Le Livre, tome I, p. 182-206

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 182.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 182 [206]. Source : Internet Archive.

« Lorsque mon cœur oppressé me demande du repos, dit Joseph de Maistre (1754-1821)[182.1], la lecture vient à mon secours. Tous mes livres sont là sous ma main ; il m’en faut peu, car je suis depuis longtemps bien convaincu de la parfaite inutilité d’une foule d’ouvrages qui jouissent d’une grande répu­tation[182.2]. »

Un ingénieux et profond moraliste, Joseph Joubert (1754-1824), si apprécié de tous les délicats, si cher à tous les lettrés, a, lui aussi, beaucoup aimé les livres, et les a magnifiquement prônés. « Il n’est rien de plus beau qu’un beau livre », déclarait-il[182.3]. « Ce sont les livres qui nous donnent nos plus grands plaisirs, disait-il encore[182.4], et les hommes qui nous causent nos plus grandes douleurs. » Un de ses biographes, Paul de Raynal, a décrit en ces termes la passion de Joubert pour les livres. Cette passion « n’était pas celle du bibliomane qui, comme l’avare, amoncelle des trésors dont il ne sait point user. Il lisait tout, et la plupart des volumes de sa bibliothèque portent encore les vestiges du

[I.206.182]
  1.  Soirées de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 11. (Lyon, Pélagaud, 1870, 10e édit.)  ↩
  2.  Sur cette question, cf. notre tome II, chap. iv, Du choix des livres ; et tome IV, chap. i, De l’achat des livres.  ↩
  3.  Pensées, CCXI, t. II, p. 338. (Paris, Didier, 1862.)  ↩
  4.  Op. cit., CCVIII, t. II, p 337.  ↩

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