Le Livre, tome I, p. 101-125

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 101.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 101 [125]. Source : Internet Archive.

Pétrarque, qui a bien mérité le nom de Restaurateur des lettres[100.1], fit connaître Sophocle à l’Italie ; cita Aristophane plus directement qu’on ne l’avait fait avant lui ; découvrit, dans la bibliothèque du chapitre de Vérone, les Lettres familières de Cicéron[100.2] ; et, en donnant à la république de Venise plusieurs manuscrits, posa ainsi, comme il le dit lui-même, les premiers fondements de la bibliothèque de Saint-Marc. Oubliés dans une petite pièce voisine des quatre chevaux de bronze qui ornent la façade de Saint-Marc, ces manuscrits s’y détériorèrent, et aujourd’hui il n’en subsiste qu’un très petit nombre[100.3].

Un autre illustre écrivain du même temps, Jean Boccace (1313-1375), fut aussi un grand ami des livres, qui sentait saigner son cœur à la vue des mutilations et profanations dont ils étaient victimes. Voici en quels termes un de ses commentateurs, Benvenuto

[I.125.101]
  1.  Cf. Mézières, op. cit., p. 328.  ↩
  2.  On montre encore à la bibliothèque Laurentienne (à Florence) un manuscrit des Lettres de Cicéron, Ad familiares, copiées par Pétrarque, gros recueil à épaisse couverture de bois garnie de cuivres, qui faillit coûter cher à son maître. Afin d’avoir toujours auprès de lui ce manuscrit, dont il se servait très fréquemment, Pétrarque l’avait mis debout « contre la porte de sa bibliothèque. Mais, en passant par là et en pensant à autre chose, il renversa plusieurs fois le livre qui vint chaque fois le frapper à la jambe gauche et à la même place. Il en résulta une blessure qu’il négligea d’abord, qui le fit ensuite beaucoup souffrir, qui le retint au lit plusieurs jours, et qui le mit en danger de perdre la jambe ». (Mézières, op. cit., p. 339.)  ↩
  3.  Lalanne, op. cit., pp. 227 et 191.  ↩

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