Le Livre, tome I, p. 039-063

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 39.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 39 [063]. Source : Internet Archive.

vel Auguste dans la personne de Nerva. D’où vient, suivant Juvénal, la détresse des gens de lettres ? C’est que Rome n’a plus des Mécène, des Proculeius, des Fabius, des Lentulus, des Cotta[039.1]. »

On sait quelle sollicitude l’empereur Auguste témoigna aux lettres et aux gens de lettres, que de marques de faveur reçurent de lui Virgile et Horace, entre autres. Ses bienfaits se répandaient même sur d’obscurs écrivains, et Macrobe raconte à ce sujet cette curieuse anecdote[039.2] : Un pauvre poète grec avait l’habitude d’attendre l’empereur à la porte de son palais, et de lui remettre chaque fois une courte pièce de vers célébrant ses louanges. Fatigué de ce manège, dont il faisait probablement semblant de ne pas comprendre le but, l’empereur prit un jour un morceau de papier et y traça quelques vers, qu’il remit au Grec en échange des siens. Le Grec, aussitôt après les avoir lus, de s’exclamer sur leur grâce, leur élégance, leur perfection, de les louer avec le plus chaleureux enthousiasme ; puis de tirer bien vite sa bourse, et de présenter à l’empereur deux oboles : « Si j’avais plus, je donnerais davantage ».

[I.063.039]
    •  Quis tibi Mæcenas ? quis nunc erit aut Proculeius.
      Aut Fabius, quis Cotta iterum, quis Lentulus alter ?
      Tunc par ingenio pretium…

     « Où sont les Mécène, les Fabius ? où trouver un Cotta ? Un autre Lentulus ? Alors les dons égalaient le génie…. » (Juvénal, VII, trad. Dusaulx, p. 344. Paris, Lefèvre, 1845.)  ↩

  1.  Ap. Juvénal, trad. Dusaulx, p. 347, note 10 ; et Géraud, op. cit., p. 198.  ↩

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