu’à trente mille volumes de choix. Plus tard, Sammonicus Severus, précepteur de Gordien

[I.067.043]
  1.  Diderot, Encyclopédie, art. Bibliothèque, Œuvres complètes, t. XIII, pp. 446-447. « Les uns aiment les chevaux, d’autres les oiseaux, d’autres les bêtes sauvages ; moi, dès l’enfance, j’ai été saisi d’un prodigieux désir d’acheter et de posséder des livres. »  ↩
  2.  Sénèque, De la tranquillité de l’âme, ix . Cf. supra, pp. 16-17.  ↩

Le Livre, tome I, p. 044-068

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 44.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 44 [068]. Source : Internet Archive.

le Jeune, laissa à son élève la bibliothèque qu’il avait reçue de son père et qui se montait à soixante-deux mille volumes….

« Enfin nous trouvons, dès le iie siècle, des bibliothèques publiques dans de petites villes de l’Italie : Tibur en possédait une assez bien fournie, située dans un temple d’Hercule. Pline le Jeune nous apprend lui-même qu’il avait prononcé un discours pour l’inauguration de la bibliothèque de Côme, sa patrie ; et l’ensemble de sa lettre[044.1] prouve que cette collection avait été formée peut-être en entier, mais bien certainement en partie, par lui et sa famille. Dans une ancienne inscription découverte à Milan, nous trouvons, entre autres choses, que Pline le Jeune avait donné, pour la réparation ou l’entretien de cette bibliothèque, une somme de cent mille sesterces (environ 25 000 francs)[044.2]. »

Ainsi que nous le verrons plus loin, les chrétiens héritèrent du zèle des littérateurs romains pour les collections de livres, et formèrent à leur tour de nombreuses bibliothèques.

Avant de quitter les anciens, disons succinctement ce qu’était le livre chez eux et comment il se fabri-

[I.068.044]
  1.  I, 8.  ↩
  2.  Géraud, op. cit., pp. 217-218.  ↩

Le Livre, tome I, p. 045-069

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 45.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 45 [069]. Source : Internet Archive.

quait[045.1]. Ce mode de fabrication paraît avoir été identique en Grèce et dans le monde romain ; le livre, à Athènes comme à Rome, se composait originairement d’une longue bande de papyrus roulée sur elle-même, nommée en latin volumen, rouleau (au pluriel

[I.069.045]
  1.  Pour l’étude du livre dans l’antiquité, j’ai eu recours d’abord à l’excellent ouvrage de H. Géraud, Essai sur les livres dans l’antiquité, particulièrement chez les Romains, (Paris, Techener, 1840 ; in-8, 232 p.), qui est si abondamment documenté, si soigneusement et consciencieusement fait : on peut dire que l’auteur (mort en 1844, à 32 ans) a passé en revue tous les écrivains latins et grecs, et a butiné tout ce qui se rapporte à la question du livre chez les anciens ; si bien que son « Essai », quoique datant de plus d’un demi-siècle, reste encore et sans conteste le meilleur travail qu’on ait publié sur cette question. J’ai mis aussi à contribution Gabriel Peignot, Essai historique et archéologique sur la reliure des livres et sur l’état de la librairie chez les anciens (Dijon, Lagier, et Paris, Renouard, 1834) ; puis Lalanne Ludovic, Curiosités bibliographiques (Paris, Delahays, 1857), qui s’est, lui aussi, beaucoup servi de l’ouvrage de Géraud ; Lacroix, Fournier et Seré, Histoire de l’imprimerie et des arts… qui se rattachent à la typographie (Paris, Delahays. s. d.) ; Egger, Histoire du livre depuis ses origines jusqu’à nos jours (Paris, Hetzel, s. d.), et le Papier dans l’antiquité et dans les temps modernes (Paris, Hachette, 1867) ; Lecoy de la Marche, les Manuscrits et la Miniature (chap. i et vii) (Paris, Quantin, s. d,) ; Delon, Histoire d’un livre, 6e édit. (Paris. Hachette, 1898) ; Dr James Gow, Minerva, Introduction à l’étude des classiques scolaires grecs et latins, édition française publiée par M. Salomon Reinach (Paris, Hachette, 1890), pp. 18-26, où la question du livre chez les anciens m’a paru bien résumée ; Anthony Rich, Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, trad. Chéruel (Paris, Didot, 1873) ; Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines (Paris, Hachette; en cours de publication) ; etc.  ↩

