Le Livre, tome I, p. 185-209

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 185.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 185 [209]. Source : Internet Archive.

l’homme serait supprimé ; et, si je ne pouvais faire le triage, dit-il, je n’hésiterais pas à tout sacri­fier.[185.1] » Le systématique et impitoyable doctrinaire ne semble pas se douter qu’il pourrait survenir un autre épurateur non moins zélé et féroce que lui, un autre vandale et massacreur de son espèce, ou plutôt d’une espèce contraire, qui s’en prendrait à lui, Bonald, et lui ferait subir la peine du talion, le supprimerait et sacrifierait à son tour, sans pitié ni remords et totalement.

La comtesse d’Albany (1752-1824), la femme du brutal Prétendant Charles-Édouard et l’amie dévouée d’Alfieri, puis du peintre Xavier Fabre (de Montpellier), avait la passion de la lecture, et une passion qui ne fit que s’accroître avec l’âge. Dans sa retraite de Florence, après sa promenade matinale aux Caseine, elle se réfugiait au milieu de ses livres, et ne les quittait pour ainsi dire plus : « C’est un grand plaisir, écrivait-elle en décembre 1802, que de passer son temps à parcourir les différentes idées et opinions de ceux qui ont pris la peine de les mettre sur le papier. C’est le seul plaisir d’une personne raisonnable à un certain âge ; car les conversations sont médiocres et bien faibles, et toujours très ignorantes…. Mes livres augmentent tous les jours…. Je ne trouve pas de meilleure et plus sûre

[I.209.185]
  1.  Ap. Sainte-Beuve, op. cit., t. IV, pp. 433-434.  ↩

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