Le Livre, tome I, p. 102-126

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 102.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 102 [126]. Source : Internet Archive.

da Imola, nous rend compte d’une visite faite par l’auteur du Décaméron à l’abbaye du Mont-Cassin :

« Mon vénérable maître, Boccace de Certaldo, se trouvant dans la Pouille, alla visiter le noble monastère du Mont-Cassin ; et, avide de voir la bibliothèque, dont il avait entendu vanter la richesse, il demanda humblement à un moine (car il était très doux de son naturel) qu’il voulût bien avoir la complaisance de lui ouvrir la bibliothèque. Mais celui-ci lui répondit avec humeur en lui montrant une échelle très haute : « Montez, car elle est ouverte ». Boccace monta joyeusement, et trouva le local, où était un si précieux trésor, sans clef ni porte ; et, étant entré, il s’aperçut que les herbes poussaient aux fenêtres, et que, livres et bancs, tout était couvert d’une épaisse poussière. Alors, tout en s’étonnant de pareilles choses, il commença à ouvrir un livre, puis un autre, et y trouva une infinité d’ouvrages anciens et étrangers. Aux uns, il manquait des cahiers, aux autres on avait coupé les marges ; la plupart étaient mutilés de diverses manières. Enfin Boccace, gémissant de voir que les travaux et les fruits des études de tant d’illustres génies étaient tombés entre les mains de tels hommes, s’éloigna, le cœur dolent et les yeux pleins de larmes. Puis, en parcourant le cloître, il demanda à un moine qu’il rencontra pourquoi ces livres précieux étaient ainsi mutilés d’une façon si honteuse. Celui-ci lui répondit que des

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