Le Livre, tome I, p. 046-070

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 46.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 46 [070]. Source : Internet Archive.

volumina ; de volvere, rouler), d’où nous avons fait volume.

La plante nommée papyrus par les Égyptiens, et ϐίϐλος par les Grecs, est une espèce de roseau de la famille des cypéracées, qui croît dans les marais de l’Égypte, de l’Abyssinie, de la Syrie, de la Sicile et de la Calabre. Elle a une racine ou rhizome féculent, dont les anciens Égyptiens se nourrissaient, et une tige ou hampe triangulaire haute de 2 mètres à 2 m. 50, sans feuilles et terminée par une large et élégante ombelle[046.1]. C’est avec la tige du papyrus que les anciens fabriquaient leur papier.

Dans son Histoire naturelle[046.2], Pline nous donne d’amples détails sur les diverses opérations de cette fabrication, « mais les trois chapitres qu’il a consacrés à cette matière sont parfois si obscurs, que, malgré de nombreux commentaires et même diverses expériences tentées sur du papyrus de Sicile, l’interprétation de quelques passages reste toujours incomplète[046.3] ». Voici les plus importants de ces détails, tels qu’ils ont été exposés et interprétés par Géraud et par Egger.

La tige seule du papyrus, avons-nous dit, était bonne à faire du papier. On commençait par la

[I.070.046]
  1.  Larive et Fleury, Dictionnaire des mots et des choses, art. Papyrus.  ↩
  2.  XIII, 23-26, trad. Littré. (Collection Nisard, Paris, Didot, 1877.)  ↩
  3.  Géraud, op. cit., p. 25.  ↩

Le Livre, tome I, p. 047-071

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 47.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 47 [071]. Source : Internet Archive.

fendre longitudinalement en deux parties égales ; ensuite, avec une aiguille[047.1], on enlevait des bandes de papyrus aussi minces et aussi larges que possible. Ces bandes se nommaient en latin philyræ. Les meilleures étaient les deux qu’on enlevait d’abord dans chaque partie de la tige, c’est-à-dire celles qui formaient le centre de la plante ; les autres diminuaient de qualité à mesure qu’elles se rapprochaient de l’écorce. Avec les premières, on fabriquait le papier de première qualité ; avec les secondes, le papier de seconde qualité ; avec les troisièmes, celui de troisième qualité ; ainsi de suite. La première qualité de papier se nomma d’abord hiératique, ou sacrée, parce qu’elle était réservée aux livres saints ; la flatterie lui fit donner ensuite le nom de papier auguste, ou royal ; par le même motif, le papier de seconde qualité fut appelé livien, du nom de Livie, femme de l’empereur Auguste. Dès lors la dénomination de hiératique ne s’appliqua plus qu’au papier de troisième qualité. Le papier de quatrième qualité était connu sous le nom d’amphithéâtrique, parce qu’il était fabriqué à Alexandrie, dans le quartier de l’amphithéâtre. Fannius, grammairien de Rome, ayant réussi à améliorer le papier amphithéâtrique, à étendre un peu sa largeur et à polir sa surface, fit,

[I.071.047]
  1.  Peut-êre, dans le texte de Pline, faut-il lire acie, au lieu de acu, remarque Géraud : « M. Stoddhart n’a pu enlever les lames du papyrus de Sicile qu’avec un instrument très tranchant ».  ↩

Le Livre, tome I, p. 048-072

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 48.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 48 [072]. Source : Internet Archive.

