Le Livre, tome I, p. 115-139

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 115.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 115 [139]. Source : Internet Archive.

trésor amassé avec tant de soins et à si grands frais ne fût ni vendu ni dispersé après ma mort, mais qu’il fût placé, pendant que j’existe encore, dans quelque lieu sûr et commode, et conservé précieusement pour l’utilité commune des amis des lettres grecques et latines[115.1]…. »

Le roi de Hongrie Mathias Corvin (1443-1490), très versé dans les lettres et les sciences, avait rassemblé à Bude, sa capitale, une superbe bibliothèque, qui contenait une grande quantité de manuscrits provenant de Constantinople. Cette bibliothèque, riche de 50 000 volumes, fut saccagée, en 1526, après la bataille de Mohacz, lorsque les Turcs, sous la conduite de Soliman, entrèrent à Bude. Les somptueuses reliures, garnies de pierreries et de fermoirs d’argent, furent arrachées par les soldats, les plus belles miniatures déchirées et enlevées ; le feu fut mis ensuite à ce qui restait, et peu de volumes échappèrent au désastre. Quelques-uns, oubliés dans une tour, y furent retrouvés un siècle plus tard, et ils font aujourd’hui partie de la bibliothèque de Vienne ; quatre autres figurent dans les collections de notre Bibliothèque nationale ; « mais on peut affirmer, dit M. Van Praet, qu’ils sont des plus beaux que renfermait celle de Bude[115.2] ».

[I.139.115]
  1.  Ap. Peignot, Manuel du bibliophile, t. I, pp. xxxi-xxxiv ↩
  2.  Ap. Édouard Fournier, l’Art de la reliure en France, p. 57.  ↩

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet