Le Livre, tome I, p. 063-087

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 63.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 63 [087]. Source : Internet Archive.

plusieurs feuillets), tantôt en forme de diptyque ou de polyptyque, et tantôt comme un paravent. Elles s’employaient rarement sans enduit, et l’enduit ordinaire était la cire. Des rebords en saillie retenaient sur chaque feuillet cette substance malléable, sur laquelle on écrivait avec le stylet. Les tablettes ainsi préparées servaient partout aux correspondances, aux devoirs des écoliers, aux comptes, aux notes fugitives ; car le principal avantage de la cire et la raison de son emploi, c’est qu’elle permettait d’effacer et de remplacer facilement les caractères tracés. Par le même motif, l’usage des tablettes se perpétua jusqu’à la fin du moyen âge, la vulgarisation du livre proprement dit ne détruisant pas leur utilité toute spéciale. Charlemagne en avait d’habitude sous son chevet, suivant le témoignage d’Éginhard[063.1]. Aux xiie et xiiie siècle, les dames françaises en portaient à leur ceinture, renfermées dans un étui plus ou moins riche, et les fabricants de « tables à escrire » formaient à Paris une corporation.

« Les comptes de nos rois étaient dressés sur des tablettes de cire, avant d’être transcrits sur le parchemin, et un de ces brouillons attire encore à juste titre la curiosité du public dans le musée de nos Archives nationales. Ce précieux monument renferme une partie des recettes et des dépenses de l’hô-

[I.087.063]
  1.  Vie de l’empereur Charles, chap. xxv. trad. Teulet, p. 35. (Paris, Didot, 1856.)  ↩

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