d’un papier commun, un papier de première qualité, le papier fannien, pouvant rivaliser avec le papier auguste. Le papier de quatrième qualité, qui n’avait pas reçu cette préparation, garda son nom d’amphithéâtrique. Le papyrus qui croissait en abondance aux environs de la ville de Saïs, sur le delta du Nil, mais qui était de qualité inférieure, servait à faire le papier de cinquième catégorie, le papier saïtique. En sixième lieu venait le papier ténéotique, ainsi nommé d’un quartier d’Alexandrie[048.1] où on le fabriquait ; de qualité inférieure, il se vendait au poids. Quant au papier emporétique (εμπορία, commerce, marchandises), qui occupait le dernier rang, il était impropre à l’écriture et ne pouvait servir que pour envelopper les autres papiers, ou emballer des marchandises.

Ces diverses espèces de papier se fabriquaient de la façon suivante : « Sur une table inclinée et mouillée avec de l’eau du Nil, on étendait, les unes à côté des autres, des bandes de papyrus aussi longues que la plante avait pu les fournir, après qu’on en avait retranché les deux extrémités, c’est-à-dire l’ombelle et la racine ; on les humectait encore avec de l’eau du Nil. Cette eau, pénétrant les lames du papyrus, délayait les sucs qu’elle pouvait contenir ; par là elle perdait sa limpidité, devenait trouble et acquérait une viscosité suffisante pour tenir lieu

[I.072.048]
  1.  D’une localité voisine de Saïs, dit Egger, op. cit., p. 11.  ↩

Le Livre, tome I, p. 049-073

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 49.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 49 [073]. Source : Internet Archive.

de colle et assujettir entre elles les bandes de papyrus, dans le sens de leur longueur. Sur ces bandes longitudinales on en posait transversalement d’autres, qui, coupant les premières à angle droit, formaient, avec elles, une espèce de claie. Les feuilles, plagulæ, ainsi faites, étaient soumises à l’action d’une presse, puis séchées au soleil ; ensuite on les réunissait en un rouleau, scapus (en attendant que, revêtu d’écriture, il prît le nom de volumen), qui, du temps de Pline, contenait vingt feuilles. Au ive siècle, la main de papyrus, comme nous dirions aujourd’hui, n’était plus que de dix feuilles[049.1]. »

Mais, avant même d’être collées ainsi bout à bout et réunies en rouleau, ces feuilles subissaient diverses autres opérations : chacune d’elles était battue au marteau, et soigneusement polie au moyen de la pierre ponce, d’une dent d’animal, ou d’un coquillage ; puis ordinairement encollée, afin que l’écriture pût s’y tracer sans bavures. « La colle commune se composait de fleur de farine délayée avec de l’eau bouillante, dans laquelle on jetait quelques gouttes de vinaigre. La mie de pain fermenté, détrempée également dans l’eau bouillante, formait une colle de meilleure qualité, moins épaisse, et qui donnait au papier une finesse égale à celle d’une étoffe de lin ; l’une et l’autre devaient être employées dans les vingt-quatre heures. Après

[I.073.049]
  1.  Géraud, op. cit., p. 27.  ↩

Le Livre, tome I, p. 050-074

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 50.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 50 [074]. Source : Internet Archive.

avoir couvert avec cette colle la feuille de papyrus, on la pressait dans la main pour l’égoutter, ensuite on la dépliait et on l’étendait à coups de maillet ; chaque feuille subissait deux fois cette opération[050.1]. »

Pour écrire sur la bande de papyrus, on traçait, en colonnes verticales, de véritables pages d’écriture (paginæ), dont chacune avait à peu près le même nombre de lignes, et qui se succédaient parallèlement l’une à l’autre ; au contraire, pour les lettres ou missives, auxquelles suffisaient de petits rouleaux, — « le papier à lettres » (charta epistolaris), — les lignes étaient écrites dans le sens le plus étroit de la bande, de manière à ne former qu’une colonne d’un bout à l’autre du rouleau[050.2].

