Le Livre, tome II, p. 012-028

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 012.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 012 [028]. Source : Internet Archive.

et Dieu le mène ». Tout le secret de la vie est là : il faut s’étourdir par l’action. De jour en jour, d’ailleurs, j’ai moins la peur d’être détrompé, et ma philosophie se fait toute seule. Je me suis aperçu que le bonheur, comme il faut l’entendre, n’est autre chose, quand on n’en est plus aux idylles, que le parti pris de s’attendre à tout et de croire tout possible. La vie n’est qu’une auberge où il faut toujours avoir sa malle prête. Cette théorie, qui est triste au fond, n’altère en rien ma bonne humeur. Elle me donne le droit de ne plus croire qu’à très peu de choses, de me fier aux idées plutôt qu’aux hommes, de rire des sots, de mépriser les fripons de toute nuance, de me réfugier plus que jamais dans l’idéale sphère du vrai, du beau, du bien, et d’avoir à cœur encore les bonnes, les vieilles, les excellentes amitiés de quelques fidèles. La beauté dans l’art, la moralité en politique, l’idéalisme en philosophie, l’affection au foyer,… il n’y a rien après. Je ne donnerais pas une panse d’a de tout le reste. »

Le philosophe Théodore Jouffroy (1796-1842), l’auteur de cette étude analytique si fouillée, si profonde, intitulée : Comment les dogmes finissent[012.1], a écrit une page très émouvante et demeurée célèbre sous le nom de « la Nuit de Jouffroy », que le spiritualiste Edme Caro déclare avec raison « égale

[II.028.012]
  1.  Dans les Mélanges philosophiques, pp. 1-19. (Paris, Hachette, 1860.)  ↩

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