Le Livre, tome I, p. 153-177

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 153.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 153 [177]. Source : Internet Archive.

plus d’une explication ; voici la mienne. On sait que, lorsque Huet fut nommé à l’évêché d’Avranches, et pendant les huit ou neuf années qu’il remplit les fonctions épiscopales, si peu d’accord avec son amour opiniâtre pour l’étude, il passait bien des heures dans son cabinet, et, quand on venait le demander pour affaire, on répondait : Monseigneur étudie, ce qui faisait dire aux gens d’Avranches, pleins, d’ailleurs, de respect pour lui : « Nous prierons le roi de nous donner un évêque qui ait fini ses études ». C’est cette idée de savant toujours absorbé et rêveur, tel qu’on se le figure communément, qui se sera répandue dans le peuple et qui aura donné lieu à ce dicton : T’es tout évêque d’Avranches. »

En mourant, à plus de quatre-vingt-dix ans, Huet, — de qui Sainte-Beuve a si justement dit[153.1] : « Ceux qui aiment surtout les Lettres ne doivent jamais parler de Huet qu’avec un respect mêlé d’affection », — légua son immense bibliothèque, ses plus chères délices, aux Jésuites de la rue Saint-Antoine, chez qui il avait achevé de vieillir et s’était éteint. Son intention était que sa bibliothèque ne fût point dispersée : c’était le but et la condition de son legs aux Jésuites. Après leur suppression (1762-1764), « le legs fut déclaré nul juridiquement, et la bibliothèque fit retour aux héritiers du prélat, par un arrêt

[I.177.153]
  1.  Op. cit., t. II, p. 181.  ↩

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