Le Livre, tome I, p. 023-047

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 23.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 23 [047]. Source : Internet Archive.

tence sur les livres et les Lettres, ou plus d’un renseignement intéressant sur l’état et les progrès de la bibliophilie.

Ainsi Catulle nous décrit en ces termes les luxueux livres de son temps : « Varrus, ce Suffenus que tu connais est un homme élégant, spirituel et poli ; il fait énormément de vers ; il en a, je crois, dix mille et plus d’écrits ; et non pas, comme c’est l’usage, sur l’humble palimpseste, mais sur papier royal, avec couvertures neuves, charnières neuves (ombilics neufs), aiguillettes rouges, texte soigneusement aligné (le parchemin réglé au plomb, — comme nous dirions réglé au crayon), et le tout poncé à ravir[023.1] ».

Horace, dans une épître consacrée « A son livre », nous donne d’intéressants détails sur l’état de la librairie à son époque, et le sort de certains écrits : « Il me semble, mon livre, que tu regardes souvent du côté de Vertumne et de Janus. Est-ce que tu voudrais être exposé en vente dans la boutique des Sosie, poli et relié par leurs mains ? Tu t’in-

[I.047.023]
    •  Suffenus iste, Varre, quem probe nosti,
      Homo est venustus, et dicax et urbanus,
      Idemque longe plurimos facit versus,
      Puto esse ego illi millia aut decem, aut plura,
      Perscripta : nec sic, ut fit, in palimpsesto
      Relata ; chartæ regiæ, novi libri,
      Novi umbilici, lora rubra, membrana
      Directa plumbo, et pumice omnia æquata.

     (Catulle, XXII, Ad Varrum, p. 384, trad. Nisard. Paris, Didot, 1903.)  ↩

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