Le Livre, tome I, p. 181-205

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 181.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 181 [205]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 182.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 182 [206]. Source : Internet Archive.

florilège, à citer ces quatrains, où le bon, jovial et spirituel septuagénaire, s’est peint avec ses pieuses croyances, sa simplicité de cœur, sa pureté de mœurs, son culte pour l’amitié, les livres et l’étude :

Le sort que me départ ta volonté suprême,
Être puissant et bon, comble tous mes souhaits,
Et, maître de choisir, j’aurais choisi le même :
Je te rends, ô mon Dieu, grâce pour tes bienfaits.

Des livres à mon goût, dans mon coin si modeste,
Remplissent mes rayons ; un humble coffre-fort
Suffit à mes besoins : les pauvres ont le reste ;
Mais ma bibliothèque est mon plus cher trésor.

Sain de corps et d’esprit, j’ai des amis sincères ;
L’étude me distrait sans jamais me lasser ;
Comptant du jour natal beaucoup d’anniversaires,
Je vois, sans nul regret, mon terme s’avancer.

Convive passager au banquet de la vie,
Je sais qu’il faut bientôt au monde dire adieu ;
A renaître en ton sein ta bonté me convie,
Et mon cœur en nourrit l’espérance, ô mon Dieu[181.1] !

[I.205.181]
  1.  Peignot, ap. J. Simonnet, op. cit., p. 77. On pourrait rapprocher de ces vers le sonnet bien connu, où un autre maître ès livres, l’imprimeur Plantin (1514-1589), d’Anvers, a célébré « le Bonheur de ce monde » (Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 juillet 1903, col. 9-10 ; et Max Rooses, Catalogue du musée Planlin-Moretus, 5e édit., 1902, p. 51) :
    •  Avoir une maison commode, propre et belle,
      Un jardin tapissé d’espaliers odorants,
      Des fruits, d’excellent vin, peu de train, peu d’enfants ;
      Posséder seul, sans bruit, une femme fidèle ;
    •  N’avoir dettes, amour, ni procès, ni querelle,
      Ni de partage à faire avecque ses parents,
      Se contenter de peu, n’espérer rien des grands,
      Régler tous ses dessins sur un juste modèle ;
    •  Vivre avecque franchise et sans ambition,
      S’adonner sans scrupule à la dévotion,
      Dompter ses passions, les rendre obéissantes ;
    •  Conserver l’esprit libre et le jugement fort,
      Dire son chapelet en cultivant ses entes :
      C’est attendre chez soi bien doucement la mort.  ↩

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