Le Livre, tome I, p. 200-224

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 200.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 200 [224]. Source : Internet Archive.

ment divin sur la terre : que ce soit là encore notre symbole[200.1]. » « Heureux, écrit-il ailleurs[200.2], heureux ceux qui lisent, qui relisent, ceux qui peuvent obéir à leur libre inclination dans leurs lectures ! Il vient une saison, dans la vie, où, tous les voyages étant faits, toutes les expériences achevées, on n’a pas de plus vives jouissances que d’étudier et d’approfondir les choses qu’on sait, de savourer ce qu’on sent, comme de voir et de revoir les gens qu’on aime : pures délices du cœur et du goût dans la maturité…. Le goût est fait alors, il est formé et définitif ; le bon sens chez nous, s’il doit venir, est consommé. On n’a plus le temps d’essayer, ni l’envie de sortir à la découverte. On s’en tient à ses amis, à ceux qu’un long commerce a éprouvés. Vieux vin, vieux livres, vieux amis[200.3]. On se dit, comme Voltaire, dans ces vers déli­cieux[200.4] :

Jouissons, écrivons, vivons, mon cher Horace !
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
J’ai vécu plus que toi ; mes vers dureront moins.
Mais, au bord du tombeau, je mettrai tous mes soins
A suivre les leçons de ta philosophie,
A mépriser la mort en savourant la vie,
A lire tes écrits pleins de grâce et de sens,
Comme on boit d’un vin vieux qui rajeunit les sens.

[I.224.200]
  1.  Causeries du lundi, t. XV, p. 362.  ↩
  2.  Op. cit., t. III, pp. 54-55.  ↩
  3.  Cf. supra, p. 92, note, le mot d’un roi Alphonse d’Aragon ou de Castille.  ↩
  4.  Ils font partie de l’Épître à Horace (1772). (Voltaire, Œuvres complètes, t. VI, p. 575. Paris, édit. du journal le Siècle, 1867-1870.)  ↩

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