Le Livre, tome I, p. 131-155

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 131.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 131 [155]. Source : Internet Archive.

été à cette cérémonie, et que c’étoit la plus belle chose du monde. Ils me reprochent que je suis trop peu curieux et trop mélancolique, et moy je dis qu’ils sont trop peu ménagers de leur temps. Je m’en rapporte à vous. Si vous me condamnez, je vous promets que, la première fois que le Pape viendra à Paris, j’iray exprès jusqu’à la rue Saint-Jacques au-devant de luy, où je l’attendray chez un libraire, en lisant quelque livre, et ce ne seroit encore que pour vous complaire : car, à vous dire la vérité, si le roy Salomon avec la reine de Saba faisoient icy leur entrée, avec toute leur gloire, je ne say si j’en quitterois mes livres[131.1]. »

A un autre de ses amis et correspondants, à Falconet, médecin lyonnais, comme Spon, Gui Patin dépeint ainsi son cabinet de travail, — son « étude », où étaient rangés « en belle place et en bel air » les dix mille volumes dont se composait sa biblio­thèque[131.2] : « Je vous puis assurer qu’elle est belle. J’ay fait mettre sur le manteau de la cheminée un beau tableau d’un crucifix, qu’un peintre que j’avais fait tailler (de la pierre) me donna l’an 1627. Aux deux côtés du bon Dieu, nous y sommes tous deux en portrait, le maître et la maîtresse (c’est-à-dire Gui Patin et sa femme). Au-dessous du crucifix, les deux

[I.155.131]
  1.  Gui Patin, Lettres choisies, lettre VIII, p. 27, (Paris, Jean Petit, 1688.)  ↩
  2.  Cf. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VIII, pp. 116-117.  ↩

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