Le Livre, tome I, p. 005-029

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 5.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 5 [029]. Source : Internet Archive.

fret. Les uns répondirent d’une façon, les autres d’une autre ; mais, lui, dit qu’il y mettrait l’Iliade d’Homère, pour la dignement garder[005.1] ».

Alexandre professait, d’ailleurs, la plus haute estime pour les Lettres et pour les savants. Nous le voyons, dans Plutarque, se faire envoyer, alors qu’il était en Asie, les histoires de Philiste, des tragédies d’Euripide, de Sophocle et d’Eschyle, d’autres ouvrages encore. Il aimait et honorait son ancien précepteur Aristote, « non moins que son propre père, comme il disait lui-même, pource que de l’un il avait reçu le vivre, et de l’autre le bien vivre[005.2] ».

Un passage d’une idylle de Théocrite (300-220 av. J.-C.) nous fournit, dans la légende du chevrier Comatas, la plus gracieuse et la plus éloquente apologie qu’on puisse faire des Lettres. Ce chevrier professait pour les Muses un culte si fervent qu’il leur sacrifiait fréquemment des chèvres du troupeau dont il avait la garde. Son maître, irrité de ces sacrifices faits à son détriment, enferma le chevrier dans un coffre. « Nous allons voir, à présent, à quoi te serviront tes Muses ! » Mais quand, au bout de plusieurs mois, il rouvrit le coffre, il y trouva le prisonnier bien vivant : des abeilles, messagères des Muses, étaient venues le nourrir.

« Bienheureux Comatas ! car c’est toi qui subis

[I.029.005]
  1.  Plutarque, Vie d’Alexandre, trad. Amyot, t. V, p. 299.  ↩
  2.  Id., ibid., p. 261.  ↩

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