Le Livre, tome I, p. 037-061

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 37.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 37 [061]. Source : Internet Archive.

ses plaintes fréquentes sur la pénurie de ses finances, ni Juvénal, dans la satire sur la misère des gens de lettres[037.1], ne songent à accuser les libraires. Dans les relations de ces derniers avec les auteurs, la part de chacun était faite : au libraire l’argent, à l’écrivain la gloire. Ce partage est clairement exprimé dans ces vers de l’Art poétique d’Horace :

Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci,
Lectorem delectando, pariterque monendo.
Hic meret æra liber Sosiis : hic et mare transit,
Et longum noto scriptori prorogat ævum[037.2].

« Et Tacite, dans son Dialogue sur les orateurs[037.3] : « Les vers, dit-il, ne conduisent point aux honneurs, ils ne mènent point à la fortune ; tout leur fruit se borne à un plaisir court, à des louanges frivoles et stériles. » « Et plus bas[037.4] : « La renommée, à

[I.061.037]
  1.  Satire VIII.  ↩
  2.  « Pour enlever tous les suffrages, mêlez l’utile à l’agréable ; amusez en instruisant. Voilà l’ouvrage qui fait la fortune des Sosie (du libraire) ; l’ouvrage qui passe même au delà des mers, et fait vivre l’auteur dans la postérité. » (Art poétique, vers 343-346, trad. Panckoucke, p. 361. (Paris, Garnier, 1886.) « Les vers d’Horace ont immortalisé le nom des Sosie, dont la boutique était sur le forum de César, près des temples de Vertumne et de Janus ». (Géraud, op. cit., pp. 174-175.) Il a déjà été question d’eux précédemment (pp. 23-24).  ↩
  3.  « Nam carmina et versus… neque dignitatem ullam auctoribus suis conciliant, neque utilitates alunt : voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. » (Dialogus de Oratoribus, ix. Tacite, édit. Dureau de Lamalle, t. III, pp. 407-408. Paris, Lefèvre, 1846.)  ↩
  4.  Chap. x, p. 410.  ↩

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet