Le Livre, tome I, p. 161-185

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 161.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 161 [185]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 162.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 162 [186]. Source : Internet Archive.

A propos du duc de Bourgogne, Saint-Simon (1675-1755) adresse au duc de Beauvilliers, gouverneur du jeune prince, les considérations suivantes : « Il est un temps qui doit être principalement consacré à l’instruction particulière des livres, et ce temps ne doit pas être borné à l’âge qui affranchit du joug des précepteurs et des maîtres ; il doit s’étendre des années entières plus loin, afin d’apprendre à user des études qu’on a faites, à s’instruire par soi-même, à digérer avec loisir les nourritures qu’on a prises, à se rendre capable de sérieux et de travail, à se former l’esprit au goût du bon et du solide, à s’en faire un rempart contre l’attrait des plaisirs et l’habitude de la dissipation, qui ne frappent jamais avec tant de force que dans les premières années de la liberté[161.1] ».

Le marquis René-Louis d’Argenson (1694-1757), ministre sous Louis XV et auteur de curieux Mémoires, qu’on appelait si injustement et sottement d’Argenson la Bête, disait que « les jeunes gens surtout devraient se mettre en tête cette maxime véritable, que plus on lit, plus on a d’esprit[161.2] ». Quant à lui, il ne se lassait pas de lire Don Quichotte : « J’aimais Don Quichotte à le relire vingt fois dans ma vie[161.3] ».

[I.185.161]
  1.  Saint-Simon, Mémoires, t. V, p. 198. (Paris, Hachette, 1865. 13 vol. in-16.)  ↩
  2.  Ap. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. XII, p. 134.  ↩
  3.  Ap. Id., op. cit., t. XII, p. 150. Dans cette même Causerie du lundi (p. 133), Sainte-Beuve nous décrit en ces termes le « cabinet-sopha » que l’original et ingénieux marquis avait imaginé de se faire construire tout exprès pour lire et travailler plus à son aise : « Comme il avait observé que l’esprit quelquefois se dissipe, et, pour ainsi dire, s’extravase dans un lieu trop vaste, et que « pour étudier, pour lire, méditer, écrire, les petits endroits ont beaucoup d’avantages sur les plus grands, » il avait imaginé et s’était fait faire une sorte de cabinet-sopha ou de cage allant sur roulettes, assez pareille à une maison de berger, où il n’y avait place que pour une personne, où l’on ne pouvait se tenir debout, où l’on était assis très à l’aise, à l’abri de tous vents coulis, et où il suffisait d’une bougie pour échauffer le dedans. »  ↩

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