« Il n’est pas probable, remarque l’auteur de Minerva[050.3], que des ouvrages aussi volumineux que

[I.074.050]
  1.  Géraud, op. cit., p. 31.  ↩
  2.  « Les lettres s’écrivaient sur la même matière que les livres, c’est-à-dire sur le papier d’Égypte. Le papier auguste ou royal fut celui qu’on employa principalement à cet usage : Augustæ in epistolis auctoritas relicta. (Pline l’Ancien, XIII, 24.) On le nommait, comme chez nous, papier à lettres, charta epistolaris. (Martial, XIV, 8 [11].) Il paraît qu’on taillait, pour les lettres, des feuilles de papier auguste, auxquelles on donnait une très petite dimension. On trouve une preuve de ce fait dans Sénèque, qui termine ainsi sa quarante-cinquième épître : « Pour ne pas dépasser les limites d’une lettre qui ne doit pas remplir la main gauche de celui qui la lit, je renvoie à un autre jour ce qui me restait à dire. » (Géraud, op. cit., p. 114.)  ↩
  3.  Dr James Gow, Minerva, édit. publiée par M. Salomon Reinach, pp. 18-19.  ↩

Le Livre, tome I, p. 051-075

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 51.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 51 [075]. Source : Internet Archive.

ceux de Thucydide ou d’Homère aient été jamais réunis sur un seul rouleau, dont la longueur aurait atteint 80 mètres ; mais nous possédons des papyrus égyptiens qui ont près de 45 mètres de longueur. Des rouleaux aussi considérables étaient d’un maniement incommode, ce qui fit dire à Callimaque, poète et bibliothécaire alexandrin vers 260 av. J.-C.  : μεγα βιϐλίον, μεγα κακόυ[051.1]. » La forme, la nature même des volumina, obligeaient ainsi les auteurs à publier leurs ouvrages par sections, et par sections relativement peu étendues : c’est ce qui explique la division en livres des œuvres de la plupart des écrivains latins, d’Horace, de Virgile, d’Ovide, de Martial, Stace, Tibulle, Properce, Apulée, Aulu-Gelle, etc.,

[I.075.051]
  1.  Grand livre, grand inconvénient. Ainsi déjà on se plaignait des grands formats. « Chez les Romains, dont le sens était si exquis pour tout ce qui tient aux choses du goût, on publiait les poésies en petits volumes, et les ouvrages d’histoire en grand format. » (Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, p. 197, note.) Cf. Lalanne, op. cit., p. 24. Remarquons cependant que, d’après Peignot (op. cit., p. 45), la hauteur des volumina était relativement et forcément assez restreinte, les feuilles de papyrus étant collées à la suite les unes des autres, non dans le sens de la hauteur de la plante, — ce qui aurait donné des rouleaux de 2 mètres à 2 m. 50 de haut (cf. supra, p. 46) et aurait été tout à fait incommode, voire impraticable, — mais dans le sens de leur longueur. Dans cette position, leur hauteur n’était plus que de 14 pouces (environ 38 centimètres) pour les plus grandes feuilles de papyrus, et de 5 pouces (14 centimètres) pour les plus petites ; les volumina ne pouvaient donc guère dépasser (en défalquant la rognure des deux tranches) 35 ou 36 centimètres de hauteur.  ↩

Le Livre, tome I, p. 052-076

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 52.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 52 [076]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 53.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 53 [077]. Source : Internet Archive.

et les dimensions, généralement restreintes, de chacun de ces livres. Aussi ne faut-il pas se faire illusion sur le nombre considérable de volumes, de rouleaux, de certaines bibliothèques anciennes : quand nous lisons, par exemple, « que la bibliothèque d’Alexandrie renfermait sept cent mille volumes, il faut bien se persuader que cette masse énorme de volumes était peut-être le produit des veilles de six à sept mille auteurs tout au plus, et que toute cette bibliothèque d’Alexandrie n’aurait peut-être pas occupé trente à quarante mille de nos in-folio actuels[052.1]. »

