Le Livre, tome I, p. 167-191

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 167.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 167 [191]. Source : Internet Archive.

d’agir, si contraires à nos mœurs, faisaient grande impression sur moi. Il me tomba, en même temps, un Sénèque dans les mains, je ne sais par quel hasard ; puis des lettres de Brutus à Cicéron, dans le temps qu’il était en Grèce, après la mort de César : ces lettres sont si remplies de hauteur, d’élévation, de passion et de courage, qu’il m’était impossible de les lire de sang-froid ; je mêlais ces trois lectures, et j’en étais si ému, que je ne contenais plus ce qu’elles mettaient en moi ; j’étouffais, je quittais mes livres, et je sortais comme un homme en fureur, pour faire plusieurs fois le tour d’une assez longue terrasse (la terrasse du château de Vauvenargues, — que l’on voit encore aux environs d’Aix) en courant de toute ma force, jusqu’à ce que la lassitude mît fin à la convulsion[167.1]. »

« Moins notre bonheur est dans la dépendance des autres, et plus il nous est aisé d’être heureux…. Par cette raison d’indépendance, l’amour de l’étude est, de toutes les passions, celle qui contribue le plus à notre bonheur, » conclut Mme du Châtelet (1706-1749)[167.2].

« Il n’y a point de divertissement qu’on se procure à aussi bon marché que la lecture, et il n’y a

[I.191.167]
  1.  Vauvenargues, Œuvres posthumes et œuvres inédites, Correspondance, pp. 192-193. (Paris, Furne, 1857.)  ↩
  2.  Réflexions sur le bonheur, dans les Lettres inédites de Mme la marquise du Châtelet à M. le comte d’Argental, pp. 356-357. (Paris, Xhrouet, Déterville, etc., 1806.)  ↩

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce texte