Le Livre, tome I, p. 031-055

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 31.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 31 [055]. Source : Internet Archive.

« Ces petits faits et quelques autres que nous trouvons dans Pline ne sont pas de nature à prouver qu’il y eût à Rome un grand zèle pour les lectures publiques, surtout dans la classe des auditeurs : on y assistait par habitude, tout en maugréant contre l’usage, comme beaucoup de personnes chez nous s’astreignent aux visites du 1er janvier, tout en appelant de leurs vœux l’abolition de cette assujettissante coutume. Parmi les invités, les uns ne venaient pas du tout, les autres faisaient un acte de complaisance forcée, et regardaient comme du temps perdu celui qu’ils passaient à écouter une lecture ; aussi ne se piquaient-ils pas d’une grande exactitude. Ils musaient longtemps à la porte de l’auditoire, faisaient demander si le lecteur était arrivé, s’il avait débité sa préface, si son livre avançait. Alors seulement ils entraient, lentement et les uns après les autres. Ils s’asseyaient ; mais, du reste, pas d’attention, pas un mot d’encouragement, pas un geste d’approbation, et, comme nous l’avons vu, ils saisissaient toutes les circonstances qui pouvaient faire diversion à l’ennui du récit. La plupart même quittaient la séance avant la fin, les uns en dissimulant autant que possible leur sortie, les autres ouvertement et sans gêne[031.1]. Cette indifférence ne refroidissait pas le zèle des auteurs, et chacun des jours des mois d’avril, de juillet et d’août, spé-

[I.055.031]
  1.  Cf. Pline le Jeune, I, 13 ; VI, 17.  ↩

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