Le Livre, tome I, p. 201-225

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 201.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 201 [225]. Source : Internet Archive.

« Enfin, que ce soit Horace ou tout autre, quel que soit l’auteur qu’on préfère et qui nous rende nos propres pensées en toute richesse et maturité, on va demander alors à quelqu’un de ces bons et antiques esprits un entretien de tous les instants, une amitié qui ne trompe pas, qui ne saurait nous manquer, et cette impression habituelle de sérénité et d’aménité qui nous réconcilie, nous en avons souvent besoin, avec les hommes et avec nous-même. »

Et ailleurs[201.1] :

« … Où est-il le temps où, quand on lisait un livre, eût-on été soi-même un auteur et un homme du métier, on n’y mettait pas tant de raisonnements et de façons ; où l’impression de la lecture venait doucement vous prendre et vous saisir, comme au spectacle la pièce qu’on joue prend et intéresse l’amateur commodément assis dans sa stalle ; où on lisait Anciens et Modernes couché sur son lit de repos comme Horace pendant la canicule, ou étendu sur son sofa comme Gray[201.2], en se disant qu’on avait mieux que les joies du Paradis ou de l’Olympe ; le temps où l’on se promenait à l’ombre en lisant, comme ce respectable Hollandais qui ne concevait pas, disait-il, de plus grand bonheur ici-bas, à l’âge de cinquante ans, que de marcher lentement dans

[I.225.201]
  1.  Nouveaux Lundis, t. IX, pp. 86-87.  ↩
  2.  Cf. le mot de Gray, infra, t. II, chap. ix, les Romans.  ↩

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