Le Livre, tome I, p. 151-175

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 151.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 151 [175]. Source : Internet Archive.

santé inaltérable ; qu’à son lever, à son coucher, durant ses repas, il se faisait lire par ses valets ; qu’en un mot, et pour me servir de ses termes, « ni le feu de la jeunesse, ni l’embarras des affaires, ni la diversité des emplois, ni la société de ses égaux, ni le tracas du monde, n’ont pu modérer cet amour indomptable de l’érudition qui l’a toujours possédé » ; une conséquence qu’il me semble qu’on pourrait tirer de là, c’est que M. d’Avranches est peut-être, de tous les hommes qu’il y eut jamais, celui qui a le plus étudié. »

« Eh bien ! continue Sainte-Beuve, cet homme qui avait le plus lu, qui avait, comme particulier, la plus vaste bibliothèque qu’on put voir, et à laquelle il tenait tant, savez-vous ce qu’il pensait des livres ? Il prétendait « que tout ce qui fut jamais écrit depuis que le monde est monde pourrait tenir dans neuf ou dix in-folio, si chaque chose n’avait été dite qu’une seule fois. Il en exceptait les détails de l’histoire, c’est une matière sans bornes ; mais, à cela près, il y mettait absolument toutes les sciences, tous les beaux-arts. Un homme donc, à l’âge de trente ans, disait-il, pourrait, si ce recueil se faisait, savoir tout ce que les autres hommes ont jamais pensé. »

Autre chose encore à relever chez cet homme qui avait tant dévoré de livres, tant médité et travaillé : il était la modestie même, la réserve et la prudence

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