Le Livre, tome I, p. 166-190

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 166.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 166 [190]. Source : Internet Archive.

et qui a trop peu vécu[166.1] », que Voltaire adresse ce salutaire avertissement. Vauvenargues (1715-1747), qui a si bien dit qu’ « on ne peut avoir l’âme grande ou l’esprit un peu pénétrant sans quelque passion pour les Lettres[166.2] », était d’ailleurs passionné pour l’étude et les livres, et voici l’enthousiaste et curieuse lettre qu’il écrivait, à vingt-cinq ans, le 22 mars 1740, à son cousin, le marquis de Mirabeau, l’Ami des hommes et le père du célèbre orateur : « C’est (les Vies de Plutarque) une lecture touchante ; j’en étais fou à son âge (l’âge du jeune chevalier de Mirabeau, frère du marquis ; il avait alors dix-huit ans et servait dans le même régiment que Vauvenargues, à Verdun-sur-Meuse) ; le génie et la vertu ne sont nulle part mieux peints…. Pour moi, je pleurais de joie, lorsque je lisais ces Vies ; je ne passais point de nuit sans parler à Alcibiade, Agésilas et autres[166.3] ; j’allais dans la place de Rome, pour haranguer avec les Gracques, et pour défendre Caton, quand on lui jetait des pierres. Vous souvenez-vous que César voulant faire passer une loi trop à l’avantage du peuple, le même Caton voulut l’empêcher de la proposer, et lui mit la main sur la bouche, pour l’empêcher de parler ? Ces manières

[I.190.166]
  1.  Voltaire, Commentaires sur Corneille, Pompée (t. IV, p. 447).  ↩
  2.  Vauvenargues, Œuvres choisies, Réflexions et maximes, p. 276. (Paris, Didot, 1858. In-18.)  ↩
  3.  Cf. infra, p. 270, Alfieri lisant les Vies de Plutarque.  ↩

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce texte