Le Livre, tome I, p. 124-148

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 124.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 124 [148]. Source : Internet Archive.

J’en jouïs, comme les avaricieux des trésors, pour savoir que j’en jouïrai quand il me plaira : mon âme se rassasie et contente de ce droict de possession. Je ne voyage sans livres, ni en paix, ni en guerre : toutesfois il se passera plusieurs jours, et des mois, sans que je les emploie ; ce sera tantost, dis-je, ou demain, ou quand il me plaira : le temps court et s’en va ce pendant, sans me blecer ; car il ne se peult dire combien je me repose et séjourne en cette considération, qu’ils sont à mon costé pour me donner du plaisir à mon heure ; et à recognoistre combien ils portent de secours à ma vie. C’est la meilleure munition que j’aye trouvé à cet humain voyage ; et plainds extrêmement les hommes d’entendement qui l’ont à dire » (qui en sont privés).

« Je ne cherche aux livres, dit ailleurs Montaigne[124.1], qu’à m’y donner du plaisir par un honneste amusement : ou si j’estudie, je n’y cherche que la science qui traicte de la cognoissance de moi-mesme, et qui m’instruise à bien mourir et à bien vivre…. Si ce livre me fasche, j’en prends un aultre…. Je ne me prends guères aux nouveaux, pour ce que les anciens me semblent plus pleins et plus roides…. »

Il y aurait encore à extraire des Essais bien d’autres passages relatifs à la lecture et aux belles-lettres. En voici un dernier, où, toujours sans parti pris,

[I.148.124]
  1.  Essais, livre II, chap. x (t. II, p. 210).  ↩

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