Le Livre, tome I, p. 067-091

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 67.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 67 [091]. Source : Internet Archive.

Le style, qui servait à écrire sur les tablettes de cire, « était un petit instrument d’os, de fer, de cuivre ou d’argent, long de quatre à cinq pouces, mince, effilé et pointu à l’une de ses extrémités, tandis que l’autre, assez forte, était aplatie…. La pointe traçait l’écriture sur la cire, et, si l’on avait une lettre ou un mot à corriger ou à effacer, on retournait le style et l’on employait l’extrémité aplatie pour faire disparaître la lettre ou le mot réprouvé, pour rendre unie, dans cet endroit, la surface de la cire, et pouvoir substituer un autre mot à celui qu’on venait d’effacer. L’expression vertere stylum, retourner le style, passait en proverbe chez les Romains pour dire corriger un ouvrage. C’est ce qui fait qu’Horace, conseillant aux poètes de souvent revoir et corriger leurs ouvrages, leur dit :

Sæpe stylum vertas, iterum quæ digna legi sint,
Scripturus[067.1]….

« Il paraît que l’usage du style est fort ancien ; il en est question dans la Bible. Dieu menace de détruire Jérusalem, et, selon l’expression de la Vulgate, de l’effacer comme on efface ce qui est écrit sur des tablettes, en passant et repassant plusieurs fois le style par-dessus[067.2]. Mais si le style a été en

[I.091.067]
  1.  Satires, I, 10, p. 216, trad. Panckoucke : « Effacez souvent, si vous voulez qu’on relise vos écrits ».  ↩
  2.  « Delebo Jerusalem sicut deleri solent tabulæ : et delens vertam, et ducam crebrius stylum super faciem ejus. » (Regum, IV, 21, verset 13.)  ↩

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