C’était autour d’une baguette, dite umbilicus, fixée à la dernière feuille, baguette de cèdre, de buis ou d’ivoire, que la bande de papyrus s’enroulait[052.2]. Les deux tranches du rouleau, — les deux

[I.076.052]
  1.  Peignot, op. cit., pp. 46-47. « Combien d’écrivains anciens dont la fécondité en petits volumes ou rouleaux est attestée par l’histoire ! La plupart en ont laissé cent cinquante, deux cents, quatre cents, et jusqu’à cinq à six cents ; Pline l’Ancien, lui seul, en a écrit pour sa part plus de quatre cents, et il en eût laissé bien davantage sans sa fin tragique (voir, à ce sujet, la lettre de son neveu, livre III, 5). Bien plus, Origène nous apprend qu’un certain Didyme d’Alexandrie avait composé, du temps de Jules César, six mille volumes ; Sénèque ne lui en attribue que quatre mille, et Athénée trois mille cinq cents ; c’est déjà fort honnête. Mais cela prouve qu’il faut restreindre cette idée de volume à un seul rouleau de parchemin ou de papyrus renfermant cinquante, soixante, quatre-vingts de nos pages. » (Id., ibid. ↩
  2.  Géraud (op. cit., p. 96) dit qu’ « il est certain que, pour rendre la lecture du rouleau plus commode, on le garnissait de deux ombilics, un au commencement et l’autre à la fin. » Peignot (op. cit., p. 57) ne parle que d’un seul ombilic : « … Cette longue bande de feuilles réunies tenait, par une de ses extrémités, du côté de la droite (fin du volume), à un bâton ou cylindre (l’umbilicus) sur lequel on la roulait ; et son autre extrémité du côté de la gauche (commencement du volume) était adaptée à une peau ou pièce de parchemin solide qui en formait la couverture, portait le titre, et, par le moyen de courroies (les lora, au singulier lorum) qui en faisaient partie, serrait fortement le volume lorsqu’il était fermé, c’est-à-dire roulé. »  ↩

Le Livre, tome I, p. 053-077

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 53.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 53 [077]. Source : Internet Archive.

bases de ce cylindre, — se nommaient frontes ; elles étaient souvent coloriées. Les extrémités de la baguette, appelées, elles aussi, umbilici, se trouvaient d’ordinaire garnies de petits boutons, bossettes ou pommettes (cornua), qui étaient d’ivoire, d’argent, d’or, ou de pierre précieuse, suivant le prix et le luxe du manuscrit. Ces petites pièces, travaillées avec beaucoup d’art, formaient un point brillant au centre de chaque volume (d’où ce nom d’umbilicus, nombril), et « portaient sans doute, soit au milieu, soit autour de la bossette, le nom de l’auteur du livre[053.1] ». Peut-être aussi une étiquette contenant ce nom et le titre de l’ouvrage était-elle suspendue par un fil à ce bouton[053.2]. Quant aux volumes de condition plus modeste, ils portaient sur leur tranche supérieure, c’est-à-dire sur celle qu’on plaçait en vue, une languette de papyrus ou de parchemin, dite

[I.077.053]
  1.  Peignot, op. cit., p. 56.  ↩
  2.  Egger, op. cit., p. 14. Il règne, dans ces menus détails, plus d’une incertitude. Cf. aussi Lalanne, op. cit., p. 23 ; et Géraud, op. cit., pp. 101-102.  ↩

Le Livre, tome I, p. 054-078

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 54.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 54 [078]. Source : Internet Archive.

pittacium, annonçant le titre de l’ouvrage[054.1], « ou plutôt le nom de l’auteur », rectifie Peignot[054.2]. Ajoutons que chaque rouleau était préservé des attaques des insectes et rendu incorruptible au moyen d’un bain d’huile de cèdre[054.3].

