Le Livre, tome I, p. 038-062

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 38.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 38 [062]. Source : Internet Archive.

laquelle les poètes sacrifient tout, et qu’ils avouent être le seul prix de leurs travaux, quod unum esse pretium omnis sui laboris fatentur, n’est pas autant le partage des poètes que des orateurs[038.1]. »

Il fallait bien vivre cependant, par conséquent, manger et solder son pain. « Mon livre n’est qu’un joyeux convive, un compagnon de plaisirs, écrit Martial[038.2] ; il plaît, parce qu’on en jouit gratis. Nos anciens ne se contentaient pas de cette gloire ; le moindre présent fait à Virgile fut le bel Alexis. »

« Dans les républiques grecques, dit Géraud[038.3], les poètes chantaient les vainqueurs des jeux publics et en attendaient leur salaire ; dans les royaumes, ils vendaient leur muse aux monarques qui voulaient l’acheter, et l’avarice des princes leur valait souvent d’amères satires. A Rome, les poètes spéculaient sur la vanité des empereurs et des grands. Dans la pièce de vers où Martial se plaint que sa bourse se ressente si peu de la vogue de ses livres[038.4], que demande-t-il ? des libraires plus généreux ? Nullement. Il désire que les destins donnent à Rome un nouveau Mécène, comme ils lui ont envoyé un nou-

[I.062.038]
  1.  Ap. Géraud, op. cit., pp. 196-197.  ↩
    •  At nunc conviva est, comissatorque libellus,
      Et tantum gratis pagina nostra placet.
      Sed non hac veteres contenti laude fuerunt,
      Quum minimum vali munus Alexis erat.

     (Martial, V, 16, trad. Nisard, p. 407.)  ↩

  2.  Op. cit., p. 197.  ↩
  3.  XI, 3. Cf. supra, p. 36, note 2.  ↩

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