Le Livre, tome I, p. 002-026

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 2.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 2 [026]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 3.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 3 [027]. Source : Internet Archive.

sostris. La plus ancienne mention d’une bibliothèque et le plus ancien jugement porté sur les livres datent de cette époque. Cette bibliothèque, c’est celle qu’Osymandias avait réunie, selon l’historien Diodore de Sicile[002.1], dans son magnifique palais de Thèbes, et ce jugement n’est autre que l’inscription gravée par ce roi au-dessus de la porte de cette bibliothèque : « Remèdes de l’âme ».

Remèdes de l’âme : du premier coup, le livre se trouve admirablement et immuablement défini. Jamais on ne dira mieux. Lorsque, bien plus tard, au xviiie siècle, Montesquieu nous déclarera qu’il n’a « jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé[002.2] » ; lorsque, plus tard encore, au xixe,

[I.026.002]
  1.  Bibliothèque historique, I, 49, trad. Hœfer, t. I, p. 60. (Paris, Hachette, 1865.) Cf. aussi Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, troisième partie, chap. iii (Œuvres choisies, t. I, p. 382 ; Paris, Hachette, 1868, 5 vol. in-8). Dans le texte de Diodore, il y a simplement ίατρεϊον, officine médicinale.  ↩
  2.  Montesquieu, Pensées diverses, Portrait (Œuvres complètes, t. II, pp. 419-420 ; Paris, Hachette, 1866, 3 vol. in-18). Dans sa concision, cette phrase de Montesquieu, hommage éclatant rendu aux Lettres, semble cacher un involontaire aveu de sécheresse de cœur. Mais comment imputer cette dureté de sentiments au généreux et compatissant philosophe qui nous fait cet autre aveu, dans une de ses Pensées (t. II, p. 421) : Je n’ai jamais vu couler de larmes sans en être attendri » ? Montesquieu a simplement voulu dire ici (cf. Larousse, Art d’écrire, les Fleurs et les Fruits, livre du maître, pp. 190-192) : « En lisant le récit d’infortunes, nous voyons que tous les hommes ont souffert avant nous, que beaucoup ont souffert plus que nous. Alors, la douleur s’adoucit…. En outre, la littérature, aussi bien que les beaux-arts et la nature elle-même, est une expression du beau ; or, la vue du beau tend à rétablir l’harmonie rompue au profit du sentiment. » Etc. Voir aussi ce que dit plus loin (p. 20) Pline le Jeune : « … Sans doute elle (l’étude) me fait mieux comprendre toute la grandeur du mal (de la peine), mais elle m’apprend aussi à le supporter avec plus de patience » ; et ce qu’écrit Éginhard à son ami Loup de Ferrières (pp. 85-86).  ↩

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