Pour lire, le lecteur tenait le rouleau dans sa main

[I.078.054]
  1.  Géraud, op. cit., p. 101.  ↩
  2.  Op. cit., p. 56.  ↩
  3.  Ovide, exilé sur les bords du Pont-Euxin, parle ainsi d’un de ses livres (au début de ses Tristes, I, 1) et en décrit en ces termes la forme extérieure :
    •  Parve (nec invideo) sine me, liber, ibis in urbem :
      Hei mihi ! quo domino non licet ire tuo.
      Vade, sed incultus, qualem decet exulis esse.
      Infelix habitum temporis hujus habe.
      Nec te purpureo velent vaccinia succo ;
      Non est conveniens luctibus ille color ;
      Nec titulus minio, nec cedro charte notetur ;
      Candida nec nigra cornua fronte geras.
      Felices ornent hæc instrumenta libellos ;
      Fortunæ memorem te decet esse meæ ;
      Nec fragili geminæ poliantur pumice frontes ;
      Hirsutus sparsis ut videare comis ;
      Etc.

     « Va, petit livre, j’y consens, va sans moi dans cette ville où, hélas ! il ne m’est point permis d’aller, à moi qui suis ton père ; va, mais sans ornements, comme il convient au fils de l’exilé ; et malheureux, adopte les insignes du malheur. Que le vaciet (vaccinia, arbrisseau qui porte des baies donnant une belle teinture rouge) ne te farde point de sa teinture de pourpre ; cette couleur n’est pas la couleur du deuil ; que le vermillon ne donne pas de lustre à ton titre, ni l’huile de cèdre à tes feuillets. Qu’on ne voie point de blanches pommettes (cornua) se détacher sur tes pages noires ; cet appareil peut orner des livres heureux, mais toi, tu ne dois pas oublier ma misère ; que ta double surface ne soit point polie par la tendre pierre ponce ; présente-toi hérissé de poils çà et là ; » etc. (Trad. Nisard, p. 661 ; et cf. les notes de la page 745 de cette même traduction.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 055-079

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 55.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 55 [079]. Source : Internet Archive.
I-079-055-01 Volumen roulé
Volumen roulé.
I-079-055-02 Volumen en partie déroulé
Volumen en partie déroulé.
I-079-055-03 Scrinium ou Capsa
Scrinium ou Capsa.

Le Livre, tome I, p. 057-081

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 57.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 57 [081]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 58.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 58 [082]. Source : Internet Archive.

droite, et le déroulait, au fur et à mesure de la lecture, avec sa main gauche[057.1] ; cette dernière main lui servait à enrouler de nouveau graduellement la portion du volume dont il avait pris connaissance ; de là les expressions : evolvere ou explicare librum ou volumen ; ad umbilicum ou ad umbilicos ou ad cornua[057.2] pervenire ou perducere, pour signifier « lire un livre, le lire jusqu’au bout ». Le verbe explicare (dérouler, supin explicatum, ou explicitum, d’où le participe explicitus) s’appliquait d’ailleurs aussi bien à la transcription qu’à la lecture des livres. Explicitus liber, « le livre est déroulé », formule qu’on abrégea dès le iiie siècle[057.3], et qu’on réduisit à explicit, fin d’un livre, les lignes finales, où le copiste prend congé du lecteur, commençant d’ailleurs d’ordinaire par ce mot : Explicit[057.4]….

[I.081.057]
  1.  Le papier se déroulait ainsi dans la même direction que l’écriture, en sorte que la lecture s’effectuait de gauche à droite, comme celle des feuilletons de nos journaux. « Parmi les peintures d’Herculanum, plusieurs représentent des volumes tantôt isolément, tantôt entre les mains de personnes qui les lisent. Tous ceux qui sont ouverts se déroulent, à l’exception d’un seul, horizontalement et de gauche à droite, dans le sens de leur longueur. » (Géraud, op. cit., p. 79.)  ↩
    •  Explicitum nobis usque ad sua cornua librum.
      Et quasi perlectum, Septiciane, refers.
      Omnia legisti….

