Le Livre, tome I, p. 113-137

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 113.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 113 [137]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 114.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 114 [138]. Source : Internet Archive.

goûts, toutes mes pensées, tous mes soins n’ont eu d’autre but que de me procurer des livres pour en former une bibliothèque assortie. Aussi, dès mon jeune âge, non seulement j’en copiais beaucoup, mais toutes les petites épargnes que je pouvais mettre de côté par une grande économie, je les employais sur-le-champ à acheter des livres ; et, en effet, je croyais ne pouvoir acquérir ni d’ameublement plus beau, plus digne de moi, ni de trésor plus utile et plus précieux. Ces livres, dépositaires des langues, pleins des modèles de l’antiquité, consacrés aux mœurs, aux lois, à la religion, sont toujours avec nous, nous entretiennent et nous parlent ; ils nous instruisent, nous forment, nous consolent ; ils nous rappellent les choses les plus éloignées de notre mémoire, nous les rendent présentes, les mettent sous nos yeux. En un mot, telle est leur puissance, telle est leur dignité, leur majesté, leur influence, que, s’il n’y avait pas de livres, nous serions tous ignorants et grossiers ; nous n’aurions ni la moindre trace des choses passées, ni aucun exemple, ni la moindre notion des choses divines et humaines. Le même tombeau qui couvre les corps aurait englouti les noms célèbres[113.1].

[I.137.113]
  1.  Formey, dans ses Conseils pour former une bibliothèque…, p. 101 (Berlin, Haude et Spener, 1756), compare avec raison cette éloquente apothéose des livres à la célèbre apologie des Lettres, placée par Cicéron dans son plaidoyer pour Archias : « Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant…. ». Cf. supra, p. 13. note 1.  ↩

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