Le Livre, tome I, p. 114-138

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 114.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 114 [138]. Source : Internet Archive.

« Cependant, quoique j’eusse déjà fait tout ce qu’il m’était possible de faire pour ma bibliothèque, je sentis tout à coup mon zèle se ranimer à la funeste nouvelle de la perte de la Grèce et de la prise de Constantinople (le 29 mai 1453), et je n’épargnai rien pour obtenir, par des recherches multipliées, tous les livres grecs que l’on pouvait découvrir ; car je craignais beaucoup que tant de grands hommes, que le fruit précieux des veilles et des sueurs de tant d’illustres écrivains, que tant de flambeaux du monde, se trouvant dans un aussi grand danger, ne vinssent à périr avec tout le reste. D’ailleurs, dans les temps anciens, les lettres grecques ont déjà fait une telle perte, que de deux cent vingt mille ouvrages qui, au rapport de Plutarque, existaient dans la bibliothèque d’Apamée, à peine il nous en reste mille. J’ai tâché, autant qu’il m’a été possible, de réunir moins un grand nombre de livres que des ouvrages excellents, et surtout de les avoir complets. Ainsi j’ai rassemblé, parmi les productions des sages de la Grèce, tout ce qu’il y avait de plus rare et de plus difficile à trouver.

« Mais, réfléchissant souvent sur cet objet, il m’a semblé que mon but ne serait pas entièrement atteint, si je ne prenais des précautions pour qu’un

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