Le Livre, tome I, p. 058-082

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 58.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 58 [082]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 59.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 59 [083]. Source : Internet Archive.

Pour transporter les rouleaux de papyrus, on les plaçait verticalement et par séries dans des boîtes cylindriques plus ou moins ornées, qui étaient de véritables écrins et en avaient le nom (scrinium, pluriel scrinia ; et capsa, æ). Dans les bibliothèques et chez les libraires, on les rangeait à plat dans de petites cases fixées aux murs, ce qui faisait ressembler ces bibliothèques et ces magasins à nos boutiques de papiers peints, dont les murs sont entièrement revêtus de casiers ainsi remplis de rouleaux. Ces bibliothèques et ces librairies pouvaient encore se comparer à l’intérieur des colombiers, tout tapissés de nids ; — ou encore à un columbarium, avec ses rangées de petites niches destinées aux urnes funéraires ; — d’où le nom de nidi, nids, donné à ces cases. Il est à supposer que, souvent, afin d’éviter la poussière, ces « nids » avaient chacun son volet, sa petite porte, ou bien étaient dissimulés derrière de longs panneaux de bois s’ouvrant comme des vantaux d’armoire[058.1].

[I.082.058]
  1.  Sur la disposition des bibliothèques chez les anciens, l’ordre qui y régnait, et le rangement des volumes, on ne peut guère, remarque Peignot (op. cit., pp. 61-63), former « que des conjectures appuyées sur quelques citations isolées et fort incomplètes. D’abord les bibliothèques étaient divisées par armoires, et ces armoires étaient numérotées, car Vopiscus dit : « On voit dans la sixième armoire de la bibliothèque Ulpienne librum elephantinum. » « … La petite chambre où l’on a découvert les 1 700 rouleaux d’Herculanum était entourée d’armoires de la hauteur de cinq pieds et demi. Boèce, dans sa Consolation, nous apprend aussi que ces armoires étaient ornées d’ivoire, c’est-à-dire sans doute que les montants de ces armoires étaient plaqués de petits bas-reliefs et arabesques, ciselés en ivoire…. Ces armoires étaient fermées par des vitraux, du temps de Boèce (mis à mort en 526), de sorte qu’on pouvait voir du dehors les cases, foruli, capsæ, destinées dans l’intérieur à recevoir les rouleaux. Ces rouleaux étaient posés de manière à tenir le moins de place, c’est-à-dire qu’on les glissait à côté les uns des autres dans leurs cases, comme nos marchands de papiers de tenture disposent leurs rouleaux dans leurs boutiques. Mais on avait soin que l’umbilicus, avec sa bossette, fût toujours en avant. La profondeur des rayons pouvait être de quinze pouces…. On n’entassait pas, sans divisions, les rouleaux les uns sur les autres, car il eût été difficile de tirer un rouleau placé dans la partie inférieure de l’armoire, et qui eût supporté la charge des rouleaux supérieurs…. La partie supérieure de l’armoire était parfois surmontée du buste de l’auteur ou d’une divinité qui présidait aux lettres ou aux sciences…. » Suivent des citations de Juvénal, III, vers 219 ; Sidoine Apollinaire, livre II, épître 19 ; Cicéron, lettres diverses ; etc.  ↩

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