     « Tu me rends mon manuscrit, Septicianus, comme si tu l’avais déroulé et lu jusqu’au bout. Tu as tout lu…. » (Martial, XI, 107, trad. Nisard, p. 522.)  ↩

  2.  Lalanne, op. cit., p. 21.  ↩
  3.  « Explicit, Finitur, absolvitur, cui opponitur Incipit. Voces frequentes in mss…. Constat Explicit vocabulum minime latinum esse, quamvis a latino sermone ortum. » (Ducange, Glossarium, art. Explicit.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 058-082

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 58.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 58 [082]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 59.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 59 [083]. Source : Internet Archive.

Pour transporter les rouleaux de papyrus, on les plaçait verticalement et par séries dans des boîtes cylindriques plus ou moins ornées, qui étaient de véritables écrins et en avaient le nom (scrinium, pluriel scrinia ; et capsa, æ). Dans les bibliothèques et chez les libraires, on les rangeait à plat dans de petites cases fixées aux murs, ce qui faisait ressembler ces bibliothèques et ces magasins à nos boutiques de papiers peints, dont les murs sont entièrement revêtus de casiers ainsi remplis de rouleaux. Ces bibliothèques et ces librairies pouvaient encore se comparer à l’intérieur des colombiers, tout tapissés de nids ; — ou encore à un columbarium, avec ses rangées de petites niches destinées aux urnes funéraires ; — d’où le nom de nidi, nids, donné à ces cases. Il est à supposer que, souvent, afin d’éviter la poussière, ces « nids » avaient chacun son volet, sa petite porte, ou bien étaient dissimulés derrière de longs panneaux de bois s’ouvrant comme des vantaux d’armoire[058.1].

[I.082.058]
  1.  Sur la disposition des bibliothèques chez les anciens, l’ordre qui y régnait, et le rangement des volumes, on ne peut guère, remarque Peignot (op. cit., pp. 61-63), former « que des conjectures appuyées sur quelques citations isolées et fort incomplètes. D’abord les bibliothèques étaient divisées par armoires, et ces armoires étaient numérotées, car Vopiscus dit : « On voit dans la sixième armoire de la bibliothèque Ulpienne librum elephantinum. » « … La petite chambre où l’on a découvert les 1 700 rouleaux d’Herculanum était entourée d’armoires de la hauteur de cinq pieds et demi. Boèce, dans sa Consolation, nous apprend aussi que ces armoires étaient ornées d’ivoire, c’est-à-dire sans doute que les montants de ces armoires étaient plaqués de petits bas-reliefs et arabesques, ciselés en ivoire…. Ces armoires étaient fermées par des vitraux, du temps de Boèce (mis à mort en 526), de sorte qu’on pouvait voir du dehors les cases, foruli, capsæ, destinées dans l’intérieur à recevoir les rouleaux. Ces rouleaux étaient posés de manière à tenir le moins de place, c’est-à-dire qu’on les glissait à côté les uns des autres dans leurs cases, comme nos marchands de papiers de tenture disposent leurs rouleaux dans leurs boutiques. Mais on avait soin que l’umbilicus, avec sa bossette, fût toujours en avant. La profondeur des rayons pouvait être de quinze pouces…. On n’entassait pas, sans divisions, les rouleaux les uns sur les autres, car il eût été difficile de tirer un rouleau placé dans la partie inférieure de l’armoire, et qui eût supporté la charge des rouleaux supérieurs…. La partie supérieure de l’armoire était parfois surmontée du buste de l’auteur ou d’une divinité qui présidait aux lettres ou aux sciences…. » Suivent des citations de Juvénal, III, vers 219 ; Sidoine Apollinaire, livre II, épître 19 ; Cicéron, lettres diverses ; etc.  ↩

Le Livre, tome I, p. 059-083

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 59.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 59 [083]. Source : Internet Archive.

