Le Livre, tome I, p. 033-057

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 33.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 33 [057]. Source : Internet Archive.

que toi. Quoi de plus insupportable, en effet, qu’une pareille importunité ! Si je suis debout, tu lis ; si je m’assieds, tu lis ; si je cours, tu lis ; tu lis encore, quand je suis à la selle. Je fuis aux thermes, tu te pends à mon oreille ; j’entre au bain, tu m’empêches d’y nager ; je rentre souper, tu ne me quittes pas un instant ; je commence à manger, tu me chasses de table. Harassé, je m’endors, et soudain tu m’éveilles. Vois donc le mal que tu me fais ! Tu es juste, probe, inoffensif, et pourtant tu es redouté[033.1] ! »

Et cette autre :

« Je ne sais si Apollon s’enfuit de la table au festin de Thyeste ; mais nous, Ligurinus, nous fuyons de la tienne. Je le sais, elle est somptueuse et chargée des mets les plus délicats ; et pourtant tout m’y déplaît, quand tu récites. Je dédaigne ton turbot et ton surmulet de deux livres ; ce ne sont ni tes champignons ni tes huîtres que je demande, mais seulement ton silence[033.2]. »

« Rome, ajoute Géraud[033.3], était pleine de pareils

[I.057.033]
    •  Occurrit tibi nemo quod libenter ;
      Quod, quæcumque venis, fugas est, et ingens
      Circa te, Ligurine, solitudo ;
      Etc.

     (Martial, III, 44, trad. Nisard, pp. 378-379.)  ↩

    •  Fugerit an mensas Phœbus cœnamque Thyestæ,
      Ignoro : fugimus nos, Ligurine, tuam.
      · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
      Nec volo boletos, ostrea nolo : tace.

     (Id., III, 45, trad. Nisard, p. 379.)  ↩

  1.  Op. cit., p. 192.  ↩

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