Le Livre, tome I, p. 040-064

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 40.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 40 [064]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 41.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 41 [065]. Source : Internet Archive.

Cette fois Auguste fut bien forcé de saisir l’apologue ; il trouva d’ailleurs la farce bonne, sourit, et fit compter au rusé poète cent mille sesterces (environ 25 000 francs).

« Les successeurs d’Auguste suivirent son exemple et récompensèrent les hommes de lettres tantôt par des honneurs, tantôt par des présents. Domitien enrichit Quintilien et paya généreusement les flatteries de Martial ; Trajan combla de faveurs Pline le Jeune, et Vespasien donna en une seule fois à Saleius cinq cent mille sesterces (123 000 francs). Tacite, qui rapporte ce dernier trait[040.1], ajoute : « Il est beau sans doute de mériter, par ses talents, les libéralités du prince ; mais combien n’est-il pas plus beau encore, si notre fortune nous impose des besoins, de ne recourir qu’à soi, de n’implorer que son génie, de n’avoir que soi pour bienfaiteur ! » « Sans les libéralités des empereurs, les poètes n’auraient eu, dit Juvénal[040.2], d’autre parti à

[I.064.040]
  1.  Dialogue sur les orateurs, ix, p. 409. Au lieu de 123 000 francs, Dureau de Lamalle donne, en note, 97 265 francs, comme représentant la valeur actuelle de 500 000 sesterces.  ↩
    •  Et spes et ratio studiorum in Cæsare tantum :
      Solus enim tristes hac tempestate Camenas.
      Respexit, quum jam celebres notique poetæ
      Balneolum Gabiis, Romæ conducere furnos
      Tentarent….

     « Les lettres n’ont plus que César qui les soutienne et les anime ; lui seul, dans ce siècle ingrat, a rassuré les Muses éperdues, lorsque déjà nos poètes les plus célèbres voulaient se mettre dans Gabies aux gages d’un baigneur, à ceux d’un boulanger de Rome…. » (Juvénal, VII, vers 1 et s., trad. Dusaulx, p. 329.)  ↩

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