Le Livre, tome I, p. 145-169

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 145.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 145 [169]. Source : Internet Archive.

Dans ses réflexions à propos De la lecture et du choix des livres[145.1], Saint-Évremond (1613-1703) nous explique ainsi son goût :

« J’aime le plaisir de la lecture autant que jamais, pour dépendre plus particulièrement de l’esprit qui ne s’affaiblit pas comme les sens. A la vérité, je cherche plus dans les livres ce qui me plaît que ce qui m’instruit. A mesure que j’ai moins de temps à pratiquer les choses, j’ai moins de curiosité pour les apprendre. J’ai plus de besoin du fond de la vie que de la manière de vivre ; et le peu que j’en ai s’entretient mieux par des agréments que par des instructions. Les livres latins m’en fournissent le plus, et je relis mille fois ce que j’y trouve de beau, sans m’en dégoûter.

« Un choix délicat me réduit à peu de livres, où je cherche beaucoup plus le bon esprit que le bel esprit. »

Ailleurs, dans Son portrait fait par lui-même[145.2], il revient sur ces considérations et les commente en ces termes :

« La vie est trop courte, à son avis, pour lire toutes sortes de livres et charger sa mémoire d’une infinité de choses, aux dépens de son jugement ; il ne s’attache point aux écrits les plus savants, pour acquérir

[I.169.145]
  1.  Saint-Évremond, Œuvres choisies, pp. 402-403. (Paris, Garnier, s. d.)  ↩
  2.  Id., ibid., p. 436.  ↩

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