Le Livre, tome I, p. 017-041

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 17.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 17 [041]. Source : Internet Archive.

et les thermes, on a sa bibliothèque d’un poli parfait, comme indispensable ornement de maison. Je pardonnerais volontiers cette manie, si elle provenait d’un excès d’amour pour l’étude ; mais ces recueils précieux, mais, avec leurs portraits, les écrits de ces divins génies, s’achètent pour le coup d’œil : ils vont décorer des murailles[017.1]. »

« … Fais un choix d’écrivains pour t’y arrêter et te nourrir de leur génie, si tu veux y puiser des souvenirs qui te restent. C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un ami…. La nourriture ne profite pas, ne s’assimile pas au corps, si elle est rejetée aussitôt qu’absorbée. Rien ne retarde une guérison comme de changer sans cesse de remèdes ; on ne réussit point à cicatriser une plaie où les appareils ne sont qu’essayés ; on ne fortifie pas un arbuste par de fréquentes transplantations…. La multitude des livres dissipe l’esprit. Ainsi, ne pouvant lire tous ceux que tu aurais, il est suffisant pour toi d’avoir ceux que tu peux lire…. Lis donc habituellement les livres les plus estimés ; et si parfois tu en prends d’autres, comme distraction, par fantaisie, reviens vite aux premiers. Fais chaque jour provision de quelque arme contre la pauvreté, contre la mort, contre tous les autres fléaux ; et de plusieurs pages parcourues,

[I.041.017]
  1.  De la tranquillité de l’âme, ix, trad. Baillard, t. I, p. 250.  ↩

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