Le Livre, tome I, p. 094-118

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 94.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 94 [118]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 95.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 95 [119]. Source : Internet Archive.

maîtres qui nous instruisent sans verges et sans férule, sans cris et sans colère, sans costume (d’apparat) et sans argent. Si on les approche, on ne les trouve point endormis ; si on les interroge, ils ne dissimulent point leurs idées ; si l’on se trompe, ils ne murmurent pas ; si l’on commet une bévue, ils ne connaissent point la moquerie. » Et il continue : « O livres, qui possédez seuls la liberté, qui seuls en faites jouir les autres, qui donnez à tous ceux qui vous demandent, et qui affranchissez tous ceux qui vous ont voué un culte fidèle, que de milliers de choses ne recommandez-vous pas allégoriquement aux savants, par le moyen de l’Écriture, inspirée d’une grâce céleste[094.1] ! »

[I.118.094]
  1.  A cet endroit (page 17), Cocheris reproduit en note une « litanie bibliographique » latine, composée, ajoute-t-il, « dans le même esprit que tout ce qui précède. Elle a été publiée par Chasseneux, dans son Catalogus Gloriæ mundi, 1639, in-folio (p. 586, part. 12, Consid. 73) ; par Selden, dans son ouvrage sur l’usage et l’abus des livres (Amsterdam, 1688, petit in-8, p. 48) ; et par M. G. D., dans le Bulletin du bibliophile (année 1839, p. 547 et suiv.), qui l’a fait suivre d’une traduction à laquelle je renvoie les lecteurs. » Peignot, dans son Manuel du bibliophile (Discours préliminaire, t. I, p. xxxv, note 1), a aussi reproduit cette litanie, mais sa version diffère très sensiblement de celle de Cocheris ; il l’emprunte au Polyhistor de Morhof, livre I, chap. iii, — dont la première édition (1688-1692) est postérieure de près d’un demi-siècle à celle de l’ouvrage de Chasseneux mentionné plus haut, — et il l’attribue à Lucas de Penne, sans nous dire quel est ce personnage, dont le nom ne figure ni dans la Biographie universelle de Michaud, ni dans celle du Dr Hœfer, ni dans celle de Rabbe, ni dans le Dictionnaire de la Conversation, ni dans Larousse, ni dans la Grande Encyclopédie. Pour abréger, je n’insérerai ici qu’une des versions de cette « litanie bibliographique », la version donnée par Peignot, qui est moins longue et plus simple que l’autre :

     « Liber est lumen cordis, speculum corporis, virtutum magister, vitiorum depulsor, corona prudentium, comes itineris, domesticus amicus, congerro jacentis, collega et consiliarius præsidentis, myrothecium eloquentiæ, hortus plenus fructibus, pratum floribus distinctum, memoriæ penus, vita recordationis ; vocatus properat, jussus festinat, semper præsto est, nunquam non morigerus, rogatus confestim respondet, arcana revelat, obscura illustrat, ambigua certiorat, perplexa resolvit ; contra adversam fortunam defensor, secundæ moderator, opes adauget, jacturam propulsat…. »

     (Traduction : Le livre est la lumière du cœur, le miroir du corps ; il enseigne les vertus, il chasse les vices ; il est la couronne des prudents, le compagnon de voyage, l’ami domestique, la société du malade, le collègue et le conseiller de celui qui gouverne, le coffre à parfums de l’éloquence, le jardin plein de fruits, le pré orné de fleurs, le réservoir de la mémoire, la vie du souvenir ; appelé, il arrive ; commandé, il accourt ; toujours il est prêt, jamais il ne manque de complaisance ; interrogé, il répond aussitôt ; il révèle ce qui est caché, éclaire ce qui est obscur, rend certain ce qui est embrouillé ; il protège contre la mauvaise fortune, modère la prospérité, accroît les richesses, repousse la dépense….)  ↩

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce texte