Au lieu de l’écorce (liber, d’où le nom de livre) du papyrus, on s’est aussi servi parfois de l’écorce intérieure, du liber, d’autres végétaux, du hêtre et du tilleul principalement, et aussi de bandes de toile préparées pour recevoir l’écriture, et que Tite-Live désigne sous le nom de libri lintei[059.1].

« Il nous reste un grand nombre de papyrus trouvés dans des tombes égyptiennes et à Hercula-

[I.083.059]
  1.  Ces libri lintei, déposés dans le temple de Monéta, devaient avoir un caractère religieux. (Géraud, op. cit., p. 22.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 060-084

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 60.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 60 [084]. Source : Internet Archive.

num ; mais, à l’exception de ceux qui nous ont conservé des fragments d’Hypéride et quelques passages de poètes et de prosateurs malheureusement fort mutilés, aucun texte important d’auteur classique ne nous est parvenu sur papyrus. Tous nos textes complets d’auteurs de premier ordre sont écrits sur une autre matière, le parchemin[060.1]. »

Le parchemin (pergamena), fabriqué avec des peaux de moutons, de chèvres ou d’ânes, non tannées, mais simplement raclées après macération[060.2], doit son nom à la ville de Pergame, où il passe pour avoir été, sinon inventé, du moins employé d’abord et perfectionné. « Pline rapporte, d’après le témoignage de Varron, que les rois de la dynastie des Ptolémées, jaloux de l’importance naissante de la bibliothèque de Pergame, qui menaçait de rivaliser avec celle d’Alexandrie, défendirent l’exportation du papyrus, ce qui obligea les scribes pergaméniens à adopter une matière nouvelle[060.3]. »

C’est dans le courant du ve siècle avant Jésus-Christ que le parchemin apparut[060.4] ; mais ce n’est

[I.084.060]
  1.  Dr Gow, op. cit., p. 20.  ↩
  2.  « Le parchemin se fait avec la pellicule intérieure de la bête, celle qui adhère immédiatement à la chair, » dit Géraud, op. cit., p. 10.  ↩
  3.  Dr Gow, ibid.  ↩
  4.  Et même bien antérieurement, paraît-il, quinze siècles avant l’ère actuelle. Cf. l’article de M. Albert Maire, Matériaux sur lesquels on écrivait dans l’antiquité, dans la Revue scientifique, 20 août 1904. p. 236.  ↩

Le Livre, tome I, p. 061-085

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 61.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 61 [085]. Source : Internet Archive.

que bien plus tard, lorsque ses procédés de fabrication furent suffisamment améliorés, au commencement de notre ère, que son usage tendit à se répandre de plus en plus. Grâce à son épaisseur et à sa contexture, le parchemin avait sur le papyrus ce grand avantage, qu’il pouvait recevoir de l’écriture des deux côtés. Il présentait, en outre, assez de résistance et de solidité pour qu’on pût le faire servir à la confection de livres de forme analogue aux nôtres, c’est-à-dire composés de feuilles distinctes, de moyenne ou petite dimension, et réunies par une couture dans la marge du fond. On appela ces livres codices (au singulier codex), libri quadrati (liber quadratus), « livres carrés[061.1] », et nous avons vu, par une épigramme de Martial[061.2], que ces codices, avec leur couverture plate de bois ou de cuir, étaient à bon droit jugés moins encombrants, plus commodes et plus maniables que les volumina, que les scrinia. Au lieu d’être rangés dans des casiers, comme les rouleaux de papyrus, les « livres carrés » étaient renfermés dans des armoires (armaria, au singulier armarium[061.3]), dont les rayons, garnis d’un rebord, formaient plusieurs étages de plans inclinés, sur les-

[I.085.061]
  1.  Originellement les codices étaient le plus souvent en papyrus, à cause de la cherté du parchemin. (Cf. Peignot, op. cit., p. 58.)  ↩
  2.  Cf. supra, p. 25.  ↩
  3.  Au moyen âge, ce mot désignait la bibliothèque entière, et armarius le bibliothécaire.  ↩

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