Le Livre, tome I, p. 028-052

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 28.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 28 [052]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 29.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 29 [053]. Source : Internet Archive.

côtés de l’entrée, couvertes d’inscriptions indiquant les ouvrages en vente et les noms de leurs auteurs ; et, ainsi que nous le verrons plus loin, les murs intérieurs étaient garnis de rayons disposés en casiers, comme nos magasins de papiers peints.

Les lectures publiques, les « conférences », étaient très fréquentes dans la Rome impériale. Elles commencèrent sous Auguste, et l’usage en fut introduit par Asinius Pollion[028.1]. « Auparavant on se contentait de lire ou de faire lire les ouvrages durant les repas, chez soi ou chez ses amis. Cicéron, par exemple, envoyant de Pouzzoles son traité De la gloire à Atticus qui était à Rome, lui recommande de ne pas le publier, mais d’en noter les plus beaux endroits, qu’il pourra faire réciter à table par son lecteur Salvius, devant des auditeurs bien disposés[028.2]. Mais déjà la vanité s’était emparée de cette coutume, et les mauvais écrivains, sous prétexte de donner à dîner à leurs amis, leur infligeaient, comme un accessoire obligé, l’audition de leurs rapsodies[028.3]. Cet

[I.052.028]
  1.  Sénèque, ap. Géraud, op. cit., p. 188.  ↩
  2.  Cicéron, ap. Géraud, ibid.  ↩
  3.  Cf. Catulle, XLIV, A sa terre (trad. Nisard, pp. 391-392) :
    •  · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
      Nec deprecor jam, si nefaria scripta
      Sexti recepso, quin gravedinem, et tussim
      Noti mi, sed ipsi Sextio ferat frigus,
      Qui tunc vocat me, quum malum legit librum.

     « Je désire, si je reçois encore les détestables écrits de Sextius, que leur froideur donne une toux et un catarrhe, non plus à moi, mais à Sextius lui-même, qui m’appelle quand il a un mauvais ouvrage à lire. »
    Et Martial : III, 50 (trad. Nisard, pp. 379-380) :

    •  Hæc tibi, non alia, est ad cœnam causa vocandi,
      Versiculos recites ut, Ligurine, tuos.
      Etc.

     « Tu n’as pas d’autre motif, Ligurinus, en appelant des convives, que de leur réciter de petits vers à ta façon. A peine ai-je ôté mes sandales que, soudain, parmi les laitues et les sauces piquantes, on apporte un énorme livre. Tu en lis un second au premier service ; un troisième avant l’arrivée du service suivant ; enfin tu ne nous fais grâce ni d’un quatrième ni d’un cinquième. Un sanglier que tu nous servirais tant de fois sentirait mauvais. Que si tu ne fais pas servir tes maudits poèmes à envelopper des maquereaux, dorénavant, Ligurinus, tu souperas seul. »  ↩

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