Le Livre, tome I, p. 152-176

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 152.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 152 [176]. Source : Internet Archive.

personnifiées, et voici en quels termes il parlait des savants et des ignorants, l’ingénieuse et très exacte comparaison qu’il établissait entre eux :

« Je compare l’ignorant et le savant à deux hommes placés au milieu d’une campagne unie, dont l’un est assis contre terre et l’autre est debout. Celui qui est assis ne voit que ce qui est autour de lui, jusqu’à une très petite distance. Celui qui est debout voit un peu au delà. Mais ce peu qu’il voit au delà a si peu de proportion avec le reste de la vaste étendue de cette campagne, et bien moins encore avec le reste de la terre, qu’il ne peut entrer en aucune comparaison et ne peut être compté que comme pour rien[152.1]. »

Si, à l’étranger comme en France, en dehors des érudits ou des simples liseurs, Huet est généralement peu connu, il n’en est pas de même, paraît-il, dans ce coin de Normandie dont il a occupé le siège épiscopal ; à Avranches et aux alentours, il a encore du renom ; « il en a, assure Sainte-Beuve[152.2], jusque parmi le peuple, parmi les paysans ; son souvenir a fait dicton et proverbe. Quand un homme a l’air tout absorbé, tout rêveur, et qu’il n’est pas à son affaire, son voisin, qui le rencontre, lui dit : « Qu’as-tu donc ? t’es tout évêque d’Avranches ce matin ». D’où vient ce mot ? J’ai entendu proposer

[I.176.152]
  1.  Ap. Sainte-Beuve, op. cit., t. II, p. 171.  ↩
  2.  Op. cit., t. II, p. 164.  ↩

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