Le Livre, tome I, p. 132-156

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 132.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 132 [156]. Source : Internet Archive.

portraits de feu mon père et de feu ma mère. Aux deux coins sont les deux portraits d’Érasme et de Joseph Scaliger. Vous savez bien le mérite de ces deux hommes divins. Si vous doutez du premier, vous n’avez qu’à lire ses Adages, ses Paraphrases sur le Nouveau Testament et ses Épîtres. J’ay aussi une passion particulière pour Scaliger, des œuvres duquel j’aime et chéris les Épîtres et les Poèmes particulièrement ; j’honore aussi extrêmement ses autres œuvres, mais je ne les entends point : aussi, quand je les lis, je baisse la tête en me souvenant de ce qu’a dit Martial : Non omnibus datum est habere nasum. Outre les ornements qui sont à ma cheminée, il y a, au milieu de ma bibliothèque, une grande poutre qui passe par le milieu de la largeur, de bout en bout, sur laquelle il y a douze tableaux d’hommes illustres d’un côté et autant de l’autre, y ayant assez de lumière par les croisées opposées ; si bien que je suis, Dieu merci, en belle et bonne compagnie avec belle clarté[132.1]. »

Ailleurs, Gui Patin nous fait cet aveu, qui n’étonnera aucun de ceux qui l’ont fréquenté : « Je me tiens plus heureux céans avec mes livres (avec mes maîtres muets, dit-il ailleurs encore) et un peu de loisir, que n’est le Mazarin avec tous ses écus et ses inquiétudes[132.2] ».

[I.156.132]
  1.  Op. cit., lettre XXXIV, pp. 104-105.  ↩
  2.  Ap. Sainte-Beuve, op. cit., p. 126.  ↩

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