Le Livre, tome I, p. 129-153

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 129.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 129 [153]. Source : Internet Archive.

ceux des autres siècles que de voyager. Il est bon de savoir quelque chose des mœurs de divers peuples, afin de juger des nôtres plus sainement, et que nous ne pensions pas que tout ce qui est contre nos modes soit ridicule et contre raison, ainsi qu’ont coutume de faire ceux qui n’ont rien vu. Mais, lorsqu’on emploie trop de temps à voyager, on devient enfin étranger à son pays ; et, lorsqu’on est trop curieux des choses qui se pratiquaient aux siècles passés, on demeure ordinairement fort ignorant de celles qui se pratiquent en celui-ci[129.1]. »

Guez de Balzac (1597-1654), le Malherbe de la prose française, comme on l’a à juste titre surnommé, qui, dans ses Lettres, dans le Prince, le Socrate chrestien, etc., s’efforce d’initier les profanes, tous les ignorants du latin et du grec, aux splen-

[I.153.129]
  1.  Descartes avait-il beaucoup lu ? « Avant d’entreprendre, suivant sa méthode personnelle, la série magnifique de ses travaux, » avait-il vraiment lu, comme l’assure M. Albert Collignon (la Vie littéraire, pp. 301-302), « tout ce qui avait jamais été pensé sur le monde et sur l’homme » ? Quoi que Descartes ait pu dire sur lui-même et sur ses nombreuses lectures, on est plutôt porté à croire, au contraire, qu’il a toujours lu « avec discrétion », estimant sans doute après Sénèque que : « Paucis ad bonam mentem opus est litteris » (ap. Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. II, p. 491). « Ce sont, après tout, les ignorants comme Pascal, comme Descartes, comme Rousseau, ces hommes qui ont peu lu, mais qui pensent et qui osent, » etc. (Id., Causeries du lundi, t. II, p. 185.) « Descartes et Rousseau étaient de petits liseurs, peu au courant de la tradition. » (Jules Levallois, l’Année d’un ermite, p. 18.)  ↩

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