Le Livre, tome I, p. 068-092

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 68.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 68 [092]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 69.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 69 [093]. Source : Internet Archive.

usage longtemps avant l’ère vulgaire, on s’en est encore servi longtemps après. Saint Boniface, apôtre d’Allemagne, nous apprend, dans une de ses lettres (la septième), que les styles d’argent étaient encore à la mode au viiie siècle. Nous avons vu précédemment que leur usage s’est prolongé bien au delà de ce siècle, puisque les tablettes de cire étaient encore employées au xve[068.1]. »

Durant ce long intervalle, le style est plus d’une fois devenu une arme dangereuse, s’est plus d’une fois transformé en stylet. « César, se défendant, en plein sénat, aux ides de mars, contre ses assassins, perça le bras de Cassius avec son style, graphio trajecit, dit Suétone[068.2]. Caligula, désirant la mort d’un sénateur, suborna des gens pour l’attaquer comme ennemi public, et le malheureux fut massacré à coups de styles[068.3]. Un chevalier romain, dit Sénèque[068.4], fut également massacré sur la place publique par les styles du peuple, pour avoir tué son fils à coups de fouet. Saint Cassien, maître d’école à Imola, en Italie, fut martyrisé, vers le ive siècle, à coups de style, par ses écoliers[068.5]. Du temps de Martial[068.6],

[I.092.068]
  1.  Peignot, op. cit., pp. 74-75.  ↩
  2.  Jules César, 82.  ↩
  3.  Suétone, Caïus Caligula, 28.  ↩
  4.  De la Clémence, I, 14.  ↩
  5.  Prudence, ap. Peignot, op. cit., p. 75.  ↩
    •  Hæc tibi erunt armata suo graphiaria ferro :
      Si puero dones, non leve munus erit.

     « A vous cet étui garni de styles de fer : si vous le donnez à un enfant, vous ne lui ferez pas un mince cadeau. » (Martial, XIV, 21, trad. Nisard, p. 549.)  ↩

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